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VOYAGE À VÉLO SUR LA ROUTE HAUTE DES PYRÉNÉES

DU 11 AU 20 JUILLET 2007

par Henri Courmont
http://abeille-cyclotourisme.chez.tiscali.fr/souvenirs/2007_rhdp.html

Ce voyage à vélo dans les Pyrénées prévoyait de commencer par des retrouvailles chez René et Colette Flipo à Dax le 10 juillet; Claude Morel avait prévu de se joindre à nous en voisin. Je prends donc le train à St Etienne le lundi 9 juillet à 21h15 avec un changement à Lyon Part Dieu afin d’arriver à Dax mardi 10 juillet vers 9h30, ce qui me laisse la possibilité d’aller pointer le BPF de Sabres ce que j’ai oublié de faire lorsque j’y suis passé en 2004. A Lyon, la correspondance nécessite une cinquantaine de minutes d’attente, ce qui me laisse le temps de m’installer dans la salle d’attente et de me plonger dans Le Monde. Mon train part à 22h57 et quand je lève le nez il est 23h03 et le train est parti à l’heure alors qu’il est souvent en retard. Je me flagellerais, mais ça ne changerait rien.

Je resterai donc à Lyon toute la journée du lendemain et ne pourrai pas rejoindre Jean-Pierre chez René et Colette.

Dans la soirée du lendemain (le 10), Jean-Pierre sera reçu royalement par Colette et René Flipo dans leur belle maison des Landes. Je ne les rejoindrai que le 11 au matin à la gare de Dax, sans avoir pointé le BPF de Sabres (40).

Mercredi 11 juillet

À ma descente du train à Dax, le surlendemain matin, je retrouve avec plaisir mes 3 comparses : Jean-Pierre, René Flipo et Claude Morel. Quelques rapides évocations de mes mésaventures et nous sortons de la gare. Jean-Pierre s’aperçoit qu’on lui a volé sa casquette qu’il avait posée sur son guidon. Impossible de partir d’ici sans casquette. Il trouvera un bandana style Pantani, chez Décathlon.

Au moment de prendre la route, Claude se souvient qu’à Peyrehorade, qui est sur notre route, le mercredi jour de marché, un restaurant propose un menu bon marché avec d’excellents pieds de porc. Voilà un bel objectif pour midi. C’est à 25 Km environ et il est 11h30. Nous y arriverons vers 13 h et, effectivement, la grande salle est archi pleine. Nous trouvons quand même 4 places et le service est rapide. Pieds de porc, langue de bœuf avec des haricots blancs à l’ail et des frites. Nos voisins de table, voyant notre appétit, nous proposent leurs restes de légumes que nous acceptons.  Le fromage est servi avec de la confiture puis une tourtière maison délicieuse pour terminer. Tout cela est accompagné d’un litre de rouge. Nous en avons pour 12 € chacun. C’est alors que je m’aperçois que je n’ai plus d’argent dans mon portefeuille et je fais immédiatement la liaison avec le constat que j’ai fait ce matin quand je me suis aperçu que ma sacoche était fermée avec les deux fermetures ce que je ne fais jamais. Cette nuit, pendant mon sommeil, quelqu’un m’a vidé mon portefeuille d’une somme d’environ 40 €.

Nous repartons pour aller faire le BPF de Sorbe l’Abbaye à quelques Km. C’est un joli village avec une belle église et une abbaye que l’on peut visiter.

Pour aller ensuite à Ainhoa, Claude propose de suivre l’Adour puis la Nive pour éviter les bosses de Bidache. C’est tout plat avec, souvent, une piste cyclable qui longe la rivière.

René nous quitte à Urt, sur l'Adour avant Bayonne, pour rentrer à Dax.

Nous arrivons à 3 à Ustaritz, toujours sur la Nive, vers 18h. A l’office du tourisme, nous trouvons facilement une chambre d’hôtes dans le bourg alors que la fête se prépare sur la place. Nous sommes logés dans une grande maison bourgeoise du siècle dernier, avec un vieux plancher qui grince sous nos pas. Les pièces sont spacieuses et disposent d’une grande hauteur sous le plafond. L’intérieur est décoré avec goût, beaucoup de livres et de photos de famille.

