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Paris - Salzburg - Vienne

Un trait d'union européen (1531 km, 14 189 m, du 30 juin au 13 juillet 2013)

par les participants
http://abeille-cyclotourisme.fr/souvenirs/2013_tue_paris_vienne.html

vienne

(1) Dimanche 30 juin: Paris - Anglure (117 km, 1 628 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Patrice

Plaque de cadreEn cyclotourisme comme ailleurs, on distingue les Purs et les Impurs. Les Purs en matière de traits d'union Européens, ce sont Christian, Jean-Pierre, Daniel qui organisent le départ de Paris-Copenhague, Paris Varsovie et Paris-Venise depuis le centre de Paris. L'Impur qui rogne, mégote, chipote, grappille, resquille, traficote... c'est le rédacteur de ces lignes, qui préfère partir d'une trentaine de kilomètres plus loin.

Bref, comme il y a quatre ans, nous nous sommes donné rendez-vous à 8h30 en gare de Bussy Saint Georges, non loin de Disneyland. Presque tous arriveront, excepté Daniel qui a dû repartir chez lui refaire ses sacoches : le premier jeu lui a été dérobé en gare de Rueil, alors qu'il l'avait laissé quelques secondes sans surveillance. Il nous rejoindra le lendemain soir à Colombey-les-Deux-Églises. Nous compatissons : se faire voler à l'instant du départ un matériel soigneusement trié, choisi, optimisé, voire bichonné et ceci le matin du départ, on ne peut souhaiter ça à personne.

Fidèlement aux tradition, nous démarrons par un petit café au bistrot du coin de la gare, pour bien marquer le coup d'entrée et ne donner à personne l'impression que la tradition des petits cafés du milieu de la matinée pourrait éventuellement se voir contestée. Nous prenons enfin la route, par un temps nuageux, mais avec une température agréable et un vent favorable, comme il le sera le plus souvent lors du voyage.

Pique nique
Pique nique, à l'heure

Les paysages sont connus, mais toujours appréciés. Ce sont ceux "d'cheu nous". Nous avançons tranquillement, arrivons vers 11h30 à Chevru. Quelqu'un a la lumineuse idée de suggérer qu'on fasse les courses pour midi : effectivement, un coup d'oeil sur la carte montre que nous ne trouverons rien après. Jean-Pierre frappe très fort d'entrée : un sac plastique plein à craquer, dont des melons de taille non petite !

Quelques kilomètres encore, et à midi trente, je se suggère que si quelqu'un voit un coin à pique-nique sympa dans l'heure qui vient, on pourra s'arrêter. A midi trente minutes et sept secondes, Jean-pierre avait repéré un terrain de pétanque ombragé avec bancs, et déballait déjà son matériel.

Pas de sieste aujourd'hui, il est vrai que le lobby des sommeilleux était amputé de moitié en attendant le retour de Daniel, ce qui faisait substantiellement basculer le rapport des forces. Nous repartons. La direction de mon vélo couché se montrait anormalement dure et bruyante, au point de me voir limite considéré comme un pestiféré par le groupe. En cause : un guidon en carbone qui se délaminait tranquillement, et une réparation quelque peu folklorique (par un "professionnel") du roulement de direction : comme le cône du roulement normalement serré sur la fourche avait un peu de jeu, il l'a ...empilé sur un deuxième cône qui lui n'en avait pas... ! Pour ne plus y revenir, après quelques réglages les bruits s'atténueront et le guidon aura le bon goût d'attendre la descente du train à Paris pour me rester dans les mains !

Fleurs
Champ de fleurs le soir
Au comptoir
Déjà au comptoir
Encore au comptoir
Encore au comptoir

Nous arrivons finalement à Anglure, à l'hôtel de la Mairie où la patronne avait spécialement ouvert pour nous pendant son jour de repos. Nous étions prévenus : pas de dîner, juste un buffet froid. Finalement, il se révélera fort complet, plat de calamars chauds compris. La pauvre jeune femme avait bien des malheurs, entre les normes européennes qui la rattrapent, et son employée et son mari qui la quittent.

La nuit sera calme et reposante.

(2) Lundi 1er juillet: Anglure - Colombey les Deux Églises (107 km, 663 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Christian

Avec une dernière pensée à la patronne de l'hôtel, nous jetons les clés des chambres dans sa boite aux lettres pour aller prendre un petit déjeuner au café voisin qui est ouvert.

champs_de_fleurs
Champs de fleurs

Puis le peloton s'élance pour avancer dans sa traversée de la Brie. Le parcours est bien plat le long de la vallée de l'Aube, et Claudine, comme à son habitude mène un train correct, mais sans plus. Quelques photos prises de champs de fleurs plantées permettent de rompre la monotonie du parcours, sur lequel aucun café n'est en vue. Et à ce rythme, nous arrivons après 65 km dans la matinée (record qui ne sera plus battu du périple) en vue de Brienne le château. Après les courses au supermarché du coin, nous allons déjeuner et siester dans le parc du château de la ville, que nous avions déjà visité cette année lors du week-end Abeille.

Nous repartons sous la chaleur, et le parcours devient collineux à partir de Soulaines s/ Dhuys. La dernière montée raide nous amène au terme de l'étape : Colombey les deux églises. Nous montons au Mémorial, puis nous rejoignons avec plaisir Daniel qui nous attend à l'hôtel, en ayant reconstitué ses sacoches et étant parti en vélo depuis Vitry le François.

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La Boisserie

Nous repartons en vélo pour visiter la Boisserie, où nous nous imprégnions de l'ambiance simple et solennelle du lieu propice à la réflexion et qui conduira le Général au destin que nous connaissons.

Puis panique au moment de reprendre les vélos, car le Garmin de Jean-Pierre a disparu Les éventualité possibles, alimentées par la gardienne intarissable, vont bon train. Ce n'est qu'au café au moment de la traditionnelle bière que le Garmin réapparait apparemment mystérieusement. De fait, je suis bon pour des excuses et un coup de fil à la gardienne pour expliquer que j'avais hotté du vélo le Garmin de Jean-Pierre croyant prendre celui de Claudine.

