Accueil Organisations ProgrammesSouvenirs Annonces Pratique
  Compte-rendusAlbumArchives Médaillés
QualificationsIntroductionGérardPatriceThierryTableau de marche
Album photos   À imprimer (Acrobat)

Paris Brest Paris 2011

Par Claire

par Claire Carvallo
http://abeille-cyclotourisme.fr/souvenirs/2011_pbp_claire.htm

Saint Quentin en Yvelines - Mortagne :

Arrivée peu avant 20h sur le stade avec Gary. La dernière vague des 18h part juste ! On accède au stade peu après. Les " vélos spéciaux " ont droit à un traitement de faveur, nous sommes rassemblés juste devant la grille. Nous sommes 6 ou 7 vélos couchés, et Laurent (QVPVS) qui utilise sa carte VIP pour partir avec nous !

J'avale mon diner en papotant, l'ambiance est tranquille. Retrouvailles sympas avec mes amis basques, grandes embrassades et tapes dans le dos avec un charabia franco-hispano-anglais, mais l'essentiel c'est qu'on est contents de se revoir ! Michel (Portocéan) vient prendre quelques photos, Papou passe dire bonjour, puis nous sommes lâchés à 20h45 ! Départ assez surréaliste, nous sommes moins de 10 sur la route, je suis vraiment contente de vivre ce moment entre Jean (Zapilon) et Laurent, qui bien sûr a mis la musique de circonstance. Les routes ne sont pas fermées pour nous, donc on se prend quelques feux rouges sur le début, mais nous sommes encore encouragés par quelques spectateurs ! La nuit commence à tomber, mais j'ai l'impression que ça roule vraiment bien. Je roule seule un moment, puis je commence à distinguer quelques phares rouges devant moi ! Ça me motive pour accélérer un peu et je rattrape les derniers partis des vagues précédentes ! Puis je suis à mon tour rattrapée par les VD partis derrière. Ça y est je retrouve l'ambiance Paris-Brest avec du monde sur la route, des groupes qui parlent plein de langues différentes...  Je fais une petite pause rapide pour manger un morceau. Le parcours est hyper roulant, à Chateauneuf je suis rejointe par Christophe en vélomobile, parti 45 mn après moi et qui me dit avoir l'impression d'être parti un peu vite ! A Longny au Perche c'est fini la rigolade, on attaque les bosses... 18 km bien collineux jusqu'à Mortagne, mais ça passe pas trop mal. Rien à voir avec l'ambiance humide de la dernière fois, c'est déjà blindé de monde. Je croise des connaissances, Thierry (Titius) notamment. Puis Gary arrive, 10 mn après moi, du coup on décide de repartir ensemble.

Mortagne - Villaines :

Cette étape avait été particulièrement difficile pour moi la dernière fois, je redoute un peu les coups de barre car nous repartons vers 3h du matin, mais cette fois ci aucun problème ! Les grandes lignes droites sont idéales pour le vélo couché. Gary suit bien le rythme, dans les bosses il monte tranquille et dans les descentes il se met dans l'aspi et il pédale...  Ce n'est pas vraiment palpitant mais avec mon éclairage de folie, je n'aurai pas un seul coup de barre ! Incroyable ! C'est la première fois que je passe une nuit complète sur le vélo sans une seule envie de dormir ! Par contre, j'ai une petite nausée qui m'empêche de m'alimenter une bonne partie de la nuit.

Peu avant Fresnay je réveille Joël qui était en train de s'endormir, lui ! Sympa de rouler un peu ensemble et de se raconter nos vacances. Le jour se lève enfin lorsque nous approchons de Villaines. L'accueil est toujours aussi sympa, et dans la cohue je reconnais Serge (Rouedevelo), je suis vraiment contente de le voir ! Puis Gilbert (Cyclaudax), il roule avec une photo de Fred (Pattitrotte) sur son trike, et il m'explique que sans lui il ne serait pas là... Arrêt rapide au contrôle, lorsque je vais pointer un bénévole m'indique où sont l'infirmerie et le médecin, pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir l'air particulièrement mal ! Il tombe quelques gouttes mais rien de méchant..

Villaines - Fougères :

Nous repartons peu après 7h, pour une étape encore assez collineuse, avec pas mal de longues bosses. C'est sympa de voir enfin le paysage ! Encore quelques routes un peu monotones mais encore une fois c'est presque le terrain idéal pour le vélo couché. Les jambes tournent bien et mon allure dans les bosses n'est pas trop ridicule en comparaison avec la plupart des VD, ce qui me rassure.