Nous posons les vélos et allons boire une bière avec Claude avant qu’il ne rentre sur Bayonne. Après une bonne douche et la préparation de la route du lendemain nous allons au restaurant voisin pour dîner. Demain nous attaquerons les Pyrénées en retrouvant la route qui, normalement, part de St Jean de Luz.

Jeudi 12 juillet

La maison est agréable, nous prenons le petit-déjeuner dans la salle de séjour. Les confitures sont délicieuses. Nous démarrons vers 8h30 en direction d’Espelette puis le col de Pinodiéta (175 m), nous en franchirons une dizaine d’autres au cours de la journée, ils seront plus élevés. A Ainhoa, nous retrouvons la RHDP (route haute des Pyrénées) et, peu après, nous passons en Espagne. Les locaux de la douane sont fermés. Au puerto de Otxondo (570 m), nous rencontrons un groupe de 4 ou 5 cyclistes de la région, ils font une sortie d’une centaine de Km sur des vélos de course. Franchissement ensuite du col d’Ispéguy (672 m) pour revenir en France et nous descendons vers St Etienne de Baïgorry où nous arrivons vers 12h30. Courses à la supérette et pique-nique au bord de l’eau à proximité du magasin. Après une petite sieste d’un quart d’heure, Jean-Pierre souhaite retrouver le commerce de gâteaux basques mythiques que Michel Bardin aurait malheureusement manqué lors d'une journée épique de la semaine Abeille 2004 (le "Mythe du gâteau basque de St Etienne de Baigorry").

En prenant le café sur la terrasse, nous faisons la connaissance d’un jeune couple avec leur petit garçon aux yeux bleus, âgé de 19 mois. Ils passent leurs vacances pour la deuxième fois dans cette région. Ils vivent dans les Côtes d’Armor. Un autre couple plus âgé vient de Lens  dans le Pas de Calais. Ils pratiquent tous les deux le cyclotourisme.

Nous gagnons St Jean Pied de Port et là, à l’office du tourisme, nous réservons une chambre pour ce soir à Larrau à une soixantaine de Km d’ici, ce qui devrait représenter environ 120 Km aujourd’hui.

Hotel-restaurant
Esterrençuby, hôtel-restaurant de la semaine Abeille 2004

Nous quittons St Jean Pied de Port en direction d’Esterrençuby où nous logions en 2004 au cours de la semaine Abeille. Nous passons en face de l’hôtel mais il semble être fermé. Nous poursuivons notre route avec des montées à 2 voire 3 chevrons. Il fait chaud, les pentes sont parfois si fortes que nous devons pousser nos vélos ("L'honneur du pied"). La route jusqu’au plateau d'Iraty paraît interminable, nous devons adapter notre rythme aux difficultés du terrain. Nous faisons une pause casse-croûte près des bergeries avant de redescendre au plateau et aux chalets, d’Iraty. Nous retrouvons-là le souvenir, Jean-Pierre surtout, d'une mémorable piperade qui lui répara ce jour là une hypoglycémie profonde consécutive à la montée, par Mendives, de cols monstrueux particulièrement choisis par Claude lors de la semaine Abeille 2004. Il faut ensuite remonter le col de Bargargui (1327 m) avec des pentes aussi raides que les précédentes.

Avant d’arriver à Larrau, nous descendons une côte particulièrement pentue, ce qui impose une grande vigilance et sollicite beaucoup nos freins. Avant d’arriver à Larrau, il reste une montée raisonnable de 2 Km; les jambes commencent à être un peu fatiguées.

Nous arrivons à l’hôtel à 8h15, après les avoir avertis de notre retard. Nous sommes fourbus mais contents de cet exploit 117 Km avec environ 2600 m de dénivelé et des pentes très sévères. Nous avons réussi, c’est une très bonne mise ne condition pour la suite.

Nous avons choisi la demi-pension et le repas du soir est abondant et délicieux. Nous sommes installés sur la terrasse et nous pouvons observer la montagne et les moutons qui paissent sur des pentes très abruptes.