(3) Mardi 2 juillet: Colombey les Deux Églises - Contrexéville (101 km, 1 035 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Claudine

Petit déjeuner à 7 h 30 dans la charmante salle remplies de nombreux objets souvenirs à acheter mais que nous n'achèterons pas (ne jamais alourdir ses sacoches !). Derniers préparatifs avant le départ l'équipe est au complet cette fois-ci.

Belle descente de Colombey les deux églises comme mise en jambe puis une jolie route vallonnée nous mènera à Vignery (PBF) : petit café-pointage et visite rapide de l'église où Daniel contemplera "une Vierge au déhanchée..."

Nous repartons et la chaleur devient de plus en plus étouffante. Arrêt pique-nique sur une petite place devant une grosse bâtisse avec des rideaux rouges qui laisse à notre infatigable Daniel imaginer une maison close ! Ah ces siestes par grosse chaleur, cela fait rêver certains !... Petit café pour revenir sur terre et départ au moment le plus chaud de la journée comme semblent aimer mes compagnons pendant tout le voyage.

bourmont
La côte de Bourmont devant nous

Au détour d'un virage nous apercevons un village perché (Bourmont). Quelques minutes plus tard nous y sommes au pied et une côte de 16 % inspire l'auteur du prix de la bestialité et conseille la marche pour les plus prudents. Un villageois nous dira que le tour de France de 2009 y est passé.

La campagne nous réserve encore de nombreuses côtes. Une fontaine nous suggère un petit arrêt-goûter pour reprendre des forces (des jeunes filles émettent le souhait d'essayer le vélo couché de Patrice).

Nous repartons pour les dernières côtes de la journée et une superbe descente nous mènera à Contrexéville vers 18 heures.

Bière, douches, repas bon mais servi avec lenteur sont bien appréciés. Certains feront un petit tour dans cette ville thermale dont on imagine son heure de gloire passée (la petite dame du casino nous fera admirer le théâtre construit à cette époque).

La nuit permettra-t-elle à notre équipe de bien se reposer et ne plus avoir "un style mou" que notre "chef" nous reproche et qui souhaiterait que nous n'ayons plus "l'air mollasson" ? !...

(4) Mercredi 3 juillet: Contrexéville - Munster (137 km, 1 499 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Michel

Comme le chantait Nougaro, la pluie fait des claquettes sur les toits à minuit. À 6h30, ça dégringole toujours, on se lève car la journée va être longue et pentue. Nous renouvelons la même gestuelle pour le remplissage de nos sacoches.

7h00, la porte d'accès à la salle à manger est fermée à double tours, nous poireautons dans le salon.
7h20, un trait de lumière illumine le pas de porte, deux tours de clés, accès aux vélos que nous chargeons, puis le rituel petit déjeuner, du café pour certains, du thé pour d'autres, pendant ce temps dehors c'est le déluge.

Passé 8h00, couverts de capes, ponchos, goretex, nous quittons l'hôtel sans trop d'illusion. Le ciel est gris, la chaussée luisante et humide, rien de bien engageant.

Tête dans le guidon, nous quittons Contrexéville par un coup de cul nécessitant l'emploi du triple.

Crevaison
Pschhh... Patrice, l'organisateur, crève de l'arrière

La journée s'annonce sportive, 2 cols et plus de 130 kilomètres. Le but de la matinée est d'avaler le plus de kilomètre possible, manque de pot, un : "crevaison", nous contraint à l'arrêt. C'est Patrice, l'organisateur, qui vient de percer à l'arrière. Nous en profitons, pour racler les fonds de sacoches, biscuits, pâtes de fruits. Deux chatons, à l'intérieur de la maison sur laquelle reposent nos vélos, attirent notre attention, ils sont mignons et facétieux, collés aux vitres, curieux de nos étranges tenues. C'est reparti, mais pour pas très longtemps, 10h00, l'heure du café, aujourd'hui tout le monde est ravi de ce moment de chaleur, le crachin nous accompagne depuis Contrexéville.

À Arches, nous craquons pour la brasserie, et pendant que nous dégustons notre steak frites, au dehors rien de nouveau, à l'intérieure nos ponchos dégoulinent sur le carrelage immaculé.

Après le repas, les amateurs de BPF nous quittent. Le parcours nominal, à la sortie d'Eloyes, empruntait une route forestière agrémentée de pourcentage non négligeable, 16% à certain endroit.

Col de Bonne Fontaine
Col de Bonne Fontaine sous des trombes d'eau

Non merci, pour Patrice, Daniel et Michel, ce sera le col de Bonne Fontaine, aux pourcentages moins agressifs. Le THOLY, arrêt à la boulangerie, pointage de notre trait d'union.

La boulangère est sympa, et pendant que je lui présente nos cartes contrôle et détaille notre programme à venir, je choisis par politesse un gâteau. Daniel entre à son tour et l'échange reprend de plus belle. Et alors que je quitte enfin le magasin, la patronne s'exclame, "mais monsieur vous ne m'avez pas payé", la fatigue commence à faire effet et la journée n'est toujours pas finie.

Pas d'autre route pour rejoindre Gérardmer que la nationale. Nous longeons le lac, mais la circulation nous oblige à rester vigilants, pour le tourisme on repassera.

Au pied de la Schlucht, Daniel a une idée géniale "et si on prenait un petit encas avant de monter le col", Patrice préfère continuer et s'engage sur la route forestière, nominal suggéré par Daniel. La route est moins fréquentée, mais plus raide, rampes à 12%.

Le thé, la tarte aux myrtilles, nous requinquent, il est 18h00, il est temps de repartir. En sortant de l'établissement, j'aperçois les chasseurs de BPF, Claudine, Christian et Jean-Pierre.

Depuis Gérardmer, voitures et camions se sont volatilisés, nous décidons d'emprunter la nationale, 7km de grimpettes, nous serons au sommet vers 19h00. Patrice nous attend au sommet, il manque le trio, qui doit en finir avec la route forestière et ses 12%. Une demie heure plus tard, toujours pas de cyclos, transis de froid, nous plongeons sur Munster, et la surprise, douchés et souriants, le trio nous attend pour le souper, ainsi que la patronne de l'hôtel pressée d'en finir avec le service.