Petite pause vers Laignelet pour un café sur le bord de la route, c'est vraiment une des spécificités de PBP et ce serait dommage de s'en priver ! Mon vélo attire l'attention jusqu'à ce que Christophe et son VM arrivent... A Fougères je retrouve un groupe de 3 VH dont Laurent (Carenca), visiblement ils font du tourisme car ils étaient partis 3h30 avant moi !! Sympa aussi de voir Hervé Le Du qui semble avoir des regrets de ne pas participer... Je mange rapidement tout en me faisant interviewer pour la radio (je sais plus laquelle...), le journaliste essaie de ramener la conversation sur la souffrance et la douleur mais moi je lui explique que non, tout va bien, mal nulle part, surtout pas aux fesses !

Fougères - Tinténiac :

On repart vers midi, pour l'étape courte et presque plate vers Tinténiac. Il fait presque beau, ça roule toujours bien, du coup nous sommes en avance sur notre planning, super ! Au contrôle je rencontre mon collègue Abeille Thierry que je ne connaissais pas mais qui  a la bonne idée de porter sa veste du club. Il a l'air en pleine forme !

Tinténiac - Loudéac :

Dernière étape de la journée, ça commence par l'ascension de Becherelle, il commence à faire beau ! Je commence à fatiguer, à me lasser de rouler... Heureusement il y a un contrôle secret à Quédillac, pour un dernier petit café. On hésite presque à piquer un roupillon mais on a hâte d'arriver à Loudéac pour la pause !

Le groupe de VH de Laurent est déjà là, on repart ensemble ! Super de rouler un peu avec mon compagnon de route du Rennes-Nogent-Rennes, ça fait un peu passer le temps. Puis ils partent devant, et nous on continue tranquillement notre route vers Loudéac. Peu avant d'arriver on croise les premiers qui rentrent déjà !! On arrive vers 19h30, alors qu'on avait prévu plutôt 22h. J'en profite pour aller me faire masser mes tendons d'Achille qui commencent à être sensibles. On retrouve Stéphane au bivouac, installé derrière le cimetière, dans le jardin du gardien du cimetière. Un grand merci à lui pour l'accueil ! La douche solaire est un peu froide mais c'est mieux que rien, Stéphane nous fait le dîner sur le réchaud et hop, au dodo à 21h, réveil réglé pour 3h15 !! Quel luxe !

Loudéac - Carhaix :

Réveil difficile, la nuit fut agitée à cause des gros orages, on se dit quand même qu'on était mieux sous la tente que sur la route...

La route vers Carhaix de nuit est un peu pénible, avec le brouillard c'est difficile de voir, et encore plus avec les phares des vélos en face (le mien a du aussi en gêner plus d'un...). On s'arrête prendre de l'eau à St Martin et Gary se vautre à l'arrêt. Puis c'est mon tour au ravito de St Nicolas. La journée commence bien. Le jour se lève enfin et le relief se calme un peu jusqu'à Carhaix. On y est vers 8h pour une courte pause.

Carhaix - Brest :

Toujours pas la grande forme lorsqu'on repart, mais j'aperçois Nanard qui m'encourage au bord de la route et ça me refile le moral ! En montant vers Huelgoat on entend de la musique... ce qui veut dire que Laurent n'est pas loin ! En effet, on le retrouve, il a l'air en forme mais il m'apprend l'abandon de Jean. Dommage...

On cherche une boulangerie sans succès, du coup on s'apprête à grimper le Roc Trévezel. Ça commence sous les nuages, puis rapidement dans les nuages... On n'y voit rien, on distingue les éclairages des cyclos en face et les phares des camions, mais c'est tout. Pas super, quoi... Mais la descente est encore pire. Zéro visibilité, je suis sur les freins, coincée derrière des camions, des voitures, c'est n'importe quoi, les conducteurs prennent des risques insensés, zigzaguent entre les cyclos qui sont à peine visibles malgré les gilets fluos et les éclairages. Ça fait vraiment peur...

A Sizun heureusement c'est un peu plus dégagé. Moi j'en ai ras-le-bol, je trouve la route très moyenne, et puis j'ai vraiment l'impression de m'ennuyer et de ne trouver aucun plaisir. On fait une bonne pause à la boulangerie et Michel passe prendre quelques photos et papoter 2 mn. On commence aussi à voir les collègues vélos couchés qui étaient partis à 17h30, c'est sympa...

