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Semaine Abeille en Poitou-Charente
Début juin 2000

Par Jean-Pierre Smith
http://abeille-cyclotourisme.chez-alice.fr/

Le premier juin 2000, un nombre impressionnant d’abeilles se retrouvaient aux Herbiers pour la semaine Abeille Poitou-Charente. Michel étant l’organisateur, chacun avait apporté son vélo, ses moufles et ses après-ski.

Et pourtant, il faisait encore beau.

Les BPF étaient au rendez vous : Pouzaugues (85), Cerisay (79), Argenton-Chateau (79), Montreuil-Bellay (49), Oiron (79), Parthenay (79), St Benoit Bourg (86), Exoudun sans personne pour donner un coup de tampon (79), Aulnay (17), Talmont (17), St Pierre d’Oléron (17), Brouage (17), Fouras (17), Ars en Ré (17), Maillezais (85), Mervent (85), Talmont St Hilaire (85), Noirmoutier en l’Ile (85), Chinon sur la Loire, et j’en oublie.

Les kilomètres aussi étaient au rendez-vous : de l’ordre de 1200 Km au compteur avant de rentrer à Paris en vélo via Chinon et Bourgueil (et ses spaghetti à la Carbonara), sans Jocelyne qui a préféré se réserver cette flèche pour l’année prochaine.

La semaine a commencé par une chasse aux clés d’hôtel : tous étaient partis par des routes différentes et certains avaient emporté les clés des chambres, pour permettre à Michel de démontrer ses aptitudes à nous pister en voiture et surtout pour donner un prétexte crédible au premier apéro de la semaine.

On dit que certains ont même vu des huitres traverser la route du coté d’Oléron. Pas de chance pour ces jeunes huitres inexpérimentées qui n’avaient pas compris la dure loi de l’Abeille. Il faut dire, pour leur défense, qu’il y a probablement peu de cyclotouristes qui se déplacent encore de nos jours en vélo avec un couteau ouvre-huitres dans leur sacoche de guidon.

Alors on a vu des châteaux sans châtelains, des phares sans éclairage, des moulins à vent qui s’arrêtent de tourner la nuit, visité des églises, une corderies, un chantier naval, des cafés (beaucoup), des ponts sur l’océan, des ports, des restaurants, Mamie Chocolat, des chemins de terre perdus au milieu des salines. On s’est perdus, souvent : chacun suivait avec résolution et application son propre chemin, et Michel s’escrimait à toujours retrouver tout son monde, entre deux crevaisons de son pneu arrière. Ensuite, il fallait rouler à près de 30 face au vent pour retrouver Monique, partie toute seule vers un hypothétique point de ralliement.

Entre deux averses (une marque déposée des organisations Michel Bardin), on a su apprécier les arrêts de midi, toujours magnifiquement choisis par nos accompagnatrices qui avaient oublié leus vélos, avec une abondance raisonnable de nourriture et de carburant, et dans un crescendo d’apéros : un vrai feu d’artifice.

Et pourtant, Dany et Annick n’étaient pas avec nous.

Dans le marais qu’on a visité en vélo (c’est plat), on a même abandonné furtivement nos vélos pour faire un tour en barque dans des bras d’eau où jamais la main de l’homme n’avait encore mis la roue. Des vraies vacances !

Aux Herbiers, spectacle du Puy du Fou, sous une pluie bien froide. Quel bonheur de pouvoir ainsi tester nos gore-tex et constater ainsi l’infortune des touristes piétons obligés de s’abriter sous des capes achetées chez Mickey, à Eurodisney. Un spectacle époustoufflant, mais quel travail cela doit être de reconstruire ce château chaque jour, pour pouvoir le redétruire chaque soir. Pour retourner aux voitures (oui, aux voitures) après la fin du spectacle sous la pluie (oui, sous la pluie), certains se sont perdus. On dit que d’autres auraient erré cinq heures avant de pouvoir sortir du parking. Certains sont néanmoins parvenus à rentrer à l’hôtel pour dormir.

Le jour de repos, on a roulé aussi, mais sur des pistes cyclables. C’est ainsi qu’on a pu visiter pas une, pas deux, mais trois îles, à vélo, et sans avoir à nager pour y arriver. On a commencé par l’île d’Oléron, en plein vent, on a poursuivi par l’île de Ré, avec des parties de stock-vélo sur les pistes cyclables locales, et on a terminé par l’île de Noirmoutier. A chaque fois, Michel avait pensé à faire construire un pont pour que nous puissions passer. Les ponts étaient bien là, mais Michel avait oublié de faire arrêter le vent. Aucune organisation n’est parfaite !

En dehors des îles, on a visité le Poitou et son marais, la Charente et ses collines, la côte Vendéenne et ses routes côtières où on se perd toujours. Ça n’a pas raté, et a permis à André Vanlaethem de nous laisser sur place, avec Jean Pelchat, dans un sprint époustoufflant à une pancarte d’arrêt de midi, justement chez des Abeilles en vacances. L’hospitalité y a d’ailleurs été parfaite, comme toujours, même si certains ont du tourner 30 Km de plus dans les rues du village pour retrouver Jocelyne qui s’était perdue en voulant attendre André qui l’avait pourtant doublée depuis bien longtemps.

Bref une semaine Abeille comme on aime. Des beaux paysages, Michel très calme face aux événements imprévisibles, une organisation infissurable en dépit des efforts hostiles des hôtels qui cassent bêtement leurs fours, des Abeilles qui butinent partout où on peut poser la roue, des chambres à air qui crèvent obstinément, du temps qui s’en est mêlé et d’un tas d’autres impondérables fâcheux.

Un seul regret: on n’a pas pu mettre nos moufles, ni nos après-skis, et on ignore toujours qui est Mamie Chocolat. Pour le reste, tout était parfait et la bonne humeur de tous était au rendez-vous.

Jean-Pierre

"Le Cyclotourisme, un art de vivre"