Il est 20h00, la pluie n'est plus qu'un mauvais souvenir. Ah la belle journée !!!

(5) Jeudi 4 juillet: Munster - Donaueschingen (134 km, 1 163 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Daniel

"La douceur de l'Alsace et les rudesses de la Forêt noire."

Au réveil un regard sur le ciel nous rassure, il y a des traces de bleu dans le gris ambiant.

Après un copieux petit-déjeuner, le groupe, soumis à une discipline de fer sous la férule de Patrice, est prêt au départ à 8h30 sonnantes au clocher de Munster.

Rouler au sec sur la petite départementale D10 et la piste cyclable qui longe la Fecht est un vrai bonheur après les trombes d'eaux que nous avons subies aux cols de Bonnefontaine (bien nommé) et la Schlucht.

Turckheim
Turckheim

Nous arrivons rapidement à Turckheim, un des plus beaux villages d'Alsace et cité viticole célèbre par son Brand chanté par le poête:

"À Turckheim au Brand
croît du vin d'Alsace le roi
Passant qui que tu sois
En ce vieux dicton crois
Arrête toi et bois."

Croyez le si vous voulez, nous nous sommes arrêtés et.... nous n'avons pas bu. La discipline !...

Colmar, la maison des tetes
La maison des têtes

Colmar, qui n'est qu'à 8 km, arrive tout aussi vite. La troupe se disperse pour admirer selon les goûts de chacun les beautés de la ville. La maison des têtes, construite en 1609 pour un riche marchand, fera l'objet d'une admiration collective. Elle est décorée de 111 petites têtes humaines. Nous n'aurons cependant pas le temps d'admirer le Tryptique d'Issenheim ni le Musée Bartholdi, il nous reste encore plus de 100 km avec la montée à St Mergen qui se situe à 1000m.

Nous traversons la plaine d'Alsace sous le regard étonné des cigognes qui sont tout la haut sur leurs perchoirs, une flèche d'église, une haute façade de mairie, une tour en ruine. Un regard sur le Rhin, particulièrement abondant, et nous filons vers Freiburg en Brisgau.

Rapide pique nique. Les dormeurs sont privés de sieste malgré une grosse envie. Traversée très efficace de Freiburg, gràce à une piste cyclable qui longe la rivière Dreisam et qui nous mène au pied de la Forêt noire.

Sankt Peter
Sankt Peter

Sous un soleil maintenant bien chaud, la grosse difficulté de la journée se précise la montée vers Sankt Peter et St Mergen situés à 980 m. Quand on sait que nous avons traversé le Rhin à 180 m d'altitude, ça nous fait 800 m de dénivelé à se farcir en fin d'après-midi. Dans cette longue montée, une leçon d'humilité nous est donnée par une dame blonde d'une cinquantaine d'année qui nous (quand je dis nous, il s'agit des cinq boulets) double allègrement sur un vélo de ville... Et ce n'était pas un vélo électrique !

Arrivés à St Mergen, un Gasthaus nous tend les bras en affichant ce slogan : "Mach mal Pause", que l'on peut traduire par "fais donc une pause". Les gâteaux au fromage blanc de 7 cm de haut sont engloutis joyeusement après cette grimpette bien plus raide que la Schlucht.

Encore un effort et nous arrivons sur la route des crêtes, qui monte plus qu'elle ne descend. Enfin c'est le virage à droite dans la pente. Superbe descente parcourue à vive allure. Une bonne dizaine de km descendus à 40 km/h et nous arrivons à Hammerreisenbach-Bregenbach. À partir de là, nous longeons la Breg poussés par le vent.

Tout le monde se sent récompensé de ses efforts par cette magnifique descente dans un paysage de carte postale, forêts profondes au vert intense, ruisseau brillant sous le soleil couchant.

C'est là que Patrice nous donne une belle démonstration de sa capacité à faire 2 choses à la fois : Il filme les copains tout en satisfaisant un besoin naturel. Bravo l'artiste !

Et pourtant, Montaigne le déconseille fermement :

"Esope ce grand homme vit son maître qui pissait en se promenant, quoi donc, fit-il, nous faudrait il chier en courant ? Ménageons le temps, encore nous en reste-t-il beaucoup d'oisif et mal employé". "Prenons le temps de vivre, suivons la nature, jouissons du moment présent".

Cela fait bien partie de "l'Art de vivre du Cyclotouriste"

Nous quittons la vallée de la Breg à Wolterdingen pour remonter à Donaueschingen, terme de cette belle, mais ô combien laborieuse étape.

(6) Vendredi 5 juillet: Donaueschingen - Friedrichshafen (101 km, 506 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Jean-Pierre

Der Donau-Radweg

Ptidej à Donaueschingen pour la plus courte étape du parcours (96,4 km seulement), et c'est en descente et vent dans le dos. C'est par ce stratagème perfide que l'organisateur (dont nous tairons le nom par charité chrétienne) tente de nous faire perdre de vue que Donaueschingen étant à la source du Danube, que Vienne étant aussi sur le Danube, en aval de sa source, que la relation d'ordre "être en amont de" est, sur le Danube, une relation d'ordre strict, alors, il ne nous restait plus qu'à nous laisser glisser le long du Danube pour atteindre Vienne sans avoir besoin de monter des côtes. Dans le lobby de l'hôtel, on trouve "gratis" la "karte" du Donau-Radweg, une piste cyclable qui part de Donaueschingen et longe le Danube jusqu'à son embouchure près de 3000 km plus loin. L'Eurovéloroute 6 a, justement, la même idée et rejoint le Donau-Radweg un peu plus en aval (à Tuttlingen). L'organisateur étant très fort, nous n'avons rien vu. Las !

Fuyant la précipitation, Daniel prend 15' d'avance au ptidej, l'équipe se reconstitue à la fin de cet important repas et nos partons, plus cool que d'habitude, vers 9h00.

