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Flèche Paris Lille

31 octobre 2011

par Thierry Streiff
http://abeille-cyclotourisme.fr/souvenirs/2011_paris_lille.html

Encore une flèche vite décidée, mais pas improvisée.

La veille, un dimanche, j'ai fait une sortie Abeille assez courte (70 km) car je souhaitais profiter du beau temps prévu aujourd'hui pour ressortir.
L'après-midi, l'idée d'une petite aventure d'une journée commence à poindre.
Avoir le bonheur simple de pédaler à mon rythme sous le soleil dans une campagne française inconnue.
J'ai les cartes à pointer de toutes les petites flèches, je choisis Lille car le retour en train est pratique et rapide. Avec ma checklist faite pour les brevets, en 1 heure, tout est prêt.

Rueil-Malmaison, km 0, 3h45

Cette fois, je n'ai pas choisi un parcours au plus court dans Paris.
Les routes barrées pour travaux font vite échouer les stratégies les mieux conçues. Je prends simplement via le pont de Puteaux et la porte Maillot, puis boulevard des Maréchaux.

Paris porte d'Aubervilliers, km 18, 4h45

Des travaux partout et aucun endroit pour pointer.
Normal il n'est que 4h45 et Paris ne s'éveille pas encore...
Je demande au GPS où est la Poste la plus proche, ce sera plus facile que de trouver une boite aux lettres dans ces travaux. Je dois descendre la rue de Crimée sur quelques centaines de mètres pour mettre ma carte à la Poste.
Et c'est parti pour une traversée du nord de la banlieue parisienne via La Courneuve dont je longe le parc. Je commence à voir beaucoup de gens se rendant dans les gares. Nous sommes un jour ouvré et cette banlieue se lève tôt. Après Sarcelles, je suis enfin dans la campagne.

Survilliers, km 56, 6h25

Je longe la rue principale en cherchant une boite aux lettres pour pointer.
J'arrive bredouille à la fin du bourg, dans ce cas, je me dis toujours que j'aurais dû aller directement à la Poste... Je finis par trouver une boite aux lettres verdâtre de lichen mais apparemment toujours utilisée.
Je continue ma route à travers la forêt d'Ermenonville avant de remonter sur le plateau. Après la montée dans Ermenonville, j'aperçois des silhouettes brunes au bord d'un champ. En m'approchant, je vois cinq petits sangliers roux, la tête grise, qui s'éloignent en grognant.

Crépy-en-Valois, km 91, 8h00

Je m'octroie une vraie pause boulangerie-café.
A la sortie, belle descente en lacet vers Fresnoy-la-Rivière. Je suis déjà passé ici lors du BRM 300 de Noisiel en avril. La rivière de Fresnoy a un nom bien de saison, j'en profite pour faire une photo, puis j'attaque la côte de Morienval qui m'amène dans la forêt de Compiègne.

automne
C'est l'automne
foret_de_compiegne
Forêt de Compiègne

Le parcours forestier est un peu compliqué, mais rouler au milieu des ces dégradés dorés est très agréable. Ne manque qu'un rayon de soleil, mais s'il fait clair, il y a encore trop de nuages.

carriere_de_l_armistice
Carrière de l'armistice

Juste avant Choisy-au-Bac, je vois que la carrière de l'Armistice (dite "de Rethondes" alors qu'elle est à Compiègne) n'est qu'à 2 km et je décide de faire le détour. Je m'arrête quelques minutes dans la carrière déserte, mais c'est jour de chasse, et ça canarde tout près, enlevant toute solennité à l'endroit.

A Montmacq, une automobile débouche sur ma droite alors que je suis sur la route principale. Je dois faire un écart d'urgence sur la voie de gauche heureusement inoccupée. Je m’arrête. Les pointillés du "laisser le passage" à droite sont très effacés, et l'automobiliste a pensé être prioritaire.
Je me dis que quasiment à chaque flèche, une voiture me fait très peur.

Je traverse l'Oise et juste après je gravis la côte la plus longue de la flèche : 140 m de dénivelé sur environ 4 km, c'est roulant et dans la forêt. Il n'y alors plus qu'une longue descente pour aller pointer à Lassigny.

Bonnes nouvelles : le soleil est enfin là et je suis à mi-chemin.

Lassigny, km 141, 10h55

lassigny
Lassigny

A la sortie de Lassigny, la route prévue est barrée par un tas de terre. Je dois faire un petit détour et je vois une maison en bois et chaume en cours de construction : un panneau indique qu'il s'agit d'un chantier "d'Archéologie Expérimentale" (qui vise à définir les méthodes utilisées par les hommes d'avant pour produire des objets dont on a trouvé les vestiges). Juste à côté, se trouve une sorte de tumulus, vestige d'une ancienne fortification médiévale, détruite pendant la Grande Guerre.

