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flamenco

SEMAINE ABEILLE 2003 EN ANDALOUSIE
du 1er au 10 mai

 

Jeudi 1er mai

En ce jour de la fête du travail, un bon nombre d'abeilles se sont levées de bon matin pour se retrouver à l'aéroport d'Orly et embarquer pour Malaga. Certains arrivaient par les transports en commun mais la majorité en voiture ou en camionnette. C'est ainsi que Christian, Esterella et Adrien s'étaient dévoués pour accompagner un groupe d'abeilles, leurs bagages et leurs vélos emballés. Le RV était fixé à 8h mais déjà bien avant cette heure, beaucoup s'activaient en face du comptoir Ibéria pour emballer leur vélo dans un carton, le faire enregistrer et assister avec un peu d'appréhension à l'expédition sur le tapis des bagages.

Le voyage en deux étapes, Paris-Barcelone puis Bracelone-Malaga s'est déroulé normalement. A Malaga, il fait beau. Une mauvaise surprise à la livraison des bagages, le tandem est absent. Renseignements pris, il a été envoyé à Alicante. Le service des réclamations fait le nécessaire pour le rapatrier à Malaga via Madrid. Il nous sera livré demain matin à l'adresse de l'hôtel que nous lui laissons. Il faut faire confiance.

Nous faisons la connaissance de Paco, notre accompagnateur espagnol. Ses premières informations contrarient sérieusement Marie-Louise. La visite de l'Alhambra de Grenade prévue cet après-midi, ne pourra pas avoir lieu. Les billets n'ont pas été achetés auparavant et actuellement, à cause des fêtes de la croix, qui attire une grande foule dans la ville toutes les visites sont bloquées pendant plusieurs jours. Le car nous emmène dans un bel hôtel, accroché au flan de la montagne à plus de 1500 m d'altitude, d'où nous avons une très belle vue sur la vallée et sur le village en dessous. L'établissement est composé d'un bâtiment central de plusieurs étages et de petits pavillons de deux chambres, répartis dans la nature avec, à proximité, court de tennis et piscine.

Rapidement, sur la terrasse les petites abeilles sortent les vélos des cartons ou des housses. En moins de deux heures tout le monde pourra rouler sauf Jean qui ne retrouve plus ses pédales. Il faudra quelques heures pour résoudre le problème.

A signaler l'efficacité de Patrick qui monte deux bicyclettes aussi vite que ceux qui n'en montent qu'une. L'exercice se termine vers 19 h et à 20h30, nous nous retrouvons tous au rez-de-chaussée de l'hôtel pour déguster une bonne sangria.

Vendredi 2 mai

Le petit déjeuner est prévu à 8h. Nous sommes agréablement surpris par le choix abondant qui nous est proposé en libre service, y compris du jambon, du fromage et des fruits.

La balade de la matinée prévoit d'abord de monter par la route touristique jusqu'à la station de Sierra Nevada puis, pour ceux qui le veulent, de grimper vers le sommet Veleta à 3398 m. Mais les informations de Paco seront exactes, il y a encore de la neige à 2500 m et les plus téméraires seront obligés de rebrousser chemin à cette altitude.

Ce n'est que vers 13h30 que les derniers arrivent pour déguster leur pique-nique. Un arrêt café est prévu à Güerar Sierra, un charmant petit village. C'est là que Jean s'aperçoit que sa Bernadette n'arrive pas. Pierre Yves est également absent. La voiture fait quelques allers retours pour tenter de les retrouver mais sans résultat. Finalement, nous reprenons la route de Grenade, à l'entrée de la ville, nous avons la surprise de retrouver nos deux collègues qui nous attendent. Il y a un ange gardien qui veille sur les abeilles en balade...

Si les accompagnatrices en voiture peuvent parfois profiter d'une petite avance pour agrémenter leur temps de quelques visites, aujourd'hui, à cause du cumul des incidents, c'est raté. Nos velléités d'indépendance mériteraient parfois d'être un peu bridées pour faciliter la vie de tous.

