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Flèche de Bordeaux

(694 km (ACP + 10%) ; 5010 m à monter (ACP + 19%) ; du jeudi 29 juin au samedi 8 juillet 2017)

par Daniel, Henri, Jean-Pierre et Laurent, par ordre d'entrée en scène
https://www.abeille-cyclotourisme.fr/souvenirs/2017_fleche_bordeaux.html

Jeudi 29 juin. Paris Pied de cochon (contrôle), Jouy en Josas (Contrôle), St Arnoult en Yvelines (contrôle), Auneau (82 km, 749 m)
Par Daniel

Nous avons choisi le départ différé à Jouy en Josas, compte tenu de la proximité de nos domiciles respectifs. Initialement prévu à midi, le départ a été avancé à 10h30, en raison de la météo qui prévoit des orages dans l'après-midi. Laurent et Henri sont arrivés bien en avance à la gare de Jouy. Jean Pierre arrive à l'heure juste et moi-même avec 5mn de retard.

Memorial Jacques Anquetil
Memorial Jacques Anquetil à Chateaufort

Comme nous devons "pointer" à Jouy, notre premier soucis est de trouver un bistrot. "Le Bonnard", situé sur la petite place de l'église, nous offre une agréable terrasse ensoleillée. Daniel pointera les quatre Voyages Itinérants, Laurent pointera les quatre cartons de flèche, Jean-Pierre continuera à tenir sur son téléphone les comptes de la collectivité et chacun rédigera une part de compte-rendu pour la postérité reconnaissante.

Nous nous mettons en route sur un itinéraire bien connu des cyclos d' Ile de France: Les Loges en Josas, Toussus le Noble, Chateaufort. À St Rémy les Chevreuse, il est déjà l'heure du pique-nique.

Redémarrage après un ptit café! mais sans sieste! Pas assez de fatigue et trop de fraicheur dans l'air. À la sortie de la forêt de Rambouillet, le ciel est sombre et menaçant. Près de St Arnoult (pointage), premier grain. Tout le monde s'équipe, sauf Laurent qui parie sur la brièveté du grain. Devant la persistance de la pluie, il consentira à revêtir sa cape. Il faut reconnaître que, par vent contraire, la cape a un effet frein impressionnant.

Encore quelques grains en Beauce, puis le soleil refait son apparition. Les gouttes de pluie déposées sur les porte cartes, sous l'effet du soleil rasant, brillent comme des diamants.

Arrivée à Auneau vers 18h, sans orage. La chambre d'hôtes est confortable, voire même un peu luxueuse, mais un peu chère. Auneau n'est pas réputé pour sa gastronomie, mais nous nous régalerons chez l'Egyptien d'un couscous pour les uns, d'une tagine pour les autres, après avoir pris la traditionnelle bière (de Saint Omer) chez le chinois sur la place du village.

Nuit au R'epi de Beauce, 25ter rue Jean Jaurès, 28700 Auneau. 0625 02 7185.

Vendredi 30 juin. Auneau, Marchenoir (contrôle), Villeneuve-Frouville. (98km, 254 m)
Par Henri

Après un solide petit déjeuner en compagnie de nos hôtes, nous partons à 8h45 pour une traversée de la Beauce. Le ciel est uniformément gris et menaçant. Après ¼ d’heure de route la pluie fait son apparition et notre journée sera régulièrement ponctuée d’averses. Nous devrons également affronter un vent de face qui ralentira notre progression. Laurent est parti avec sa cape de pluie qui se transformera rapidement en aérofrein. Nous empruntons la route du blé en Beauce, itinéraire créé pour valoriser le patrimoine de la région. Pour les cyclistes, les grandes cultures sont synonymes d’absence d’arbres et de monotonie des paysages.

Moulin
Moulin
Château de Cambray
Château de Cambray

Sur notre route nous longeons le château de Cambray. Il nous offre le confort d'une allée d'arbres. Confort visuel et de protection face au vent.

Fresque de tracteur
Fresque de tracteur
Chatgeau de Lierville
Château de Lierville, à Verdes

Nous faisons une halte à Orgères en Beauce pour acheter des provisions pour midi et, compte-tenu du temps, nous allons directement au bar du coin pour un café et nous restaurer à l'intérieur. Une fresque de tracteur attire l’attention de Jean-Pierre. Sur notre route, nous longeons le château de Lierville, juste avant Verdes.