Plus que 50 km pour Brest, j'ai vraiment hâte d'y arriver. On passe le pont Albert Louppe mais il y a encore 10 km, le long du port, et puis en ville, avant d'arriver au contrôle. Après 2 bons km de montée en ville on y est. Une fois de plus on essaie de faire la pause la plus rapide possible, moi j'ai hâte de prendre le chemin du retour.

Je suis franchement de mauvais poil, mais heureusement les Jujus arrivent ! Elles aussi elles en ont marre, Cath a même failli abandonner... Du coup on se re-motive à trois. On se fait même interviewer pour France3 (je crois) mais du coup nos commentaires ne sont pas très gais et positifs. Qu'est-ce qu'on fait là, c'était mieux l'autre fois, on recommencera plus ça c'est sûr... Le gros coup de déprime quoi.

Brest - Carhaix :

On repart quand même ensemble en se disant qu'on s'ennuiera moins... et en effet j'apprécie bien de rouler un peu avec l'équipe de Chantepie, très soudée. Heureusement qu'on est toujours très bien encouragés sur le bord de la route ! A Landerneau ça commence à bien remonter, de façon presque interminable. Puis le Roc, à nouveau. Cette fois ci on voit le paysage, c'est quand même plus sympa. Je peux me lâcher un peu dans la descente, ça fait plaisir !

Petite pause rapide à Sizun, le temps d'échanger deux mots avec Jean-Lou et Flo en tandem B2B. Je suis contente de les voir, mais ils ont l'air crevés quand même...

Retour à Carhaix sur un toboggan pas super intéressant mais ça va assez vite. En arrivant sur Carhaix je me prends un trou et je perds une pièce de mon vélo. Je freine pour voir ce que c'est, et là, ça ne freine pas très bien... Pour cause, j'ai perdu un patin de frein... Probablement la chaine qui a tapé dans la vis du patin avant droit. Bon. Heureusement le contrôle est à 500m. Je vais direct voir le réparateur et j'explique mon problème. Je laisse mon vélo, je vais pointer, et quand je reviens 5 mn plus tard un nouveau patin est monté ! Quelle efficacité !!! 

Je croise Patrice au self qui m'annonce direct qu'il pense bientôt abandonner et que lui aussi ne trouve pas énormément de plaisir dans cette randonnée...

Carhaix - Loudéac :

Plus que 80 km pour terminer cette journée. On s'arrête à Maël-Carhaix pour un croque, puis c'est l'heure de mettre les éclairages et de s'achever sur cette étape difficile. Ça ne se passe pas trop mal, malgré les bosses j'arrive à rester au niveau de la plupart des randonneurs, et soudain, surprise, un VH dont le fanion et le casque me semblent familiers ! Et oui, c'est Serge ! Je suis ravie de rouler un peu avec lui, on a plein de choses à se raconter ! Il vient juste de dormir 3 heures pour la première fois sur ce PBP, il s'éclate visiblement, il a une pêche pas possible alors que moi je commence à faiblir... Nous roulerons ensemble jusqu'à Loudéac et ce sera une aide immense pour terminer cette journée un peu difficile pour moi. On arrive vers 23h30 à Loudéac, je file direct me faire masser les tendons d'Achille puis direction la tente. Douche froide rapide, dîner rapide dans le duvet et 4 heures de dodo.

Loudéac - Tinténiac :

J'ai bien mieux dormi que la nuit dernière, on reprend la route vers 5h20. C'est assez tranquille, en plus on sait qu'il y aura un contrôle secret à Illifaut. On y arrive au petit matin, et une fois de plus que je vautre à l'arrivée. J'aurai vraiment eu du mal à gérer les arrivées un peu acrobatiques parfois sur les contrôles (la palme revenant tout de même à Loudéac). Un bleu de plus...

On y retrouve Christophe en VM, qui s'est aussi arrêté dormir à Loudéac, et Marcel, en pleine forme ! Super de revoir tous les potes ! Il reste une petite cinquantaine pour Tinténiac, assez tranquilles. On y arrive vers 9h30, alors que le soleil commence à se montrer ! Je suis impressionnée par les magnifiques toilettes du contrôle, il n'y a pas la queue, du coup pour une fois les toilettes femmes ne sont pas squattées par les hommes, c'est propre, etc...  Un coup de crème solaire et c'est reparti !