Dans Grenade, nous nous dirigeons vers le Palais des Congrès et là, quatre courageux, les Auzet, Jean-Pierre et Pierre Yves, choisissent de rentrer à l'hôtel en vélo. Ils partent immédiatement et arriveront en même temps que le car. Ceux qui reprennent le bus ont le temps de faire un tour en centre ville vers la cathédrale. La foule envahit toutes les rues, la circulation est très embouteillée, des croix grandes ou petites sont érigées partout. Sur une place, un manège, animé par un jeune sur un vélo fixe, attire notre attention. Le vélo mène à tout.

Nous faisons une visite extérieure de la cathédrale par les petites rues qui en font le tour avant de revenir vers le Palais des Congrès. Le car aussi est pris dans les embouteillages et il arrivera avec un peu de retard. L'agréable terrasse d'un café, nous aide à patienter.

Nous arrivons à l'hôtel vers 20h30

Samedi 3 mai

Nous quittons l'hôtel pour rejoindre Grenade. Après le petit raidillon pour atteindre la route principale, ce n'est que de la descente. Dany et Pierre Yves en profitent pour jouer les fondeurs et donner quelques frissons aux passagères de la camionnette. Regroupement à l'entrée de Grenade.

Les leçons des jours précédents sont utiles, nous suivons la voiture pour traverser la ville et atteindre les anciens quartiers arabes. Ici la fête de la Croix draine du monde. Il y a beaucoup d'animation, c'est très pittoresque, avec les maisons blanches, des patios agréablement fleuris et du fer forgé aux fenêtres. D'une petite terrasse envahie de touristes et de vendeurs de souvenirs, nous pouvons contempler le palais de l'Alhambra.

Jusqu'à midi, après une côte assez longue, le peloton roule gentiment groupé dans une campagne couverte d'oliviers plantés en quinconce et souvent très bien entretenus et munis de systèmes d'arrosage perfectionnés. Le pique-nique est pris dans un petit bois de pins au bord d'un lac de retenue artificielle, l'eau verte et transparente invite au bain mais elle est trop fraîche. Pendant notre repas, nous pouvons assister à une séance de ski nautique avant d'aller prendre le café au restaurant voisin ou de s'accorder un instant de repos au pied d'un arbre.

L'après-midi sera mouvementée. Le road book indique un sérieux dénivelé avant Moclin. Pour cela, il ne faut pas manquer de quitter à droite la route principale avant d'attaquer la côte de 6 km. Il fait chaud, chacun adapte son allure à ses possibilités. Au sommet de la colline, une terrasse surmontée d'une tour de gué permet aux abeilles de se regrouper et d'admirer sur le piton voisin le château fort dans son enceinte bien conservée. Dans l'ancien sultanat, il servait de refuge et de poste de surveillance.

Jean-Pierre et Pierre Yves qui jouaient la voiture balai s'étonnent de n'avoir pas vu Roland. En bas de la côte, avant de prendre la petite route, il était devant. Il y a donc toutes les chances qu'il soit parti tout droit.

A la sortie de Moclin, nous empruntons une route de campagne de 8 km, mal entretenue, gravillonneuse, pleine de nids de poule et avec de sérieux raidillons. Après ce passage difficile, il nous restera 17 km sur une belle route agréablement vallonnée pour atteindre Alcala la Real assez tard, vers 20h30. L'hôtel Torre Palmade, en plein centre ville est de bon standing et très confortable. Les vélos sont rangés dans le parking du sous-sol.

Roland a laissé un message à l'accueil de l'hôtel pour indiquer qu'il est à Moclin, c'est Paco qui va le rechercher avec la camionnette. Finalement, tout est bien, qui finit bien. Après un bon repas, le moral des troupes remonte et, bien que l'établissement possède une boite de nuit, avant 23h, les abeilles préfèrent regagner leur lit.

Dimanche 4 mai

Ce matin, grasse matinée, le petit déjeuner est prévu à 9h. L'étape d'aujourd'hui est plus facile. Elle prévoit une soixantaine de km. Le petit déjeuner est ici accompagné de fruits. Nous apprécions les oranges délicieusement sucrées.