À Marchenoir nous pointons notre flèche et allons au café prendre un pot avant la fin de cette étape difficile et peu agréable. Le seul bar se trouve dans une sorte de centre commercial situé à l’extérieur du village.

Dans le dernier kilomètre avant d'arriver, nous débusquons des gendarmes cachés derrière le mur du cimetière avec leur appareil à détecter les excès de vitesse. Nous finissons notre chemin en arrivant dans une ferme auberge où un couple d’octogénaires fort sympathiques nous attend pour une agréable soirée. Ils ne servent le repas que pour les marcheurs ou les cyclistes. Madame nous a préparé un énorme gâteau aux abricots. Monsieur est cycliste et participe aux vélo-fourchettes organisées pour les cyclos seniors du département.

Nuit chez Mr et Mme Pohu à la Metairie, 5 place de l'église 41200 Villeneuve-Frouville, tel 0254 23 2206.

Samedi 1er juillet. Villeneuve-Frouville, Chenonceaux (BPF 37), Luzille. (84 km, 406 m)
Par Jean-Pierre

La patronne, Mme Pohu, nous confie qu'elle ne fait à manger qu'aux marcheurs ou cyclistes. Elle le fait bien, très bien même.

Pidej luxueux, excellentes confitures. Nous la félicitons. On parle de la rivalité entre Oucques et Marchenoir, on parle des maires qui ont chacun leurs obligés à satisfaire en priorité, au détriment de la collectivité. Conviction unanime: les politiques sont tous des pourris. Ces grandes pensées échangées, on peut maintenant rouler. Départ à 8h45. Il nous faut aller jusqu'à la Loire. Le vent a viré à l'ouest et on roule sud. Parfois on a le vent contraire, par le travers. Parfois il est favorable, toujours par le travers.

Chez les Pohu
Chez les Pohu
Ralentir !
Ralentir !
Cafe a Herbault
Café à Herbault

À mi chemin avant la Loire, café, à Herbault. Là, nous apprenons par le patron, aux accents Front National, que les alcools sont maintenant taxés au profit de la securité sociale: dans les 2,20€ par bouteille de pastis. Moralité: les politiques s'en mettent plein les poches. Ces grandes pensées échangées, on peut maintenant rouler.

On fait les courses à Onzain, juste avant Chaumont sur Loire. La bouchère-charcutière-traiteur a dans son magasin une grande photo encadrée de coureurs cyclistes, de 2001. L'un des coureurs à un vélo Cervelo et le logo du photographe sur son cuissard. Il y avait pourtant là, sur ce cuissard, le logo de Garmin (car il était de équipe Cervelo-Garmin) mais le photographe a changé tout ça pour sa promotion. Là charcutière est toujours pote avec le patron de Cervelo, ce qui est tout à son honneur. Elle fait aussi un bon taboulé-steak hache-œuf en gelée, ce qui frise la perfection. Avec un avocat de l'épicière, cela fera un bon repas.

La Loire
La Loire
Panneau EuroVeloRoute6
Panneau Eurovelo route 6
Fresque a Chaumont sur Loire
Fresque au café de Chaumont sur Loire

On traverse la Loire. De l'autre côté, côté Chaumont sur Loire, passe l'Euroveloroute 6, fléchée vélo mais non dénommée Eurovéloroute 6. Ici, c'est juste la voie cyclable de la Loire. C'est là, sur le bord de la Loire, qu'on pique nique avant la pluie et qu'on trouve un café. La météo allemande de mon téléphone avait promis qu'à 14h, la pluie du matin cesserait. Pourtant, ce matin il n'a pas plu, jusqu'au pique-nique, sans sieste. Car à 14h, la pluie commence, pour ne cesser que le soir après une violente averse, à l'heure de la bière, heureusement arrivés à l'hotel. Il y a de la plainte dans l'air.

Chenonceaux
Château de Chenonceaux

Pour aller au Chateau de Chenonceaux, on file vers le Cher, qu'on longe alors vers notre gauche (l'amont) par la piste cyclable de sa rive gauche vers le château. Graviers. C'est pour pointeur BPF, BCN et VI, et plus si affinités. Un beau tampon ! Toutefois, de ce point qui est la caisse d'entrée du château, on ne voit pas le Château. Il faudrait entrer (en payant) pour le voir. On rebrousse donc chemin, on re-traverse le Cher au pont, pour aller, par la piste cyclable de l'autre rive (droite), voir le Chateau. La vue est parfaite. Il y a une entrée du chateau, mais elle est verrouillée. On n'entre que par la rive gauche.