Source officielle du Danube
Source officielle du Danube

Nous longeons une rivière qui n'est pas le Danube (Brigach à l'entrée de la ville, Donau à sa sortie, ceci ferait-il partie du complot ?), traversons des travaux et tombons enfin, après s'être un peu élevés rive gauche du Brigach, sur une vasque vénérable pleine d'eau: la source homologuée du Danube et attraction incontestée de Donaueschingen, se méfier des contrefaçons !

Quelques tâtonnements. Comme quoi même en Garminant un parcours, on peut encore se tromper quand les pistes cyclables, inconnues de Google maps et autres cartographies garminiennes s'en mêlent. On se trompe de route puis on part, sans piste cyclable, avec les camions, jusqu'à Geisingen. Nous ne sommes plus loin de Tuttlingen, qui est le point où l'Eurovéloroute 6, qui vient du Rhin, rejoint le Danube pour le suivre alors tranquillement vers l'Est. Las !

Hegaublick: vue sur le Bodensee (là-bas)
Hegaublick, vue sur le Bodensee (là-bas)

Fuyant alors sur la pointe des pneus la vallée du Danube, nous attaquons la côte qui mène au col qui sépare le bassin du Danube (haut) de celui du Rhin (bas). Le lac de Constance (dénommé ici "Bodensee"), à 395 m d'altitude, est en effet 250 m plus bas que Donaueschingen. On monte et personne ne s'en plaint. Avant la redescente sur Engen, nous passons le col au Hegaublick, magnifique point de vue sur le Bodensee et le Rhin qui roule dedans. Café. Nous rencontrons ici, en ce lieu marqué pour cela par la destinée, un couple d'australiens sur un drôle de tandem mi-couché (monsieur, derrière, est droit tandis que madame, devant, est couchée sur le dos et pédale les pieds vers l'avant). L'étape s'est ainsi civilisée, comme si l'organisateur avait quelque-chose à se faire pardonner. Nous ne savons pas ce que nous devons lui pardonner mais lui, il le sait. Nous pardonnons donc. 

Canard de Ludwigshafen
Le canard de Ludwigshafen

À Orsingen, le groupe part à droite du nominal sur une piste cyclable qui s'enfuit vers le Rhin, laissant Patrice, devant, seul sur le nominal. Téléphone (qui dira enfin tous ces usages improbables du téléphone portable dont nul n'avait besoin avant son invention), on se retrouve à l'entrée de Nanzingen. Courses à Stockach.

Repas, sieste, café, à Ludwigshafen au bord du Bodensee. Ensuite, piste cyclable le long du Bodensee, bain de Daniel et Claudine au patelin suivant. Comme quoi il existe même des boulets utiles !

On suit ensuite la piste cyclable jusqu'à Friedrichshafen. La routine est: freiner, éviter les trous, monter des bosses, éviter les vélos qui viennent d'en face. Le paysage est magnifique. Enfin on arrive. L'hôtel Zeppelin (un des plus chers du trajet) nous tend ses petits bras d'hôtel. Nous sommes dans la ville où furent conçus et construits les Zeppelins. On en trouve plein de photos dans l'hôtel. C'est aussi dans cette ville que se trouve le célèbre musée Zeppelin. Comme nous ignorons son existence, nous respectons ainsi la prohibition tacite maintenant coutumière entre nous (maison natale de Beethoven fermée à Bonn, maison natale de Chopin fermée à Zelazowa Wola en Pologne, atelier de Renoir fermé à Essoyes). On n'arrive pas trop tard: la nuit sera bonne et reposante (après un dîner qui n'a laissé aucun souvenir). Heureusement, car demain, ce sera de nouveau l'enfer des galériens du Tyrol, en direction de Füssen.

(7) Samedi 6 juillet: Friedrichshafen - Fussen (126 km, 1 635 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Patrice

Cyclable (piste-)
Réceptacle de toutes les déjections de la chaussée (gravillons, éclats de verre, animaux morts...). Les racines des arbres qui les longent adorent en défoncer le revêtement. Peu et mal entretenue par les services ad hoc. On y croise des deux-roues à contresens, des piétons au cheminement erratique, des petits enfants qui apprennent à faire du vélo, et des poteaux plantés au milieu. Leur existence n'est pas même soupçonnée par les automobilistes qui tournent à droite. A éviter donc, surtout en deux-roues.

Le petit déjeuner a été programmé à 7h30. De plus en plus tôt, certes, mais la suite montrera que c'était prudent. Nous essayons de longer le lac, ce qui n'est pas toujours facile, les pistes cyclables se révélant généralement être des morceaux disparates de voies de toute nature, le plus souvent à angle droit les unes des autres, ce qui en gros allonge les parcours de 20 à 30%. J'ai écrit quelque part tout le mal qu'il faut penser des pistes cyclables.

Lindau
Lindau

Nous n'en arrivons finalement pas moins entiers à Lindau, une très jolie ville en île ou en presqu'île à l'extrémité est du lac de Constance. Il est 10 heures, c'est l'heure du petit café, pris par les uns tandis que les autres effectuent un rapide tour de la citadelle.

Repas
Repas

Les choses sérieuses vont maintenant commencer, avec l'ascension inhérente à tout chemin qui s'éloigne tant soit peu d'un lac de montagne. Les garminés, c'est-à-dire presque tout le monde, cherchent et trouvent moult petits raccourcis bien pentus pour éviter la nationale, que nous finirons par rejoindre. Il y a pas mal de circulation en ce samedi de grand beau temps, les autochtones partent nombreux, sans doute en réaction aux semaines pluvieuses qu'ils viennent de subir. Nous arrivons à Lindenberg, à point pour faire les courses. Il y a un peu d'éparpillage de cyclos, chacun agissant en fonction de ses sources d'information locales (et de ce qu'il réussit à en comprendre), mais tout le monde finit par converger vers l'unique supermarché local. Le repas sera pris sur un parking situé au milieu d'une longue descente. Un peu venteux, mais les siestards ont comme d'habitude su trouver les bons petits coins abrités pour y gésir en paix.

Fontaine d'Immerstadt
La fontaine d'Immenstadt

Nous ne traînons pas : il reste près de 65 kilomètres à parcourir. Deux belles côtes coup sur coup se révèlent difficiles à négocier, en pleine digestion et en plein soleil (ou l'inverse, comme on préfèrera).