Nous voilà partis en direction d'Alcaudete par la N 342, ça roule bien, tellement bien, que les km défilent sans que l'on aperçoive le col signalé dans le road book. Au regroupement qui s'opère après quelques km, Christian explose, nous ne sommes pas sur la bonne route, il fallait partir à droite peu après la sortie du bourg. Finalement, nous rejoindrons le bon itinéraire en revenant sur nos pas, par un autre chemin. Un peu plus loin, la voiture nous attend près de quelques amandiers bien fournis, cela nous permettra une dégustation gratuite en bord de route. Tout à coup, Pierre-Yves ne peut plus pédaler, sa chaîne est bloquée. Un rapide diagnostic montre que ses pignons sont desserrés, c'est facile à réparer.

Nous traversons quelques petits villages avant d'arriver à Alcaudete aux environs de midi. Après quelques km, nous nous regroupons dans une station service, où certains sont tentés de se poser malgré un environnement peu bucolique.

Il y a de la langueur aujourd'hui dans le peloton et il faudra un bon moment avant de repartir vers un lieu plus agréable. Finalement, nous nous arrêtons sur le pont qui franchit une petite rivière dans une zone marécageuse. A l'ombre des arbres, nous dégustons nos vivres et faisons une bonne sieste, bercés par le chant des oiseaux. Heureusement que Jojo garde l'esprit éveillé car le temps de réflexion en position horizontale aurait pu se prolonger. Nous cherchons en vain sur la carte la "Via verde del aceite" une piste cyclable indiquée dans le road book. Nous décidons donc de poursuivre notre chemin sur la nationale, un peu plus loin, notre route croisera cette piste recouverte de gravillons, une ancienne voie ferrée reconvertie, que nous emprunterons en direction de Luque. Après quelques km, nous arrivons à l'ancienne gare de Luque. Le quai est maintenant une terrasse de café accueillante et la gare elle-même est devenue un magasin de 'tu m'achètes". nous sommes facilement une dizaine à faire la pause et à apprécier cette reconversion intelligente.

Luque est un joli village, construit au pied de son château érigé par Muhammad 1er au IXe siècle puis reconstruit au XIIIe. Jean-Pierre, Chantal et moi choisissons la grimpette qui nous fait découvrir un bel espace, à la fois place et jardin, où se retrouvent les hommes pour la causette de fin de journée.

Nous redescendons pour retrouver la route par laquelle nos collègues nous ont précédés. En roulant, nous faisons la connaissance d'un jeune cycliste qui fait sa sortie quotidienne d'entraînement. Il nous quitte à l'entrée de Zuheros, le coup de pédale facile, pour prendre une route qui gravit la montagne voisine.

Pour arriver à l'hôtel Señores Zuheros, nous empruntons de charmantes petites ruelles bordées de maisons uniformément blanches, égayées de jardinets fleuris, de portes et fenêtres protégées d'ouvrages en fer forgé de belle facture. L'hôtel est une maison rurale, composé de petits appartements, tout neufs, bien équipés pour des séjours prolongés. Nous sommes confortablement installés en centre ville près de l'église et des vestiges du château de la fin du IXe siècle dont la terrasse pleine de charme permet de découvrir les environs à perte de vue.

Les troupes ce soir, ne sont pas trop éprouvées dans l'ensemble.

Lundi 5 mai

Etape de Zuheros à Cordoba, 75 km sont prévus au nominal, plus un diverticule d'une quinzaine de km pour les volontaires.

Quelques abeilles flânent dans les ruelles de Zuheros avant le petit-déjeuner. C'est calme, propre, joliment décoré et fleuri. Nous admirons les ferronneries, les portes sculptées, les jardins intérieurs et les patios. Tout cela respire une certaine aisance économique due certainement au tourisme et à la culture de l'olivier. Cette bourgade, très pittoresque, est une étape importante sur la route du califat. Son château semble réaliser un tour d'équilibre sur le sommet de l'énorme escarpement.

Le petit-déjeuner traîne un peu, le garçon, un peu zélé prépare ses cafés un à un et veut griller le pain comme à la maison. Heureusement qu'Annick réussit à lui faire admettre de s'adapter à la situation. Elle revient avec une brassée de pain et la salle se calme.