Tinténiac - Fougères :

Une fois de plus nous commençons l'étape par la recherche d'une boulangerie. C'est chose faite à Dingé, où nous dégustons des quiches lorraines en compagnie d'un sympathique bentrider anglais. Il fait bon, je me sens beaucoup mieux que la veille, j'ai retrouvé le moral, en plus on s'approche de la fin !

Étape sans histoires jusqu'à Fougères où nous arrivons vers 13h. Je sors ma deuxième quiche un peu écrasée dans la sacoche et qui se coince dans la fermeture éclair, miam !! Nous discutons quelques minutes avec un brésilien qui commence à souffrir. Thierry est là aussi, toujours aussi serein et frais.

Fougères - Villaines :

Nous ne perdons pas de temps car nous avons rendez-vous à Villaines avec un ami de Gary. Pas mal de bosses sur cette étape. Nous bavardons un peu avec un Canadien (mais il s'endort à moitié !) Toujours pas mal de monde sur le bord de la route pour nous encourager. Les gens sont particulièrement impressionnés par le vélo couché, et encore plus lorsqu'ils se rendent compte que c'est une femme qui est au guidon ! J'essaie de bavarder avec quelques cyclistes mais en vélo couché c'est vraiment dur d'avoir une conversation continue, et je crois que c'est ce qui me manquera le plus sur ce PBP.

Toujours beaucoup de monde à Villaines. Je suis un peu fatiguée, mais ça va mieux après un sandwich. La pause s'éternise un peu, Nick et sa famille trainent avec nous une bonne demi-heure. Au moment de repartir Christophe arrive en VM et se fait immédiatement interviewer par le speaker. Puis grosse émotion, c'est Gilbert qui repart en trike !! J'avais entendu dire qu'il avait abandonné il y a longtemps, je suis très contente de le voir, même si il me dit qu'il est cassé de partout, je me dis qu'à 220 km de la fin ça va être bon pour lui !

Villaines - Mortagne :

Départ très tranquille, vers 19h30, sur des routes hyper roulantes avec le vent dans le dos et de grandes descentes.  A la Hutte on met les pyjamas pour la nuit. On retrouve les grandes lignes droites, avec pas mal de camions.

Peu avant Mamers j'entends mon nom crié sur le bord de la route, c'est Jean-Louis, il a abandonné et il rentre chez lui en passant par l'itinéraire du PBP. Voulant profiter au maximum de ce qu'il reste de jour, on ne traine pas trop (désolée Jean-Louis) et on fonce sur Mamers pour une dernière pause. C'est du grand luxe, il y a un ravito sauvage avec une soupe excellente et des biscuits, c'est parfait.

Une fois de plus Christophe qui arrive peu après remporte un franc succès avec le VM... On repart vers 22h15, et pas de surprise ça monte. J'en profite pour découvrir que le bruit de vibration que j'entendais depuis le début sur mon vélo venait de mon jeu de direction complètement desserré... La vis est à moitié sortie... Je revisse à la main en roulant pour ne pas la perdre en me disant que je m'occuperai de ça à Mortagne, ça tient depuis 1000 km donc je ne suis plus à 20 km près.

La dernière bosse sur Mortagne est interminable, j'en ai ras-le-bol et bien mal aux cuisses. Je pense au massage, c'est ma seule motivation. Surprise ! Je croise Patrice qui repart ! En fait il tentait de brouiller les pistes en annonçant un abandon à tout le monde...

Je me  précipite au massage dès que j'ai tamponné, et j'y passerai une bonne demi-heure. Merci Marianne... Mais en sortant je peux à peine marcher ! J'hésite entre aller dormir au dortoir (mais ça ne m'emballe pas franchement) ou rester dehors avec mon duvet mais ça caille. Un gentil bénévole qui me voit errer comme une âme en peine sur le parking a pitié de moi et me propose de dormir dans son camion pendant qu'il passe la nuit à orienter les participants. Comment refuser... C'est absolument royal, je suis au chaud, au calme, sur la banquette du camion, que demander de plus... Du coup j'y passe une excellente nuit de 4h. Au petit matin ça va beaucoup mieux, le massage semble avoir été bien efficace ! je retrouve Gary et les Jujus qui repartent juste ! Également Cirilo en manque de sommeil qui galère, et Gilbert, en habit de civil, qui vient juste d'abandonner et qui semble très ému... Quelle performance tout de même, pour avoir essayé le trike je sais comme c'est difficile.