Vendredi 13 juillet

L’hôtel est livré en pain frais un peu avant 8h. Nous pouvons donc prolonger notre nuit jusqu’à 7h30. Dans la salle de restaurant, nous retrouvons beaucoup de randonneurs à pied ou en vélo. Un couple en vélo s’entraîne dans les Pyrénées Atlantiques pour le Paris-Brest-Paris, ils sont accompagnés d’une voiture et  ils ne transportent aucun bagage.

Nous décollons à 9h et, tout de suite, nous attaquons plein sud la pente assez forte vers le port de Larrau. La route est en cours de réfection pour le prochain passage du tour de France. Les gravillons enrobés de goudron collent aux roues et grincent sous les garde-boue. Un peu plus haut, nous devons mettre pied à terre: la goudronneuse et les camions bouchent la circulation.

Nous roulons souvent avec le vent de face et dans les fortes pentes la progression est souvent proche de celles d’un piéton. Jean-Pierre préfère accorder à ces portions l'honneur du pied tandis que je persiste sur mon vélo en regrettant de ne pas avoir un plus petit développement.

Port de Larrau
Port de Larrau, un col qu'on n'oubliera pas
Refuge de la Pierre St Martin
Refuge de la Pierre St Martin

Au col d’Erroymendi (1362 m), le vent souffle vraiment très fort, aucun arbre ne nous protège et la nature, les pâturages et les sommets environnants nous ravissent. Nous nous sentons tout petits. Après une petite descente, nous remontons vers le Port de Larrau (1573 m) 4 Km plus loin. Ensuite, une descente d’une dizaine de km avant de remonter plein est au col d’Alto Laza (1129 m). La descente vers Isaba en Espagne (Valle de Roncai) nous permet d’y arriver à l’heure du pique-nique, que nous prenons sous les arbres au milieu du bourg. Une fontaine bien fraiche nous permet de repartir avec une bonne provision d’eau vers la France sans négliger une petite sieste dans un pré récemment fauché. Un peu plus loin ce sont les lacets qui montent au Portillo de Eraice (1578 m). La pente est régulière, entre 8 et 10%. En haut nous faisons une pause pour observer les troupeaux de moutons qui paissent dans la large vallée en dessous de nous. Nous roulons sur une ligne de crêtes peu vallonnées, entourée de gouffres invisibles rendant la région peu recommandable au promeneur à pied, et arrivons ainsi à la Pierre St Martin: une station de sports d’hiver moderne et implantée comme une verrue sur un visage dans ce magnifique environnement montagnard. Le gouffre de la Pierre St Martin est à proximité du refuge où nous passons la nuit. Ce refuge, qui nous a été indiqué par l’employée de l’Office du Tourisme, accueille surtout des randonneurs à pied. Nous sommes une douzaine ce soir à table et nous pouvons faire connaissance, c’est très sympa. Nous discutons plus longuement avec un parapentiste qui traverse comme nous la chaîne Pyrénéenne en marchant et en volant quand il le peut. Il compte mettre 3 semaines pour atteindre la Méditerranée. Quand, comme maintenant, il y a du vent, il doit alors faire le chemin à pied en portant sur son dos l'énorme charge de son parapente.

Après un excellent repas à la table commune, chacun se retire pour dormir ou pour prendre un peu l’air.  Le bruit des cloches des troupeaux, le vent et la tranquillité et le calme de la nature sont les meilleurs ingrédients d’un bon ressourcement.

Samedi 14 juillet

Nous étions installés dans des dortoirs et, à côté de mon lit est venu s’installer dans un lit matrimonial un jeune couple belge. Ils se sont couchés tôt pendant que je rédigeais mon journal sur la terrasse. Quand je suis monté me coucher, la nuit était tombée, il faisait noir dans le dortoir et j’utilisai ma lampe pour être le plus discret possible. Je n’ai pas traîné à m’endormir et, le matin, quand j’ai vu 7h40 à ma montre j’ai eu l’impression d’avoir bien récupéré même sous une simple couverture et sans drap. Au moment où nous nous sommes levés, à 8h, les belges n’étaient pas encore réveillés. Au petit-déjeuner Jean-Pierre me disait qu’il avait eu du mal à s’endormir et qu’il entendait que les belges semblaient gênés  par mes ronflements, surtout elle. Quand ils se sont présentés à table, ils ont confirmé qu’ils avaient mal dormi à cause de mes ronflements. Je me suis excusé, ils riaient jaune !