Chenonceaux
Château de Chenonceaux
Hotel du Mail
Hôtel-restaurant du Mail

Ensuite, on termine l'étape tranquillement jusqu'à Luzille. L'hôtel nous attend calmement au centre bourg, nous y négocions avec patience et détermination un abri couvert pour les vélos. Négociation conclue, la dame sert des bières pression et fournit les cacahuètes. Ce soir, nous dînons à l'hôtel, a 19h30. Une bonne étape de repos pour nous retaper de la dure journée venteuse d'hier (du 30).

Hotel-restaurant du Mail, 12 rue du Général de Gaulle, 37150 Luzillé.

Dimanche 02 juillet. Luzillé, Loches (contrôle, BPF 37), Angles sur l'Anglin (BPF 86), Saint-Savin. (102 km, 859 m)
Par Laurent

LochesAprès notre départ sous un ciel humide de Luzillé, nous reprenons notre chemin vers le Sud dans le paysage varié et les routes faciles des châteaux de la Loire à destination de Loches où nous faisons quelques courses pour le déjeuner. Après une halte-tampon BPF à l’office du tourisme, nous passons sous l’arche du bel hotel de ville pour jeter un œil sur les quartiers historiques et les rues montant vers le logis royal d’époque renaissance perché au sommet d’un promontoire. Pendant que Daniel, Jean-Pierre et Henri sacrifient en terrasse au traditionnel café, bien adapté à l’ambiance automnale de ces premiers jours de juillet. Laurent part recueillir les cachets de la Flèche au château pour un souvenir imprimé du plus bel effet destiné à l’homologation sur nos cartons de l’Audax Club Parisien.

Unique cafe
Unique café

Les emplettes ayant rejoint nos sacoches selon les préférences gastronomiques de chacun, nous reprenons notre route de plus en plus arrosée vers le Grand Pressigny où nous trouvons refuge dans l’unique café, seul lieu animé du village sur la place centrale, qui accepte très aimablement que nous mangions nos provisions au sec sous réserve de quelques consommations.

Après avoir repris nos « chevaux » et traversé rapidement la Roche Posay sans que nous ayons besoin de nous arrêter pour tester les crèmes dermatologiques locales, le soleil restant caché et la pluie ayant eu le bon goût de s’arrêter, nous parvenons enfin à l’un des plus beaux BPF de France à Angles sur l’Anglin. Dominé par sa forteresse construite en 1025 par l’évêque de Poitiers au sommet d’un éperon rocheux dominant la vallée, c’est un des Plus beaux villages de France, très pittoresque et fréquenté, mais dont les vieilles rues gardent leur charme d’un autre temps. Après que Daniel ait recueilli à l’office du tourisme les tampons destinés à valider nos cartons de Voyage itinérant, les Abeilles s’envolent en ordre dispersé pour découvrir le centre historique depuis le belvédère dominant la rivière en contre-bas. Toutes sauf Jean-Pierre emporté par son élan sur l’itinéraire GPS qui dévale jusqu’à la rivière et que nous apercevons tout en bas sur le pont poursuivant le parcours. Nous nous le hélons depuis notre vigie, lui-même étant un peu inquiet de nous avoir perdus, et le pauvre Jean-Pierre en est quitte pour grimper la rue fort inclinée qu’il avait dévalée joyeusement quelques minutes plus tôt. Se retrouver dans le labyrinthe pentu des ruelles n’est pas si facile, surtout à vélo, et je vais au-devant de lui que j’ai le plaisir de retrouver là où nous nous étions quittés. Quelques boissons sur la terrasse panorama du café idéalement placé dans le centre historique nous permettent de nous remettre de nos émotions et de reprendre quelques forces pour finir notre étape (presque 20 kms à parcourir après les 85 du matin).