Pour quitter la ville, nous descendons une rue dont la pente est impressionnante et nous nous retrouvons sur une petite route tranquille. Un petit chien nous accompagne jusqu'au village suivant, il continuerait bien le voyage avec nous, si l'autorité de Dany ne l'en dissuadait pas.

Le paysage est très différent et, après les oliveraies de la région de Baena, nous traversons des paysages luxuriants. Une dizaine d'abeilles choisiront de faire le diverticule de Baena. Cette ville dont l'histoire remonte à l'époque romaine. Au 8e siècle, avec l'arrivée des musulmans, ce lieu se transforma en une active place militaire, administrative et religieuse. Son château fut construit à partir du 9e siècle et devint par la suite la demeure des seigneurs du lieu, les mécènes de la ville. Baena produit une excellente huile d'olive vierge avec appellation d'origine. Paco nous conseille d'y faire nos achats.

Ce diverticule commence par une longue descente. Ensuite, pour traverser la ville une belle pente de plus de 15% sur plusieurs centaines de mètres. Chantal et Annick rappellent à nos pilotes Jean-Pierre, Christian et Dany que si nous sommes venus ici, c'est pour faire quelques achats d'huile avant de redescendre pour reprendre la route de Castro del Rio. Nous y arrivons vers 13h, le reste du groupe est déjà installé dans le parc de la ville. C'est un espace très propre, agréable, aménagé avec des bancs sur lesquels nous nous installons pour déguster notre pique-nique habituel. Marie-Louise a enrichi l'ordinaire avec d'excellents melons et du fromage immergé dans l'huile d'olive que tous les convives apprécieront. Les restes d'huile d'olive serviront à certains à graisser chaînes et dérailleurs, rien n'est gaspillé à l'Abeille!

La campagne vallonnée que nous traversons ensuite est déserte, à perte de vue, ce sont des champs de céréales, de betteraves, de pommes de terre ou de maïs. Des systèmes d'arrosage en bon état de fonctionnement révèlent une agriculture intensive et rentable. Après plusieurs regroupements, vers 17h, nous retrouvons la voiture et nos accompagnatrices à une dizaine de km de Cordoue. De cet endroit, nous avons une vue globale sur la ville et sa banlieue. C'est là que Paco fait un petit essai de pilote de Tandem.

Pour entrer dans Cordoue, nous empruntons l'ancien pont romain pour franchir le Guadalquivir puis nous longeons l'Alcazar des Rois Catholiques et, par une belle piste cyclable, le long de l'avenue de la Victoire, nous arrivons à l'hôtel. Les cyclistes arrivent finalement un peu avant la voiture. Une salle au sous-sol permet de ranger nos vélos. Il est prévu de rester deux nuits, ceci permet de faire un peu de lessive et de marquer une petite pause au milieu du périple pour récupérer un peu.

Mardi 6 mai

Pour le petit-déjeuner à 9h, nous nous retrouvons tous dans la salle du bar. C'est un peu la déception devant une collation qui ne comprend qu'un café au lait avec croissant, le pain est en supplément. Nous retrouvons le régime café, croissant des gens qui vont au bureau. Certains, comme Jean-Pierre et Pierre-Yves, irons arpenter le quartier pour se trouver du chocolate con churros.

A 10h, une guide nous attend à l'entrée de l'hôtel. Je suis un peu en retard ce qui me vaut quelques sarcasmes de la part de Claudine qui, cela vaut la peine de le remarquer, n'a, jusqu'à maintenant, jamais eu le moindre retard depuis le départ !

Nous nous dirigeons vers l'ancien quartier juif. En effet, Cordoue a vécu du 8e au 15e siècle, avec la juxtaposition dans son enceinte des trois religions catholique, juive et musulmane. Au 10e siècle, elle fut la capitale du monde islamique occidental. Au 15e siècle, lorsque les musulmans ont été boutés hors de la péninsule, progressivement du nord au sud, les juifs ont pris possession des anciens quartiers musulmans de Cordoue. Le quartier que nous visitons est bien conservé, avec ses petites ruelles le long desquelles se succèdent des patios fleuris, des échoppes de petits artisans et commerçants en joaillerie, verrerie, vêtements, objets d'art en tous genres. La ville a gardé une des trois dernières synagogues qui restent en Espagne. C'est un petit édifice aux murs finement décorés en stuc.