Les patrons du gite nous confirment qu’hier soir un gars qui avait un peu bu a chaviré avec son 4x4 dans un ravin et que les pompiers ont mis plusieurs heures pour l’extraire de son engin. Le patron nous indique aussi où se trouve l’entrée du gouffre de la Pierre St Martin qui se caractérise par une galerie de 14 Km avec un siphon impossible à franchir en période de crue.

Les marcheurs, en couple pour la plupart, partent les uns après les autres dans la même direction mais sans s’attendre. Ils vont tous vers Laruns. Le temps ne semble pas favorable au parapentiste, nous ne le verrons pas avant de partir.

Col de Houratate
Montée vers le col de Hourataté

En quittant le refuge, la route du dessous est une belle descente de 3 ou 4 Km. Ensuite, c’est une petite route en revêtement très inégal. Nous descendons pendant un bon moment en croisant des cyclos qui grimpent certainement vers la Pierre St Martin. Il faudra ensuite remonter une centaine de mètres vers le col de  Hourataté (1009 m). Nous empruntons ensuite une belle route en descente vers Osse en Aspe où nous faisons nos courses. Une petite pause ravito s’impose près de la fontaine au centre du bourg. Un troupeau de vaches descend paisiblement à travers le village vers leur pré.

Un peu plus loin, nous empruntons, mais vers le nord, en descente, la nationale qui va d’Oloron Ste Marie au col du Somport. J’ai emprunté cette route dans le sens inverse fin août 2000 en tandem avec Chantal en partant pour St Jacques.

Pour rejoindre la vallée d’Ossau, à Escot, nous prenons à droite la route qui monte plein est vers le col de Marie-Blanque: 9 Km pour passer de 300 m à 1035 m. Les premiers Km grimpent à 3 ou 4 % puis 5 etc.…jusqu’à 13 % en moyenne au Km mais avec des portions à 17 et 20 %. En bas de la côte nous doublons un couple de cyclos chargés comme des mules qui grimpent à petite allure. Nous les retrouverons au sommet une heure après notre arrivée lorsque nous aurons fini de pique-niquer et sur le point de repartir après un brin de sieste.

Rencontre, Marie Blanque
Rencontre au sommet de la Marie-Blanque

Lorsque nous arrivons au sommet, nous sommes accueillis par des applaudissements de cyclos en stage d’entraînement dans la région. Il y a quelques français au milieu d’une majorité d’espagnols. Ils viennent de prendre leur collation de midi et s’apprêtent à repartir. Ils nous offrent quelques fruits et de l’eau fraiche, c’est très sympathique et réconfortant. Nous faisons la connaissance d’un cyclo de Croissy qui s’entraîne ici en vue du Paris-Brest-Paris.

Nous pique-niquons sous les arbres près d’une famille de vacanciers de la Sarthe, installés sur des tables et des chaises, mangeant et buvant comme chez eux mais avec les montagnes autour d’eux au lieu d’avoir la télé en face.

L’endroit est propice à la sieste malgré les cris d’enfants qui pique-niquent aussi à proximité. Le téléphone passe bien. J’en profite pour faire un petit coucou à Chazol où Pierre et Agnès sont arrivés hier soir pour y passer le week-end. Ils ont la soupe aux choux au programme ce soir. Chantal se bat contre les abeilles sauvages qui se sont installées entre un volet et une fenêtre.

Nous repartons dans la belle descente vers Bielle où nous rejoignons la vallée d'Ossau. La route a été refaite pour le prochain passage du tour de France. Aujourd’hui les coureurs sont dans les Alpes et grimpent La Colombière que nous avons franchie l’an dernier.