Entre Roye et Chaulnes, le parcours est parallèle à l'autoroute A1 et au TGV Paris-Lille. La cadence des TGV est assez impressionnante. Un peu partout des tas de betteraves ou de pommes de terre.

Je passe la Somme à Bray/Somme : elle a si peu de pente qu'elle est difficile à distinguer des étangs qui l'entourent. A la sortie, je vois des bancs au soleil devant le cimetière, je m'arrête pour un pique-nique, tout en regardant le va-et-vient des porteurs de chrysanthèmes (c'est la Toussaint demain).

J'arrive sur les sites de la bataille de la Somme. Les noms de quelques lieux-dits montre leur passé agité : vallée de l'Enfer (Bray/Somme), bois du Gros Canon (Chuignolles), la Tuerie, Sole des Tombeaux (Vermandovillers), Lochnagar Crater (Contalmaison).
Mais c'est surtout le nombre de cimetières militaires qui impressionne, chaque commune en a au moins un, et certaines en ont trois de plusieurs nationalités.
Je passe à Pozières, BPF mais qui doit être difficile à pointer : je ne vois aucun commerce. La plupart des maisons sont fermées.
Un peu avant Bucquoy, j'entre dans le Pas-de-Calais.

Bucquoy, km 213, 14h15

Je prends un café en pointant (ou je pointe en prenant un café), et c'est reparti.
A Boiry-Ste-Rictude, une sucrerie fonctionne à plein régime, on longe des bassins de décantation dans une odeur... non alimentaire.
Un peu plus loin, l'odorat est encore mis à contribution : le parcours longe le Cojeul, pauvre ruisseau qui reçoit plus d'égouts qu'il n'a d'eau.
A Pelves, je me sens un peu faiblir. Je m'arrête au prochain gros bourg, Vitry-en-Artois, pour une petite pause ravitaillement.

Douai, km 255, 16h15

Le parcours ne quitte plus les agglomérations avant d'entrer dans Douai. Bien que la circulation se densifie, circuler en vélo est facile : il y a beaucoup de pistes cyclables, peintes en vert vif.
Je passe le canal de la Deûle pour entrer dans la ville et pour en sortir.
Le GPS est précieux dans ces agglomérations denses car il est impossible de décrire un trajet précis sur une feuille de route, et naviguer dans la circulation en regardant la carte est dangereux.
Cependant, à la sortie, le parcours GPS (pris sur le site de l’ACP) m'indique d'aller tout droit sur la D643. Or il y a un panneau "route pour automobiles" au bord de la route. Je regarde la carte et la feuille de route et en déduis que le parcours GPS ne suit pas les instructions, il faut tourner au rond-point précédent sur la D120. Je traverse un peu de banlieue dont on devine sans peine le passé minier et je récupère le parcours GPS plus loin.

passerelle_d_auby
La passerelle d'Auby

J'arrive une 3ème fois au bord du canal de la Deûle à Auby, et là nouveau petit problème, la trace GPS amène à un pont seulement piétonnier et il faut gravir un escalier pour monter sur le pont (et en descendre un de l'autre côté). Je roule léger c'est facile, mais avec un vélo alourdi par des sacoches, ça me semble compliqué.
De l'autre côté du pont, j’examine à nouveau carte et instructions de la flèche, et là encore, le parcours GPS ne suit pas les instructions. La D120 prend un pont routier un peu à l'est, cela allonge de 2 km mais on n’a pas à porter sa monture.

Je reprends plein nord direction Lille, encore un peu de campagne avant d'attaquer la longue banlieue de Lille. La nuit tombe, j’enfile mon pyjama jaune et allume mes feux.
Rien d'intéressant à part des échangeurs, des centres commerciaux, des camions et beaucoup de voitures.


Lille, km 292, 18h30

Il y a beaucoup de circulation dans Lille et comme les gares sont dans le nord-est, je dois traverser tout le centre. J'arrive trop tard pour le train de 19h00. En attendant le suivant, je fais une promenade de nuit dans le centre ville historique, où les façades flamandes sont bien mises en valeur par les éclairages rasants.
Sauf le beffroi de l'hôtel de ville qui lui n’est pas éclairé.

la_grand_place
Lille la Grand'Place

De retour à la gare de Lille Europe, je réalise que l'immeuble au dessus de la gare ressemble vraiment à un flipper. Quels gamins ces architectes ! Un monsieur en promenade avec son chien (ou le contraire) m'apprend que c'est le bâtiment le plus haut de Lille et que certains Lillois l'appellent aussi la chaussure de ski (mais là je trouve ça moins ressemblant, on voit que Lille est loin de la montagne !)

Retour à Rueil-Malmaison sans histoire à 0h00 via les services de la SNCF puis de la RATP.

Thierry Streiff


"Le Cyclotourisme, un art de vivre"