Angles sur l'Anglin
Angles sur l'anglin

Nous parvenons enfin, après avoir essuyé à nouveau quelques gouttes, à Saint Savin sur Gartempe, ancien bourg dominé par son abbaye le long de la rivière et où l’hotel de France, en plein centre et malgré son aspect désuet, nous accueille confortablement ainsi que nos vélos, une jeune fille très aimable et souriante se mettant en quatre pour nous faire choisir selon notre préférence 2 chambres de 2 au lieu de celle de 4 initialement réservée. Il faut dire que tout est très calme ce dimanche soir et nous sommes tout-heureux de trouver une brasserie ouverte qui nous permet de manger rapidement une grillade et un dessert sur la grande place devant l’abbaye. Appelée « La Sixtine du roman » nous n’avons malheureusement pas le temps le lendemain matin de visiter ses magnifiques fresques du XIIème siècle au sommet de la nef car « rien n’arrête le cyclo » surtout quand il n’est qu’à mi-parcours d’une Flèche de plus de 600 kms…

Lundi 3 juillet. Saint-Savin, Montmorillon (BPF 86), L'île Jourdain (contrôle), Lessac. (82 km, 827 m)
Par Daniel

Nous quittons l'Hôtel de France, où l'hôtesse a été aux petits soins pour nous, et nous quittons St Savin et son abbaye riche de peintures murales uniques au monde, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Notre arrivée tardive hier soir ne nous a pas permis de les admirer.

Montmorillon
Montmorillon
Montmorillon

Montmorillon

Le ciel est gris. L'atmosphère est chaude et humide. Nous longeons la Gartempe et dévions du parcours de la flèche pour aller pointer le BPF de Montmorillon, où le soleil fait son apparition.

A Lussac les Châteaux (ancien BPF), il est déjà midi et les courses pour le pique nique s'imposent. Un lundi matin tout est fermé dans le centre du village. Heureusement Laurent envoyé en éclaireur découvre l'Intermarché salvateur.

Persac
Persac
Coin à pique-nique à Persac
Persac
Laurent et ses instruments

Pique nique mémorable dans le petit square ombragé de la mairie de Persac, agrémenté d'une fontaine généreuse. Laurent fait un impréssionnant déballage sur les bords du bassin et, comme un batteur, il joue avec tous les instruments de sa batterie d'aliments. Première sieste réparatrice avant le café du midi. Notre sommeil est bercé par le bruit mélodieux de la fontaine.

L'Isle Jourdain
L'Isle Jourdain
L'Isle Jourdain
Ancien viaduc

A l'Isle Jourdain, nous pointons le BPF à l'office du tourisme mais nous ratons la traversée de la Vienne par la piste cyclable de l'ancien viaduc du chemin de fer, ce qui nous aurait évité une belle côte sous un chaud soleil. Nous le prendrons quand même, à l'envers, pour admirer la vue sur l'Isle Jourdain.

Alternance de montées et descentes, qui sera qualifiée demain lors du même relief de "Toboggan Charentais" par Henri. À la sortie de l'Isle Jourdain, deux cyclos lourdement chargés sont passés devant nous. Nous ne les rattraperons qu'à la faveur d'un arrêt de madame.

Au café de Lessac, où l'on parle autant anglais que français, la biere fraiche est la bienvenue.

Encore quelques kilomêtres et nous arrivons au PIT ( le trou en anglais), un petit paradis perdu dans la campagne, où Mme Evritt, qui est française, nous accueille avec une dignité un peu triste de duchesse anglaise. Les chambres sont majestueuses et très confortables. Le Pinaud sera servi à l'apéritif. Le repas sera généreux et rafiné. La vie de château! (Une chambre d'hôtes à recommander vivement).

Le Pit, 16500 Lessac. +33 630 34 1411.

Mardi 4 juillet. Lessac, Saint Germain de Confolens (BPF 16), La Rochefoucauld (BPF 16), Dirac, Roullet. (103 km, 1166 m)
Par Henri

Pour cette étape Jean-Pierre a modifié le parcours de la flèche pour prendre en compte les objectifs suivants :

Le résultat a donné une étape de plus de 100 km avec 1400 m de dénivelé positive et au moins 3 côtes à plus de 15% que l’on a baptisé le toboggan charentais.

Vu le faible nombre de villages traversés nous décidons de faire les courses dès le départ à Confolens après avoir fait des photos devant le panneau de St Germain de Confolens pour pouvoir valider le 1er BPF.

Pour la première fois depuis le départ, le soleil est de la partie. Il fait même assez chaud. Cette météo nous donne des ailes et, après un arrêt café à l'ombre à La Pérouse, nous poussons jusqu’à La Rochefoucauld, 2ème BPF, où nous déjeunons pas loin du chateau dans le parc du centre hospitalier. Pour la 1ère fois nous pourrons faire la sieste après manger. Nous poursuivons dans l’après-midi en passant par Dirac.