Au village de Gère, dans la torpeur étouffante du fonds de vallée, nous nous arrêtons dans le seul café ouvert. Il est tenu par un belge, ancien cyclo qui nous parlera de sa diagonale Dunkerque-Perpignan réalisée dans les années 80. Il ne pratique plus actuellement et il est fier de signaler qu’il n’a pas pris de poids.

La TV retransmet l’étape du tour et un vélo de course de 1910 est exposé au milieu de sa salle de café. Il nous propose de faire étape dans son village et, pour nous aider, il téléphone à une chambre d’hôtes voisine mais personne ne répond. Nous continuerons donc notre route vers Laruns pour aller voir à l’Office du Tourisme. Lorsque nous y arrivons, c’est pour constater que, pour cause de 14 juillet, il est fermé ! Heureusement, grâce aux indications  de quelques autochtones, nous trouvons une auberge qui reçoit des randonneurs comme nous dans des dortoirs à des prix très raisonnables. C’est un jeune homme qui tient l’établissement. Après la dégustation d’une bonne bière bien fraiche, douche et lessive avant de redescendre pour rédiger le journal tandis que Jean-Pierre étudie la route pour les jours suivants. Nous avons du temps devant nous, nous sommes arrivés à Laruns vers 16h30 et c’est agréable de n’avoir pas à se presser avant de prendre le repas sur place.

Un petit tour en ville avant le repas pour acheter une carte de téléphone et nous dînons vers 19h30. Le repas est simple et correct et nous regagnons notre chambre vers 21h. Il fait chaud, le seul Velux en hauteur ne suffit pas à rafraîchir la chambre. Nous essayons de maintenir la porte entrouverte et nous ne tardons pas à nous endormir. Soudain vers 23h le feu d’artifice nous réveille mais nous préférons rester au lit.

Dimanche 15 juillet

Au petit-déjeuner, que nous avons demandé à 7h30, nous retrouvons le couple d’étrangers accompagné de deux adolescents. Ils sont suisses alémaniques et viennent de passer quelques jours en bord de mer pour satisfaire les enfants. Ils rentrent en sillonnant les Pyrénées. Ils aimeraient faire un peu de randonnée à pied, mais la brume les a dissuadés de monter au Canigou.

Nous quittons Laruns plein est en direction de l’Aubisque et, rapidement, la route monte : 16 Km de montée non stop pour arriver au sommet à 1709 m. La montée est régulière avec une pente de 5 à 10%. Les paysages sont superbes. Bon nombre de cyclos nous doublent dans la montée, c’est très fréquenté par toutes sortes de cyclistes. Je m’arrête à plusieurs reprises pour prendre des photos et faire une pause. Mon rythme cardiaque reste dans la zone raisonnable.

Au sommet, il y a des magasins et des bars et Jean-Pierre en profite pour envoyer quelques cartes postales, je fais de même. J’en profite également pour envoyer une bise téléphonique à Chantal et Agnès à Chazol.

Des chevaux en liberté se promènent sur le parking. Nous redescendons avec prudence car la pente est forte. 

Dans la corniche du Litor
C'est là que chuta le hollandais au maillot jaune lors du tour 1951

Nous marquons un arrêt à l’endroit où le 17 juillet 1951 le maillot jaune, un hollandais, a manqué son virage et a fait une chute de 70m dans le ravin. Il a été freiné dans sa chute par les branches d’un arbre. Il a perdu le maillot jaune et s’en est tiré avec une côte cassée. Rapidement, nous devons franchir la route en corniche qui longe, avec le vide à notre gauche, le cirque du Litor puis remonter vers le col du Soulor (1474 m). Nous redescendons alors pour faire les courses à Arrens-Marsous. C’est jour de marché. Nous pique-niquons dans le jardin public au bord d’un petit ruisseau à l’eau bien fraiche. Après un repas copieux, nous profitons d’une demi heure de sieste, l’endroit est idyllique. Il fait chaud et à la place d’un café nous prenons un Pepsi avant de reprendre la route en direction d’Argelès et rapidement il faut obliquer à droite vers Pierrefitte-Nestalas pour grimper plein sud vers Cauterets et le Pont d’Espagne qui est à une vingtaine de Km.