Le monument le plus important de la ville est sans aucun doute la Mosquée Cathédrale qui occupe un rectangle de 23000 m2; et comprend près d'un millier de colonnes. A cet emplacement, se sont succédés un temple romain dédié à Janus puis une église wisigothe et ensuite la Mosquée. Sa construction commença vers 750 et elle fut progressivement agrandie. Après la Reconquête, on décida de construire, dans la mosquée même, une cathédrale de style gothique à laquelle furent ajoutés par la suite d'autres éléments baroques. Nos découvrons d'abord la cour des orangers où les musulmans faisaient leurs ablutions avant d'aller prier. A l'intérieur, outre l'harmonie des colonnes, nous pouvons admirer les stalles magnifiquement sculptées et le maître autel richement décoré.

La guide nous fait ensuite visiter quelques patios, classés parmi les plus beaux dans le cadre d'un concours annuel organisé par la ville. Ce sont des havres de paix, délicieusement fleuris, souvent rafraîchis par une fontaine, les murs décorés d'azulejos aux couleurs vives, les fenêtres protégées par des ferronneries très travaillées tout cela nous imprègne de l'art de vivre.

Vers midi, nos abandonnons notre guide. Des petits groupes se constituent, d'abord, pour trouver un restaurant, puis, pour organiser le programme de l'après-midi. Patrick, Pierre-Yves et Dany sans perdre une minute rentrent à l'hôtel car ils ont opté pour une randonnée d'une centaine de km dans les montagnes environnantes de la ville. D'autres, après le repas, découvrent que les jardins de l'Alcazar, un des lieux les plus touristiques de la ville, sont fermés une partie de l'après-midi. Il en est de même de l'exposition sur les trois religions, installée dans la tour de la Calahorra. Vers 16h30, nous partons à 5, les Auzet, Jean-Pierre, Bernadette, Chantal et moi pour une petite balade en vélo sur les hauteurs de la ville.

Le dîner est pris dans le même restaurant qu'hier soir. Roland, nous offre un pot pour se faire pardonner de nous avoir abandonnés pendant près d'une demi-journée avant d'arriver à Alcala la Real.

Mercredi 7 mai

Au programme : étape de Cordoue à Lora del Rio d'environ 100km. Au départ, nous prenons la route vers Santa Maria Trassierra, en haut de la côte de 400 m de dénivelé sur quelques km, la seule difficulté de la journée d'après le programme, nous marquons une pause café avant de repartir pour le site archéologique de Madinat Al-Zahra.

Le site, d'une superficie de 112 hectares, permet de retrouver ce que fut la nouvelle ville construite après 926, date de la proclamation de l'Etat Califal dans l'Al-Andalus, pour servir de résidence personnelle au calife et de siège pour les organismes de l'Administration de l'Etat. La ville en forme de rectangle fut projetée comme un grand centre urbain situé à l'ouest de Cordoue, au pied des derniers contreforts de Sierra Morena, dans un endroit aux paysages variés. L'adaptation à cette topographie de contreforts de montagne détermina la disposition en terrasses de ses édifications. Le calife Abd al-Rahman décida cette construction qui correspondait à sa dignité et à son statut pour concrétiser son désir d'ostentation et de représentation. Cordoue à cette époque était la capitale occidentale du monde islamique. Cependant son existence de cette ville nouvelle fut brève et sa destruction commença vers 1010 -1013 à la suite de luttes internes qui provoquèrent la chute du califat. Pendant des siècles, Madinat Al-Zahra, fut soumise à une spoliation systématique de ses matériaux. En 1911, les premières fouilles permirent sa découverte.

Nous prenons plaisir à sillonner le site suivant les explications d'un dépliants distribué à l'entrée. Un salon, destiné aux réceptions politiques, est très bien conservé. La décoration exubérante des murs en pierres, les colonnes en marbre, tout cela étaient destiné à impressionner les visiteurs illustres de passage.