Après, c'est la longue descente sur Immenstadt, jolie ville dont nous apprécions particulièrement la fontaine, qui nous fournit l'occasion de disserter sur la sémantique des expressions "trinkwasser" et "kein trinkwasser". En résumé, tout le monde aura rempli son bidon au robinet "trinkwasser", et un seul (moi) l'aura fait directement dans la fontaine ("kein trinkwasser"), fontaine en circuit fermé qui doit recycler depuis dix ans les sous-produits des beuveries locales du samedi soir (i.e urine et vomi). Sans suites pour l'intéressé, heureusement.

C'est ensuite l'ascension de Rettenberg, dernière but not least difficulté de la journée. La fatigue commence à se faire sentir, et l'arrivée à Füssen est tardive. Au point que nous nous cassons le nez au restaurant de l'hôtel. La germanophilie de Daniel nous permet d'obtenir du tôlier un rumsteack, avec son traditionnel accompagnement de pommes de terre rôties. Pour le dessert, on se contentera de ruiner le bocal de bonbons placé sur le comptoir du hall de réception.

L'hôtel est froid, impersonnel, immense et cher. Il faut dire que Füssen est le point de départ vers les châteaux de Louis II de Bavière. Nous restons impressionnés par le nombre de clients asiatiques venus faire la France, l'Allemagne et l'Italie en huit jours. Il faudra s'y habituer...

(8) Dimanche 7 juillet: Fussen - Innsbrück (111 km, 1 084 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Christian

Nous quittons sans regret l'hôtel rempli de Japonais et de Chinois sous un ciel chargé de nuages, pour descendre les gorges de la Lech, avec un arrêt photo pour l'entrée en Autriche et un autre pour le belvédère.

Puis nous prenons une magnifique piste cyclable plate au travers d'une forêt. Au pied du col nous trouvons un trafic ininterrompu d'automobiles avec la chaleur et le bruit. Après une hésitation sur la route à prendre, nous nous arrêtons à un café avec une belle vue. J'en profite pour me délester de sacoches au détriment de Claudine. Heureusement, lors du passage d'un tunnel, la route à vélo quitte la cohue de voitures.

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Fernpass

Patrice crève, et nous montons chacun à notre rythme. Dans la partie finale du col, les voitures sont au pas à touche-touche, à une vitesse équivalente à la notre. Le sommet du FernPass ne se prête pas à un arrêt, aussi, dès que Patrice nous rejoint, nous plongeons dans la descente. Nous tentons une piste latérale caillouteuse, puis nous revenons sur la route au milieu du trafic. Enfin, nous sortons sur une route tranquille pour faire les courses au Spar sauveur de Nassereith et déjeuner près d'un torrent à côté de fourmis rouges.

Ensuite, sous la chaleur nous nous engageons sur une route qui suit un vallon. Un café au site agréable nous accueille, moins bien que le serveur qui ne veut pas de nos vélos contre son mur.

Le raccourci décidé sur la carte nous fait monter à pieds la partie finale sur une route de VTT ravinée par les pluies récentes. Après le passage de ce col, nous avons une belle descente roulante jusqu'à Telfs où nous rejoignons la vallée de l'Inn.

Là nous prenons la piste cyclable, mollement pour les boulets, jusqu'à Innsbrück. Arrêt à une fête foraine au son de la musique qui balance comme une bière de Münich. Crevaison de Daniel.

Surprise à l'hôtel de l'arrivée : n'ayant pas confirmé, nos chambres ont été données. Il nous faut aller un peu plus loin et monter une côte pour trouver un autre gîte. Le repas est en bas pour nous obliger à une marche digestive. Les troupes sont lasses.

(9) Lundi 8 juillet: Innsbrück - Krimml (104 km, 1 248 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Claudine

Malgré la fatigue de plusieurs, l'heure du lever et pdj est toujours respectée.

Au moment du départ Jean-Pierre découvre que son pneu est usé jusqu'à la corde alors que nous lui avions déjà fait la remarque !.... Il réparera donc un peu stressé par le courroux de son camarade qui aurait préféré dormir un quart d'heure de plus qu'attendre sur la marche de l'hôtel.

Nous partons enfin et retrouvons les routes et pistes cyclables qui longent la vallée de l'Inn. Plusieurs magnifiques ponts de bois nous la font traverser dont un à Wattens-Jenbach où Jean-Pierre nous a trouvé un raccourci : une pente à 22 % que nous redescendrons de l'autre côté rapidement. Pas de petit café ce matin !

Nous faisons nos courses dans un SPAR à Füngen et trouvons un coin pique-nique le long de la piste cyclable entre la rivière que des vacanciers descendent en rafting et le train après 55 km de vélo. Nous quittons la fraîcheur pour aller prendre notre café dans une charmante auberge au pied du col de Gerlopass qui se trouve à 23 km que nous attaquerons à 14 h 15 en pleine chaleur comme à notre habitude !... Mon thermomètre m'indique que l'air est à la même température que mon corps !

vue_sur_la_vallee
Vue sur les cascades

Premier regroupement à un abribus puis deux groupes se forment pour "rouler à notre main" avec quelques arrêts. Le départ est raide suivi par un long "faux-plat" jusqu'à Gerlos. Une nouvelle côte raide nous mène au-dessus du barrage où nous pouvons admirer un magnifique panorama sur un lac encerclé de montagnes.

Maintenant il fait froid surtout dans une descente qui nous mène au pied d'une interminable côte toute droite. Il faut se motiver mais atteindre le panneau "Gerlopass-1622 m". Ça se mérite ! Une magnifique vue nous attend : panorama superbe sur l'autre vallée et ses cascades immortalisées par des photos et films.

Pendant que nos trois compagnons grimpent encore Michel, Christian et moi dévalons une magnifique descente en lacets et faisons un petit détour dans le village de Krimm pour le pointage du TU et en profitons pour déguster gâteau et bière bien mérités.