Pont d'Espagne
Le fameux Pont d'Espagne

Nous avons environ 1000 m de dénivelé devant nous à monter en suivant la vallée du Gave de Cauterets et, comme ce matin dans l’Aubisque, le maillot est vite trempé. Heureusement il y a encore quelques fontaines bien fraîches dans les petits villages. Au fond de la vallée, nous allons à pied jusqu’au Pont d’Espagne (les vélos y sont interdits et les piétons sont nombreux). Le Pont d’Espagne est au milieu d’un très joli site qui permet de prendre quelques photos après un bon rafraîchissement au café, qui fait de bonnes affaires en ce moment.

Nous redescendons rapidement au milieu d’une circulation intense. Les bus et les automobiles nous laissent passer. A Pierrefitte, nous prenons la route qui longe les gorges de la Luz pour atteindre, en montant gentiment, Luz St Sauveur. Après une dizaine de Km, nous arrivons à l’hôtel de Londres vers 20h. La douche, puis ensuite le repas copieux, nous revigorent avant de passer une bonne nuit malgré la chaleur.

Lundi 16 juillet

Nous avons eu chaud cette nuit. Le petit-déjeuner est pingre, il faut que Jean-Pierre se fâche pour avoir un peu de pain supplémentaire. Par ailleurs, il y a une erreur dans la facture…

Gavarnie, la chapelle
Gavarnie, la petite chapelle sur le sentier des pèlerins

Ce matin nous avons décidé de commencer par aller pointer le BPF de Gavarnie à une vingtaine de Km de Luz. La carte ne l’indique pas mais ça monte et nous avons les sacoches. La route qui suit la vallée du Gave est sauvage et jolie. Nous passons au pont Napoléon qui enjambe une vallée très encaissée. A Gavarnie, nous allons pointer à l’office du tourisme avant de faire quelques courses et de faire une petite pause casse-croûte en face de ces paysages sublimes de convergence de vallées glacières.

Nous descendons en une demi heure à Luz St Sauveur. Il est 11h30, il vaut mieux faire les courses. En centre ville, il y a foule. Ensuite, la route du col du Tourmalet est facile à trouver. Jean-Pierre ne souhaite pas manger en cours de route. L’objectif est donc d’arriver au sommet pour pique-niquer. Nous partons de 700 m environ pour monter à 2117 m soit 1400 m de dénivelé sur 18 Km. Nous montons sans forcer pour tenir longtemps avec le moins de fatigue possible. Il fait chaud. A Barèges, à mi chemin environ, nous nous rafraichissons à la fontaine et mangeons un peu pour éviter l’hypoglycémie. Ensuite nous évoluons dans une zone herbeuse sans arbre avec des troupeaux de moutons ici et là. L’environnement est grandiose, désert et venté. Nous avons souvent le vent de face. Les derniers cm sont les plus pentus, 10% en moyenne sur le dernier Km. En haut le vent est frais, il nous coupe l’envie de pique-niquer sur place. Nous prenons une soupe à l’oignon au restaurant du sommet avant de descendre vers La Mongie sans oublier de prendre quelques photos au sommet et nous baigner dans les effluves des coureurs mythiques du tour de France qui ont franchi ce col. Le premier fut Lapize en 1910 au cours d’une étape de plus de 300 Km qu’il a parcourue en un peu plus de 14 heures.

A La Mongie, une visite à l’office du tourisme nous aide à trouver l’étape de ce soir. Nous préférons aller chercher le BPF de Chiroulet, à l'ouest de Campan, plutôt que de poursuivre vers l’Est pour franchir la Hourquette d’Ancizan. A Ste Marie de Campan, nous avons une pensée émue pour Eugène Christophe, dit le "Vieux Gaulois", qui y répara seul, à la forge du village, la fourche de son vélo au cours de l'édition 1913 du tour de France.