La Rochefoucault
Chateau de La Rochefoucaulf
Château de La Rochefoucauld
Dirac
Dirac

La diversité des paysages très verdoyants est à l’opposé de ceux de la Beauce. Nous trouvons même une route bordée de pruniers où un couple est en pleine cueillette pour faire les confitures.

Pruniers
Pruniers
Pruniers
Ferme

Nous arrivons à l’étape du soir, un motel jouxtant un agréable restaurant et un bar qui nous servira une bière rafraichissante après cette chaude journée.

Mercredi 5 juillet. Roullet, Blanzac-Porcheresse (contrôle), Aubeterre sur Dronne (BPF 16), La Barbanne. (98 km, 1136 m)
Par Jean-Pierre

Il va faire chaud. Ptidej négocié à 7h15. On part à 8h: une heure d'avance sur le nominal. A Blanzac-Porcheresse (ancien BPF 16, encore pointage de la flèche), Laurent part à fond la caisse dans la mauvaise descente: celle de droite. Nous suivons tous, ce qui nous amènera néanmoins, en trombe, au centre ville où nous voulions aller pointer. On passe en fonçant dans le village, on trouve au débotté la bonne route pour sortir, on s'attaque à l'inévitable côté d'après la rivière et on loupe le pointage. Demi-tour. Pour économiser nos jambes, on pointe dans un bistrot du village qui suit immédiatement Blanzac-Porcheresse. La patronne nous rassure: tout le monde pointe chez elle car elle détient le seul bar qui soit resté ouvert. Il faut dire que Blanzac-Porcheresse a perdu sa qualité de BPF. On ne fait pas encore les courses car on est en avance, on peut aller jusqu'à Aubeterre sur Dronne. À Montmoreau, peu avant Aubeterre sur Dronne, un super U nous tend les bras. Capitaine de route en cet instant fugitif, je le méprise car Aubeterre sur Dronne n'est pas loin. La révolte gronde alors dans le peloton.

Aubeterre sur Dronne
Aubeterre sur Dronne

Aubeterre sur Dronne

Heureusement, un traiteur nous reçoit tout en bas de la descente très raide d'Aubeterre sur Dronne: taboulé pour les uns, paella avec un énorme morceau de poulet pour moi. Ensuite, on tourne en rond dans Aubeterre sur Dronne à la recherche de la bonne route qui remonte le côteau. Garmin est-il troublé par les hauts murs qui nous entourent, est-ce-déjà la faim qui nous mène à la fin du chemin ? je fais fausse route, on trouve même une route nouvellement gravillonnée spécialement pour nous qui nous ramène, après un petit détour, sur le nominal. Personne ne se plaint, ouf ! Pour manger, on veut avancer encore d'une dizaine de km vers l'aval de la Dronne. À Saint Alvayne, on trouve un plan d'eau aménagé sur une boucle de la Dronne, stabilisé entre deux retenues d'eau. On y glandouille entre 13h et 14h45: une grande sieste avec bruit d'eau fourni gracieusement par la Dronne. Il fait chaud, la température ne baisse pas, même en attendant, alors on repart dans la chaleur de la route noire inondée de soleil. Alors, 16 km avant d'arriver, à Coutras, on prend un coca, une bière ou autre chose de préférence frais. Avec la chaleur, il faut éviter de boire en excès pour compenser la transpiration et se rafraichir en buvant d'un bidon (de préférence empli de Vichy Saint-Yorre) et s'arroser la nuque de l'autre.