Nous repartons en direction d'Almodovar, un gros bourg dominé par un château fort perché sur un promontoire. Quelques-uns d'entre nous seront tentés d'y grimper pour avoir une vue étendue sur la plaine environnante. Ce château permettait ainsi de surveiller la route de Cordoue à Séville.

Nous nous retrouvons tous pour le pique-nique, quelques km plus loin au milieu d'un champ d'oliviers. Robert et moi offrons un pot à l'occasion de nos anniversaires avant de déguster le poulet froid, des melons d'Espagne, du concombre rafraîchissant et du fromage que Marie-Louise et Paco ont achetés ce matin.

Nous repartons ensuite en direction de Fuente Palmera, en suivant la vallée du Guadalquivir sur des routes plates sans difficulté, au milieu d'orangeraies magnifiques avec des haciendas représentatives de la richesse de leur patrimoine. Nous faisons des regroupements réguliers. En fin de journée, quelques-uns choisissent de faire un petit diverticule sur les hauteurs de la Sierra Morena vers un lac de retenu.

Le soir tout le monde se retrouve à l'hôtel El Alamo un peu en dehors de la ville de Lora del Rio. L'établissement moderne est de très bon standing.

Au restaurant, le groupe des abeilles est animé. C'est le dernier soir que nous passons avec les Auzet qui doivent rentrer dès demain pour un mariage le WE prochain. Colette et quelques volontaires se sont associées pour acheter un beau coffret à bijoux, en cuir de Cordoue, pour Marie-Louise ainsi qu'un livre sur l'Andalousie et, pour Jojo, un Azulejo décoré avec un cycliste et une assiette murale.

Jeudi 8 mai

L'étape du jour de 80 km, doit nous permettre d'arriver à Séville en suivant la vallée du Guadalquivir. Les Auzet, nous quittent après le petit-déjeuner. Ils vont rejoindre Séville par la route la plus directe pour reprendre l'avion pour Paris en fin de journée.

Nous choisissons une route un peu différente de celle du programme pour avoir moins de circulation. Nous découvrons d'immenses champs de maïs, de coton, la région en produit beaucoup, et encore des grands champs d'orangers. Les fruits sont mûrs et nous profiterons d'une crevaison de la roue arrière de Roland pour goûter quelques bonnes oranges cueillies directement sur les arbres.

Nous avons la chance d'avoir un temps très correct alors que de graves inondations touchent le nord de l'Espagne.

A midi, pour le pique-nique, impossible de nous approcher du Guadalquivir pour manger au bord de l'eau et nous nous retrouvons dans une ville de banlieue, San José de la Riconada, très étendue, aux bâtiments uniformes. Après un long moment de discussion et de tâtonnements, Dany nous propose un coin de verdure près d'une usine agroalimentaire. Nous prenons notre temps, on sent la fin du séjour, les concertations sur l'itinéraire à suivre prennent beaucoup de temps, le redémarrage après le repas est plutôt lent. Finalement, nous arrivons à Séville, traversons la ville, à peu près groupés pour parvenir à l'hôtel Plazza en plein centre ville. La tête du réceptionniste de l'hôtel nous indique immédiatement qu'il y a un problème quand Dany lui demande où ranger les vélos. L'espagnol demande à voir Paco mais ce dernier est parti accompagner les Auzet à l'aéroport et il ne sera de retour que dans une heure environ. Nous attendons donc sur le trottoir et, au retour de Paco, il faut encore de longues discussions avec le patron de l'hôtel avant que ce dernier ne propose un garage gardé à quelques centaines de mètres de l'hôtel pour ranger nos vélos. Nous nous y rendons à pied par des rues piétonnes, au milieu d'une foule nombreuse dans ce centre ville.

Chacun en profite ensuite pour faire un petit tour dans le quartier avant le dîner prévu à 21h.

L'hôtel est un bel établissement qui reçoit beaucoup de groupes. La salle à manger est bruyante, le repas est vite servi et desservi. Déjà des projets s'élaborent pour demain, un petit groupe prévoit de faire du vélo tandis que la majorité envisage de visiter Séville.