Nous repartons tranquillement chercher l'hôtel où nous sommes chaleureusement accueillis; j'aurai même des "bonjour Maya !". Mais nous apprenons aussi qu'il faut diner avant 20 heures. Alors, dès l'arrivée de nos trois compagnons, nous prenons les clefs des chambres pour vite y mettre nos sacoches. Je serai la seule à transgresser l'ordre d'aller vite diner sans se doucher !...

Repas très copieux à l'ambiance autrichienne. Pendant que nous mangeons, mes compagnons engagent de sérieuses discussions car les étapes suivantes leurs paraissant trop longues il faut trouver un plan B : l'étape du lendemain sera écourtée et la journée de repos programmée à Salzbourg à moitié sacrifiée. Nous montons nous coucher pendant que la campagne est arrosée par la pluie.

(10) Mardi 9 juillet: Krimml - Waidring (78 km, 807 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Michel

Ce matin nous quittons le volubile Monsieur SCHRANTZ, gérant de l'hôtel s'exprimant dans un Français impeccable, apostrophant la veille au soir Claudine d'un "Bonsoir MAYA".

Petits hôtels confortables
Petits hôtels confortables

Cette région du TYROL est équipée d'un nombre impressionnant de petits hôtels confortables, comme celui que nous quittons ce matin. Cela tombe bien, car il est prévu de scinder en deux notre étape. Ce soir nous ne coucherons pas à SALZBURG.

Nous faisons confiance à notre bonne étoile, et improviserons le temps venu.

La météo est toujours aussi généreuse, le ciel azur augure d'une belle journée. Avant d'affronter un nouveau col, nous filons sur la piste cyclable à travers champs.

Tel MEPHISTO, le téléphérique desservant le PASS THURN, nous invite à la facilité, donnerait-il des idées au groupe ? Mais à voir le pédalage énergique de MAYA, insensible à la moindre tentation, mieux vaut renoncer.
Patrice est bientôt en haut de la petite route attrayante
Patrice est bientôt en haut de la petite route attrayante

Nous quittons le nominal, pour une petite route attrayante, mais au combien pentue, au bout de deux kilomètres, je dois mettre pied à terre, souffle court, le visage couvert de sueur.

Après avoir repris mes esprits, je reprends l'escalade, on aperçoit la route du col, mais deux autres haltes me seront nécessaires avant de retrouver le parcours.

Là le pourcentage est moins bestial, et la fin de la montée se fait tranquillement, nous profitons du paysage, chaînes de montagnes enneigées, dont le GERLOPASS franchit la veille.

Au col, un arrêt rafraîchissement s'impose, maintenant c'est de la descente jusqu'à KITZBÜHEL, ville jumelée avec Rueil, que nous avons déjà visité lors du raid RUEIL-KITZBÜHEL, en 1984.

Après le pique-nique, au cours duquel nous nourrissons des ânes bien curieux, qui n'hésitent pas à fourrer leurs naseaux dans nos sacoches de guidon, la descente se poursuit.

À la pension Bertha à Waidring
À la pension Bertha à Waidring, on l'a bien méritée

Nous apercevons le Hahnenkamm, célèbre piste de ski, 3500 m de long, 850 m de dénivelé, consacrant "le top" des descendeurs, dévalant à plus de 100 km/h, à certain endroit.

KITZBÜHEL, nous traversons la rue principale, bordée de maisons à pignon, aux crépies multicolores, et décorées de riches fresques. C'est l'heure du thé et des écritures, dont une carte postale, envoyée à Monsieur le Maire de RUEIL.

La route de Saint-Johann est très fréquentée et nous recherchons désespérément la piste cyclable, qui pourrait nous isoler de la circulation, mais les très fortes pluies des derniers mois les rendent impraticables. Les tractopelles retirent du lit de la rivière troncs d'arbres et autres débris, emportés par les flots impétueux du torrent.

16h30, lassés d'être continuellement frôlés par les camions et les voitures, nous nous mettons à la recherche d'un hôtel, à WAIDRING, nous trouvons notre bonheur, il est 17h00, et depuis le départ de Paris, c'est bien la première fois que l'on s'arrête si tôt, ce soir on va pouvoir laver cuissards et maillots.

(11) Mercredi 10 juillet: Waidring - Salzburg (60 km, 216 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Daniel

Der Mozartradweg

À l'unanimité, Claudine et ses boulets, épuisés (pas Claudine) par la longueur et les difficultés des étapes précédentes, ont décidé de couper la longue étape Krimml / Salzburg (140 Km: Patrice n'admettra jamais qu'il y en ait autant) en écornant le jour de repos à Salzburg. Si bien que cette étape tyrolienne particulièrement bucolique ne fera que 60 km, l'arrêt anticipé ayant été fait à Waidring.

Mozartradweg
Mozartradweg

Forts de ce faible kilométrage, nous choisissons de prendre la piste cyclable Mozart qui zigzague joyeusement dans les prés et les forêts, qui perd son revêtement et se termine parfois en raidillons infranchissables à vélo. Pourquoi ce beau chemin porte-t-il le nom de Mozart ? Peut-être que Mozart l'a pratiqué pour venir admirer les puissantes cascades qui dévalent la montagne au-dessus de Krimml et que nous avons pu admirer hier soir en descendant le Gerlospass ou, tout simplement, venait-il prendre le frais en altitude pendant les étés trop chauds de Salzburg. Toujours est-il que nous le parcourons avec gourmandise, admirant ici une ferme tyrolienne richement fleurie, là les méandres bruissants de la Saalach.

Au détour du chemin, près d'un banc ombragé, on découvre une pancarte au titre ronflant : "Die Saalach von Ursprung bis zur Mündung ein Kulturaum"; en français : La vallée de la Saalach de sa source à son embouchure, un espace de culture. La Saalach prend sa source au pied du Grossglöckner (bien connu des amateurs de grands cols) et se jette dans la Salzach aux environs de Salzburg. Entre temps, elle aura traversé de jolis villages touristiques comme Lofer et Ouken appréciés pour leur ambiance festive en hiver.