Arrivée tardive au camping Yellow village, vers les 18h30, entièrement desséchés. Il nous faut beaucoup d'eau pour récupérer pour la nuit. Avec les douches, les draps a mettre et la piscine du camping, on est prêts pour le dîner à 20h. Laurent, VIP de Yelloh village, a une table de 4 réservée au meilleur endroit: juste en face de la sono envahissante. Un animateur anime, deux vahinés avec leur jupette de tamouré en ficelle anti-mouches attachée au-dessus de la taille vahinent et Yelloto, la mascotte de Yelloh (une espèce de gros raton laveur violet) fait son boulot de mascotte. Au dîner, les moules-frites sont au rendez-vous car on est mercredi. On a fait les lits: la chambre du maître pour Daniel, loin des ronfleurs, une petite chambre a 2 lits pour moi et l'autre chambre a 2 lits pour nos deux ronfleurs. Il fait encore très chaud. Qui sait où iront se cacher les nouveaux couples de la bruyante soirée dansante d'à côté. On se prépare à tenter de dormir. L'intérieur du bungalow est à près de cinq degrés plus chaud que dehors. En fait, on conviendra le lendemain que l'animateur, les deux vahinés et Yeloto se sont agités en pure perte et la musique a bien vite cessé de nous casser les oreilles. Voilà une soirée qui n'a pas encouragé la reproduction de l'espèce. Faut-il le regretter ?

Yelloh ! Village, 2 lieu dit des Combes, 33330 Saint Émilion, France.

Jeudi 6 juillet. La Barbanne, Saint Emilion (BPF 33), Libourne (contrôle), Bordeaux (contrôle), La Barbanne. (99 km, 861 m)
Par Daniel

Nous ne sommes qu'à 40 km de Bordeaux, mais Jean Pierre nous a quand même concocté un parcours de 99 km avec un retour par une belle piste cyclable. Au camping, l'horaire du petit déjeuner est à 8h. Ponctuels, nous sommes dans le resto à 8h ainsi qu'un groupe de filles et un seul homme, qui font des fouilles archéologiques.

C'est à dire, tous ceux qui bossent ! Les campeurs, les vrais, dorment encore ! Ils ont bien raison, puisque nous ne seront servis qu'à 8h30. Le "préposé" au p'tit dèj, un gros nounours tout endormi, ne s'était pas levé à l'heure.

A propos d'archéologie, nous avions déjà constaté lors du Trait d'Union (tout un programme, dans ce mot) Paris-Amsterdam sur le site de Vandeuil-Caply, que ces chantiers étaient beaucoup plus efficaces que les agences matrimoniales pour trouver l'âme sœur, en raison d'un garçon pour 3 filles. En plus, avec la chaleur de l'été et du travail, on ne cache rien ou presque....

Pour atteindre St Emilion situé au sommet de la colline, ça monte !!!

Coup de tampon à la Maison des Vins de Saint Emilion et coup d'oeil sur le village. Puis nous filons à travers les vignes vers Libourne. Arrêt au Château Angelus, remarquable par la qualité de ses vins et son clocheton "en OR". Devant le château, nous discutons avec un chauffeur de bus, qui transporte du beau monde, l'état major d'AVIVA" en pleine dégustation.

Saint Emilion
Saint Émilion
Château Angelus
Château Angelus

Il a son idée sur les vins biologiques: seuls 2 châteaux, selon lui, sont dignes de cette appellation: Château COUTET et Château Ausonne. Les autres, dit-il, quand ils traitent, sont habillés comme des cosmonautes. Cela en dit long sur la nature des produits employés !!!

Mairie de Libourne
Mairie de Libourne
Grande place de Libourne
Grande place Abel Sonchamp

Après cette leçon d'oenologie, nous reprenons la route pour atteindre Libourne, où Laurent retrouve sa caserne et la maison qu'il a habitée quelques années. Petit café sur la place Abel Surchamp, face à la Mairie, coup de tampon et en route vers Bordeaux.

Pendant 6km , nous longeons la N 89 à double voies. Très peu recommandé, mais inévitable.

A Tresses, il est midi. Courses à PROXI et pique nique dans le jardin public qui borde l'école communale. Notre sieste cette fois ci sera bercée par le joyeux fond sonore de la récréation.

Température élevée et degré d'humidité important! Résultat on se traîne.

Pont de pierre
Pont de pierre
Ecluse desaffectee
Écluse désaffectée
Grand bar Castan

L'entrée dans Bordeaux est longue et sans intérêt jusqu'au moment où nous débouchons sur les quais. Traversée de la Gironde par le Pont de Pierre. Vue superbe sur les quais de la rive gauche ! Nous allons chercher notre dernier tampon à "la Fondation pour la culture et les civilisations du vin" dont la mission est de "Rendre accessible au plus grand nombre le patrimoine universel et vivant du vin en offrant un regard renouvelé et innovant". Vu le monde qui s'y presse, la mission est réussie. FIN de la Flèche Paris-Bordeaux.