Vendredi 9 mai

La journée est libre, chacun peut choisir son programme. Un petit groupe de 6 stakhanovistes de la pédale choisissent d'aller rouler toute la journée. Ils se feront emmener en voiture par Paco jusqu'à la mer, à une centaine de km au sud de Séville pour rentrer en vélo jusqu'à l'hôtel. Les autres profiteront de cette belle journée pour visiter Séville. Le matin Marie-Louise emmène un petit groupe vers la cathédrale, une ancienne mosquée reconvertie en un énorme édifice rococo, situé dans la vieille ville. Elle accueille, en ce moment, un événement assez rare, la canonisation d'une sœur sévillane, Sœur Angela morte en 1932. Une foule fait la queue sur plus de cent mètres pour vénérer la chasse où se trouve le corps en cire, il semble, de la Sainte. Certains d'entre nous y passeront un peu de temps, ils assisteront à une partie de la cérémonie et seront transportés par l'ensemble de trompettes et de tambours qui fait vibrer la foule.

Séville est riche en monuments et sites intéressants. Près de la cathédrale, se tasse l'ancien quartier juif, la Juderia, composé de petites ruelles sinueuses, de patios tranquilles, décorés de plantes vertes, de fleurs et d'azulejos sur les murs.

Toujours dans cette vieille ville se trouve le magnifique palais royal de l'Alcazar avec ses jardins que certains trouvent moins beaux que ceux de Cordoue. C'est là que la famille royale d'Espagne s'installe quand ils séjournent à Séville. C'est également dans ces lieux que Charles Quint épousa sa cousine Isabelle du Portugal en 1526. Certaines salles, notamment celles des ambassadeurs, sont de véritables joyaux. Le patio des demoiselles est un havre de paix. La construction de cet édifice s'est réalisée pendant une période où les trois grandes religions vivaient en bonne cohabitation et cet ensemble inspire une certaine sérénité. A proximité se trouvent le jardin Murillo avec le mémorial Christophe Colomb puis un peu plus loin le jardin Maria-Luisa très riche en variétés botaniques exotiques à proximité, se trouve la fameuse place d'Espagne entourée d'un bâtiment en demi-cercle, elle est très harmonieuse, décorée de faïences et d'azulejos représentant les différentes provinces d'Espagne. Malheureusement, il y a de nombreuses dégradations et l'entretien laisse à désirer.

Séville, c'était aussi l'exposition universelle de 1992, installée sur l'île de la Carthuja. Malheureusement, beaucoup des pavillons ne sont plus entretenus, d'autres ont été transformés en musée comme celui du Maroc qui est devenu le musée des trois religions méditerranéennes.

Le soir à 19h45, tout le monde de retrouve à l'hôtel pour prendre le repas toujours vite servi et vite débarrassé par le personnel efficace. Ensuite Paco, nous emmène encore dans la vielle ville mais cette fois, c'est pour assister à un spectacle de flamenco qui nous interpelle autant pour la qualité artistique que pour la prestation sportive des artistes.

Sur la route du retour vers l'hôtel la douce température, l'animation qui règne encore à cette heure tardive, les petits orchestres de musique classique qui rassemblent de nombreux promeneurs, nous donnent envie de nous attarder malgré la fatigue.

Samedi 10 mai

Nous voici arrivés au dernier jour de notre séjour en Andalousie. Marie-Louise et Paco demandent que les vélos soient emballés et chargés dans le bus qui nous emmènera à l'aéroport à 14h30. Au petit déjeuner, Marie-Louise et Jojo offrent à Paco une enveloppe au nom du groupe en remerciement pour l'attention et l'aide qu'il nous a apportées au cours de ces 10 jours en s'adaptant, autant que faire se peut, à nos particularismes...

Il fait beau et il nous reste une demi-journée pour profiter une dernière fois de Séville. Les rouleurs d'hier en profitent pour visiter les principaux monuments de la ville d'autres prendront leur vélo pour étendre leur rayon de visite intra muros.