Le Mozartradweg, c'est aussi une excellente façon de se perdre dans la campagne. Heureusement un fringant octogénaire qui roule à notre allure, que nous croyons sportive, nous remet régulièrement sur le bon chemin que Mr Garmin  aurait sans doute trouvé un peu plus tard. Avec le mauvais esprit qui nous caractérise, nous avons imaginé qu'avec son air joyeux et sa mise élégante, il va voir sa belle à Lofer et qu'il remontera en train.... Le vélo développe non seulement les muscles des jambes mais aussi l'imagination.

Salle de marbre du chateau de Mirabell
Salle de marbre du château de Mirabell

À force de détours et de contours, à midi, nous sommes encore à une bonne dizaine de km de Salzburg. Un Biergarten bien ombragé nous accueille. La beauté de la jeune fille qui s'occupe de nous dépasse largement le savoir-faire du cuisinier. Patrice et Christian découvrent ainsi les charmes des Knödeln: boulettes de pain qui trempent dans la sauce pour faire passer. Sieste écourtée mais royale sur des chaises longues.

À Salzburg, éclatement du groupe: les uns pour découvrir la Maison où vécut Mozart (grosse déception), les autres la maison natale de Mozart (grosse satisfaction) et le musée Stephan Zweig (fermé).

Regroupement à 20h pour le concert prévu de longue date dans la salle de Marbre du château Mirabell. Un duo Violon-Piano. Enchantement à l'écoute des oeuvres de Mozart et Beethoven grâces aux charmes de la violoniste coréenne et à l'acoustique de la Marmorsaal. La pianiste jouait sûrement très bien mais avec son visage anguleux et ses cheveux ébouriffés, elle faisait trop maîtresse d'école acariâtre. Les oeuvres de Ravel et Grig nous sont passées au-dessus de la tête. Nous avons des progrès à faire pour comprendre.

Le Bis était émouvant à souhait. Superbe soirée ! Die Saalach ein echte Kulturraum !

(12) Jeudi 11 juillet: Salzburg - Bad hall (121 km, 1 636 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Jean-Pierre

Patrice nous avait prévenus à l'entracte du concert hier soir, "demain, ce sera l'étape la plus bestiale du parcours" (juste 119 km, pourtant). Mais, adeptes résolus du désormais célèbre "le plus dur est derrière nous" de Claude lors de la semaine Abeille au Pays Basque, nous ne le croyons pas. On aurait peut-être du. Par contre, nous savons que nous allons traverser, d'un seul coup d'aile (une expression imagée: on n'est pas des canards sauvages), la plus belle région d'Autriche: la région des lacs. C'est dit: ptidej à 7h00, on ne rigole pas !

Wolfgangsee des hauts de St Gilden
Wolfgangsee des hauts de St Gilden

On ne rigole d'ailleurs pas: le challenge du jour est : "Pas d'arrêt déjeuner avant 60 km". Sinon, "Tintin". Pas une protestation: les galériens du Tyrol se cramponnent dans une résolution sans faille, on y va sans broncher. Dès la sortie de Salzburg, ça monte, ça monte, ça monte, comme un parcours Rossinien, mais sans l'affirmer vraiment, en direction du Salzburg Ring où se disputent des courses de formule 1. Aujourd'hui, nous ne sommes pas des Formules 1. Après, ça monte encore.

Notre premier lac, magique comme toute première fois, est le Fuschlsee, on continue à monter par la route après l'étape café Fuschl qu'on passe, comme dans un brevet montagnard, sans s'arrêter, sans le réconfort d'un petit café. Pour notre 2° lac, on passe alors le col qui nous mène au Wolfgangsee (de St Gilden). Pas de café non plus, même sur les hauts de St Gilden, où on passe trop vite et trop haut dans la montagne pour en rencontrer un. Pour notre 3° lac, on fonce par le col suivant vers le Mondsee (oui, de la ville de Mondsee où nous ne passons pas). De là on fonce, pour atteindre notre 4° lac, presque à plat en longeant une rivière qui descend vers l'Attersee (oui lac de la ville d'Atersee où nous ne passerons pas).

Piste le long du lac (Attersee)
Piste de long du lac Attersee

On se perd à Berghof pour une recherche vaine de café (en direction de Unterach am Atterseen, où je me souviens, pour y être passé en 1999, qu'il y en a de magiques) et on poursuit vers Burgua et Weissenbach, où on vote démocratiquement de poursuivre le nominal et donc de passer un col à 829 m.

Collation vers Gmunden
Collation vers Gmunden

Arrêt déjeuner à Steinbach dans un resto proche de la route qui monte, au pied du col, à 54 km seulement du départ. Les troupes sont cuites et on sait qu'il n'y aura rien à bouffer après, sur la route du col. 

La suite est moins claire dans mon esprit qui s'embrume. Pour notre 5° et dernier lac, on monte le col à 829 m, c'est certain, on se congratule en haut (car on croit qu'il n'y a plus que de la descente), on redescend ensuite vers Gmunden sur le lac Trausee, on mange une tarte aux pommes sans pommes sur la route (est-ce à Gmunden, est-ce à Pettenbach, est-ce ailleurs ? je ne me souviens plus, les photos sauront sans doute dire). Sur les derniers 40 km, on pousse les vélos vers Bad Hall, où nous attend un hôtel. Demain, on s'attend à plus simple car ce sera la route vers la magnifique abbaye bénédictine de Melk, sur le Danube (mais pourquoi diable l'avons-nous quitté à Donaueschingen ?). On peut alors aller dormir.

(13) Vendredi 12 juillet: Bad Hall - Melk (110 km, 777 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Patrice

Place centrale de Steyr
Place centrale de Steyr

Enfin, nous nous éloignons de la montagne. Le reste du parcours sera moins pentu, à la satisfaction générale. Les premiers kilomètres sont roulants, et en descente légère, le terrain de prédilection du vélo couché. Il n'en faut pas plus pour que - ceux de l'arrière ayant trouvé une piste cyclable complice, s'échangent de nombreux coups de fil sur le mode "vous êtes où ?". Des coups de fil plus ou moins fructueux (... "je l'avais mis en mode silencieux..." ou "à l'étranger, je n'ai pas accès à ma messagerie"...). Tout le monde se retrouve à Steyr, sur sa place centrale qui, selon Wikipedia, est l'une des plus belles d'Autriche.