Mortagne - Dreux :

Je sais qu'il reste juste quelques km collineux avant le final plus cool. Une fois de plus j'entends mon nom, cette fois c'est Roland ! On passe un bon moment bien sympa à rouler ensemble. Nous échangeons nos nouvelles des Rubans Blancs, c'est vraiment comme une grande famille ! Le jour se lève sur le Perche, bien agréable. Je rejoins Sophie Mater, qui roule sur un vélo hollandais à 6 vitesses dans une tenue très classe. Je suis ravie de la rencontrer enfin ! On passe un bon moment à bavarder puis elle me laisse partir devant.

Petite pause à la célèbre boulangerie de Brezolles, avant les derniers 25 km tout plats pour Dreux. Cette fois ci pas de gamelle à l'arrivée du contrôle... On se prend encore un sandwich puis un café, c'est à ce moment que Laurent arrive... Il a passé une nuit un peu difficile, il a l'air sérieusement crevé mais après un café et une clope ça devrait aller mieux... Nous on repart pour les dernières 65 bornes, juste derrière l'équipe Chantepie qui commence à stresser un peu...

Dreux - Saint Quentin en Yvelines :

Nous arrivons en terre connue... Quelques dernières bosses à assurer et ça devrait aller. Les petits villages se succèdent, il fait beau, on a l'impression de faire une petite sortie du dimanche matin. On croise et re-croise l'équipe de Chantepie, ça devrait être bon pour eux. L'équipe de filmage de Brest revient m'interviewer sur le vélo, et je frime à fond : "oui ça va très bien, j'ai même pas hâte d'en finir, je savoure les derniers km de mon dernier PBP..."

Puis c'est la pancarte 15 km, puis 10 km, puis l'arrivée interminable dans Saint-Quentin, avec un feu tous les 50 m et des bagnoles partout. Du coup, lorsqu'on arrive en vue du Stade, je suis beaucoup moins émue que la dernière fois. J'entends encore mon nom crié, puis c'est l'arrivée, je descends facilement du vélo, je vais pointer, je retrouve mes potes et Stéphane qui est venu nous accueillir. Mais rien de plus...  On traine une heure ou deux, on regarde les vélos spéciaux, on papote, séance photo avec les Basques, puis retour en RER à la maison.

Je suis environ 1000 fois plus fraiche que la dernière fois ! On pique un peu du nez dans le RER quand même. A la sortie on retrouve Cirilo, il est très déçu et ému de ne pas avoir pu terminer mais on se donne rendez-vous pour une petite bière un de ces jours (c'est un voisin). Dernière épreuve, monter les 3 étages en portant le vélo...

Au final je n'ai donc pas trop envie de recommencer une troisième fois. Le plaisir de la découverte et l'émotion de la première fois m'ont manqués cette fois-ci, peut-être aussi parce que c'était plus facile. Je m'étais moins ennuyée sur mon 600 en solo, lorsqu'il faut tout gérer soi-même, dont la navigation. Je crois que je me suis ennuyée à suivre bêtement des flèches. J'ai eu aussi de belles frayeurs, causées à la fois par les automobilistes (surtout les camions en fait, j'ai trouvé que certaines routes étaient vraiment limite de ce côté-là) et par les cyclistes qui parfois ont tendance à faire n'importe quoi la nuit : zigzaguer, changer de direction sans rien regarder, s'arrêter en pleine route alors qu'il y a du monde derrière, rouler à gauche alors qu'une voiture arrive en face, s'endormir allongé à moitié sur la route... Certains m'ont vraiment fait peur. La crainte d'être hors-délai à un contrôle intermédiaire en force certains à vraiment se mettre en danger et mettre en danger les autres par la même occasion. Je sais que la gestion du sommeil fait partie du jeu, mais il faudrait peut-être réfléchir à une façon de le contrôler.

La prochaine fois je voudrais faire PBP de l'autre côté, du côté des bénévoles, qui font un boulot extra. Sans eux on ne serait pas là, c'est une évidence mais il faut le rappeler quand même. Il y en a beaucoup à qui je dois une fière chandelle.

Je pense donc passer maintenant à autre chose... Un peu plus de compet en VH déjà, et puis mon premier amour, le voyage à vélo...

Remerciements : beaucoup de monde :

Claire Carvallo


"Le Cyclotourisme, un art de vivre"