En fin de matinée, une nuée d'Abeilles s'active sur le trottoir en face de l'hôtel, entre les vélos, les cartons et les passants. Il n'y a pas d'énervement juste un peu de fébrilité. Vers 14h, Paco nous annonce que le bus arrive. Il ne peut venir jusqu'à nous car près de l'hôtel il n'y a pas de place pour stationner, il s'arrête dans une rue voisine. Les bagages sont chargés en partie dans le bus et, en partie dans la remorque de Paco, ce qui causera quelques troubles à certains pour vérifier si rien n'est oublié. Finalement, nous quittons le quartier vers 14h40 et arrivons avec une avance confortable à l'aéroport presque désert et un peu assoupi à l'heure de la sieste. Nous chargeons nos bagages sur les caddies et roulons les vélos à la main vers les guichets d'embarquement. Une hôtesse nous accueille, nous invite à dégonfler un peu nos pneus et enregistre les billets que certains ont du mal à retrouver dans leurs bagages. C'est alors que Roland s'aperçoit que l'un de ses bagages a disparu du caddy où il l'avait laissé quelques secondes auparavant au milieu de notre groupe. Nous essayons de reconstituer ce qui s'est passé. Lorsque nous sommes arrivés au guichet il n'y avait qu'une femme étrangère au groupe. Celle-ci a demandé des informations à Margot et Jacqueline à proximité du chariot où se trouvait le sac et c'est, certainement ainsi, en détournant leur attention, elle a du en profiter pour s'emparer du sac et s'éclipser. Heureusement, Roland portait sur lui son portefeuille et ses papiers.

En passant les bagages à main aux rayons X, Margot devra laisser son petit couteau de poche, un souvenir de 50 ans, à la douane. Les attentats du 11 septembre 2001 de New York ont encore des conséquences aujourd'hui !

Après une halte d'une heure à Madrid où nous pouvons assister au déchargement et rechargement de nos vélos, fait avec assez peu de ménagement, nous redécollons pour Paris. Nous arriverons avec un peu d'avance sur l'horaire prévu. Heureusement pour ceux qui comptaient prendre le VAL car ce dernier ne fonctionne que jusqu'à 23h, ce qui leur permettra d'attraper le dernier ou presque. D'autres s'attardent un peu dans l'aéroport pour des adieux chaleureux, sachant toutefois que lundi soir nous nous retrouverons à peu près tous à la réunion mensuelle.

Encore une semaine Abeille qui laisse son lot d'agréables souvenirs, ses péripéties drôles ou embêtantes mais toujours bien assumées par un groupe qui sait s'entraider et voir les choses du bon côté pour ne pas se paralyser.

Une telle organisation demande une compétence, une attention, une disponibilité que Marie-Louise et Jojo ont su mettre à la disposition de l'Abeille dans la mise en place et la négociation du projet dans cette belle région d'Espagne dont nous leur sommes énormément reconnaissants. Nos remerciements s'adressent également à Colette, Margot et Brigitte qui, ne faisant pas de vélo, nous ont accompagnés dans la voiture de Paco en réglant chaque jour les petits problèmes d'intendance qui rendent la randonnée tellement plus agréable.

L'Andalousie ne sera plus pour nous un air de flamenco ou une image de torero mais une région pleine de contrastes, terre d'union entre deux continents, l'Europe et l'Afrique, avec ses trois influences culturelles, juive, catholique et musulmane. Comme à l'Abeille, c'est un pays qui s'est enrichi de ses différences.

Henri Courmont avec la participation de Colette Bernard

Les participants à la semaine Abeille 2003 :

Marie-Louise et Georges BOURGEOIS
Claudine et Christian AUZET
Bernadette GAYET
Jean PELCHAT
Margot SAIZ
Jean-Pierre SMITH
Pierre-Yves BORG
Roland VERY
Colette et Jean-Claude BERNARD
Jacqueline et Robert RENARD
Arlette et Patrick LETAILLEUR
Annick et Dany PIOT
Brigitte et Jean-Luc GERMAIN
Marcel DANIEL
Chantal et Henri COURMONT
 
"Le Cyclotourisme, un art de vivre"