Encore un petit plaisir gastronomique dans un café recommandé par Laurent avec vue sur le Pont de Pierre. Nous nous régalons de glaces et de tartes fines aux pommes.

4 heure ont sonné depuis longtemps. Rentrerons-nous à St Émilion à vélo ou par le train de Libourne ?

Vendredi 7 juillet. Saint-Emilion : Escapade dans l’Entre-Deux-Mers
Par Laurent

Saint EmilionNotre destination de la Flèche Paris-Bordeaux ayant été atteinte la veille, nous nous offrons le lendemain un itinéraire oeno-touristique d’une cinquantaine de kilomètres vers les terres entre Dordogne et Garonne qui forment avant que les deux cours d’eau se rejoignent dans l’estuaire de la Gironde la région de « l’Entre-Deux-Mers ».

RestoRestaurant au bord du lac

Nous quittons le camping de St Emilion vers le Sud en direction de Branne puis du petit village de Faleyras où nous avons convenu avec le vigneron de visiter en fin de matinée une exploitation fréquemment récompensée au Concours Général Agricole de Paris pour son vin blanc sec et fruité, le fameux «Entre-Deux-Mers » (Le Château Chantelouve dont j’ai gardé précieusement l’adresse après deux ans de résidence professionnelle dans la région). Dans une zone vallonnée de polyculture, à quelques kilomètres seulement de la zone d’appellation Saint Emilion, c’est une affaire familiale depuis plusieurs générations comptant une cinquantaine d’hectares de vignes et proposant des produits d’un remarquable rapport qualité-prix comme nous avons pu constater suite à la dégustation : après le rosé au délicat parfum de fraise, le blanc sec nous a bien rafraichi avant d’attaquer les rouges de la maison, le Château Chantelouve puis le Roc de Lavergne élevé 12 mois en fûts de chêne pour un vin bien charpenté et équilibré, récemment promu « Bordeaux supérieur » et dont Daniel comme moi sommes devenus clients. La machine à vendanger permet une récolte à maturité de chaque parcelle au bon moment ce qui participe au résultat obtenu au bout du long et complexe processus de vinification et d’assemblage, détaillé avec passion par notre hôte pendant l’heure et demie de notre visite.

Après avoir déjeuné d’un prix modique dans un petit restaurant au bord d’un lac à quelques kilomètres (6 euros seulement la bouteille de Bordeaux, vendue au prix de la cave par la restauratrice pour faire découvrir les vins de son mari : heureuse tradition régionale dont nous profitons…) nous suivons les conseils de nos voisins de table, intéressés par notre périple à vélo, pour aller voir l’abbaye de la Sauve Majeure et ses imposantes ruines et chapiteaux romans sur la route du retour.

Abbaye
Abbaye

Le soleil et la chaleur étant revenus après déjeuner nous apprécions les ombrages de la piste cyclable Roger Lapébie sur l’ancienne voie ferrée reliant Créon à Sauveterre de Guyenne, et profitons avec nos montures d’un parfait enrobé et notamment d’un long tunnel éclairé, à la fraicheur très agréable et réservée aux cyclistes…Nos roues nous mènent par le chemin inverse de l’aller en haut du village de Saint Emilion où de cruels pavés et l’agitation touristique s’allient à la raideur de la côte pour nous donner envie de rejoindre au plus vite la piscine de notre camping, situé sur la route de Montagne.

Piste cyclable
Piste cyclable
Piste cyclable

Samedi 8 juillet. La Barbanne - Libourne - Paris
Par Jean-Pierre

Jour de retour, en deux fournées correspondant à deux trains, pour tenir compte de la très faible capacité en vélos offerte par les TGV. 

Nous partons par les routes de la vigne vers le plan d'eau de Libourne. Là, nous allons assister aux championnats de France d'aviron. Certains participants, parmi les plus sérieux, logent à notre camping.

Une bien belle journée bien chaude, ponctuée par les "Ahan" de bucherons des mulipes rameurs et rameuses.

Avec Daniel, nous prenons le premier train et laissons là nos camarades. Ceux-ci arriveront à Paris à la nuit tombée.

Bravo à Laurent pour cette belle organisation. Comme il faut toujours profiter des bonnes occasions, je me promets, pour la prochaine commande, de m'approvisionner en Roc de Lavergne de Faleyras auprès de Laurent.

"Le Cyclotourisme, un art de vivre"