Il n'y a que des Spar en Autriche
Il n'y a que des Spar en Autriche

Un café et, quelques côtes plus loin, c'est l'heure de faire les courses au SPAR (en fait, il n'y a à peu près que des SPAR en Autriche). Une vénérable et sympathique septuagénaire entreprend Daniel sous couvert de parler de vélo. Oserai-je révéler que mon mauvais esprit m'a fait évoquer un acte manqué d'essence Freudienne quand elle est allée tâter un pneu pour s'assurer de son bon gonflage ? Certes, je m'en garderai bien à cause des esprits vertueux qui pourraient encore tordre le nez... Daniel sera l'objet des quolibets du groupe pendant deux jours.

Seitenstetten - Abbaye bénédictaine
Abbaye Bénédictine de Seitenstetten

Peu après, Jean-Pierre trouve un coin sympathique pour déjeuner. Sympathique quand on le voit, pas quand on y est. Une infecte odeur de purin dégrade substantiellement les saveurs des produits du terroir soigneusement sélectionnés au SPAR. Claudine s'éloigne de quelques centaines de mètres, en attendant que les siestards aient officié. Il y en a, on a l'impression qu'ils pourraient s'endormir dans le fût d'une bétonnière en marche !

Encore quelques côtes dans l'après-midi, et nous plongeons sur le Danube. Définitivement, plus de côtes. Le monastère de Melk se voit de loin sur son promontoire, avec ses couleurs à dominante ocre superbes au couchant. Nous déclenchons un mouvement de panique à l'hôtel Zur Post quand nous nous présentons à la réception. Ils ne nous attendaient pas ! Après quelques propos échangés et surtout consultation des documents, il s'avère que Zur Post, c'était hier. Ce soir, c'est Hotel Weisses Lamm ! On leur a fichu une belle trouille ! À nous aussi, d'ailleurs !

Le repas, à la terrasse d'un bistrot est très vivant, en raison de la fête du pays, avec costumes locaux et musique à la clé !  Mais la nuit sera calme, ces gens-là savent vivre.

(14) Samedi 13 juillet: Melk - Wien (124 km, 292 m, parcours, trace GPX zippée)

Par Christian

Après la folle nuit des lits déménagés, nous devons payer en cash l'hôtelier. De manière exemplairement démocratique, le groupe décide de longer le Danube afin d'éviter les dernière côtes sournoises qui pourraient subsister sur le parcours. Devant la mollesse des boulets, Claudine nous attend pour nous informer qu'il faut rouler à 27 km/h pour aller à la vitesse des péniches.

En outre, selon une source bien informée, ce parcours est jalonné de cafés tous les petits moments tenus par des dames accueillantes. La réalité est que nous n'en avons pas vu un seul pendant 35 km ce qui nous amène à Krems, où certains prennent un café Krems.

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Abbaye de Melk

Ce passage du Danube encaissé dans des gorges sinueuses avec des cloitres et des châteaux aux sommets des collines est de toute beauté et nous a permis de ramener de nombreuses photos. Après Krems sur l'autre rive, une déviation de la piste cyclable due aux récentes inondations et débordements du Danube, nous ramène sur l'autre rive en nous éloignant du fleuve. Nous prenons alors la route vallonnée des vignobles.

Ne trouvant rien à manger, le moral des troupes baisse considérablement. Enfin, à Trasmauer, nous trouvons toujours et encore le Spar de service pour remplir nos sacoches. Nous décidons de manger à Epersdordf, dès que notre chemin nous permet de rejoindre le Danube. Fanfare, odeurs, moustiques, sable et sieste sont au menu de cet arrêt. Puis nous repartons sous la chaleur à la recherche des innombrables cafés qui ont eu la mauvaise idée de faire faillite les uns après les autres.

Vers l'heure du gouter, nous en trouvons enfin un après Tulin où nous préférons prendre des boissons fraiches, perdus au milieu de tous les bruyants cyclistes du Danube réunis dans cet unique café. Nous repartons sous la chaleur, attendus à tous les arrêts par Claudine et les moustiques ce qui nous permet de ne pas s'arrêter longtemps.

L'arrivée au centre de Wien se fait par une île, puis en longeant un canal. Là nous prenons la photo d'arrivée, puis une glace avant de trouver notre hôtel. Il était temps d'arriver, car le vélo de Patrice commençait à donner des signes de fatigue au niveau notamment de sa direction. Il en était de même pour les boulets.

Jean-Pierre se fait expliquer un bon restaurant à l'intérieur de l'enceinte de l'Université qui nous permet de clôturer convenablement notre voyage, éprouvant certes, mais réussi sans gros problème.

(14) Dimanche 14 juillet: Wien - Wien (15 km, trace GPX zippée) et statistiques

Par Claudine

Aujourd'hui journée touristique à Vienne. Nous visitons la ville à pied ou à vélo seuls ou à quelques-uns suivant l'inspiration. Vienne est une belle capitale agréable à visiter sans trop de circulation.

vienne

Le soir nous partageons tous les 6 notre dernier repas puis Patrice, Daniel, Jean-Pierre et Michel nous quittent pour le train de nuit pendant que Christian et moi restons nous promener et allons écouter un concert pour terminer ce voyage en musique.

Un grand MERCI Patrice pour cette organisation et merci à " mes gentils boulets " pour leur amicale compagnie.

DépartArrivéeDate arrivéeKmD+
Roissy en BrieAnglure30-juin118960
AnglureColombey les 2 églises01-juil109771
ColombeyContrexéville02-juil1041152
ContrexevilleMunster03-juil1371524
MunsterDonaueschingen04-juil1341555
DonaueschingenFriedrichshafen05-juil101719
FriedrichshafenFüssen06-juil1241861
FüssenInnsbrück07-juil1051251
InnsbrückKrimml08-juil1041430
KrimmlWaidring09-juil79944
WaidringSalzbourg10-juil60409
SalzbourgBad Hall11-juil1191786
Bad HallMelk12-juil1091002
MelkWien13-juil123719
WienWien14-juil18208
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"Le Cyclotourisme, un art de vivre"
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