Le Chiroulet
le Chiroulet, un BPF du 65 au bout du monde

A Campan, nous réservons à l’hôtel Beauséjour et nous laissons nos sacoches pour monter à Chiroulet. Le ciel s’assombrit, il n’y a pas de temps à perdre. Il nous faut monter à 1000 m sur une dizaine de Km. La route monte gentiment au début puis plus fort sur les derniers Km.  Après les efforts de la matinée, la fatigue se fait sentir et nous sommes heureux de déguster un bon coca bien frais au bar-hôtel-restaurant de Chiroulet. Rien d’autre à voir, on repart par le même chemin en descente et, en une demi-heure environ, nous arrivons à l’hôtel un peu avant 19h, juste le temps de prendre une douche avant le repas.

Nos vélos sont rangés dans un garage et l’employée, une brave femme, s’intéresse à notre expédition. Nous serons bien servis à table. Au menu, des pâtes et de la volaille, un repas simple et copieux qui nous permet de faire de nouveaux projets pour les jours à venir. Nous essaierons de faire le maximum de BPF et reprendrons le train à Tarbes, vraisemblablement vendredi soir.

Mardi 17 juillet

Nous avons encore eu chaud cette nuit. Le petit-déjeuner est frugal, nous obtenons un peu de supplément de confiture et de beurre et nous démarrons vers 8h30 après avoir pris quelques photos des personnages marionnettes dispersés un peu partout en ville. Ils ont été confectionnés pour la fête du village en juin et les gens les gardent pendant les semaines qui suivent, c’est un élément décoratif original.

Vers la Hourquette d'Ancizan
En route vers la Hourquette d'Ancizan

Nous revenons sur l’itinéraire à Ste Marie de Campan en partant vers le sud-est et vers le col d’Aspin et la Hourquette d’Ancizan. Les routes se séparent après une dizaine de Km et nous grimpons vers La Hourquette d'Ancizan par une petite route en sous-bois, d’abord, puis au milieu des pâturages, ensuite. La montée vers la Hourquette d'Ancizan a deux bosses et culmine à 1538 m ce qui signifie que nous grimpons environ 900 m pour redescendre par une pente plus raide que la montée vers la ville d'Ancizan, sur laquelle nous avons une vue magnifique dans la descente. Un peu plus loin, à Vielle-Aure, nous allons au village vacances que Jean-Pierre a contacté hier par téléphone et qui accepte notre réservation pour ce soir. Nous pouvons laisser nos sacoches dans la chambre, manger sur place ce midi et faire une sieste avant de partir vers l'ouest pour la lac d’Orédon, à une vingtaine de Km et à plus de 1800 m d’altitude. En cours de route, je laisse partir Jean-Pierre pour prendre quelques photos et je pense avoir passé la route à droite qui conduit au lac. Je fais demi tour mais après quelques Km de descente, je me rends compte que j’étais sur la bonne route, le croisement était plus loin. Il me faut remonter les Km descendus inutilement.

Lac d'Oredon
Le lac d'Orédon, le refuge est en face sur la bosse

La petite route qui monte au lac grimpe fort de 8 à 10% régulièrement, dans une vallée encaissée et ombragée. Après une dizaine de Km de montée, la vue se dégage sur le lac artificiel qui retient une eau claire, transparente sans nénuphars.

Le refuge-restaurant-bar est perché sur un piton au-dessus du lac. Les voitures ne peuvent pas accéder jusqu’à proximité du lac, seuls les vélos et les piétons peuvent passer. La route continue au-dessus du lac sur 5 ou 6 km. Elle a été refaite récemment et les gravillons la rendent dangereuse en descente, surtout à vélo.

Nous prenons un Pepsi en profitant du paysage superbe et du beau soleil. De nombreux randonneurs à pied font de même avant de redescendre. La descente est fatigante, le revêtement de la route ressemble à de la tôle ondulée, impossible de se laisser aller et les virages en épingle à cheveu sont nombreux. Heureusement la route nationale qui va vers l’Espagne a été refaite et c’est un vrai billard jusqu’à Vielle-Aure où nous arrivons vers 18h30.

Encore une belle journée avec près de 2000 m de dénivelé, un village vacances agréable avec un point Internet et des repas aussi copieux qu’on le souhaite.

Mercredi 18 juillet

Col d'Azet
Au col d'Azet

Note chambre donne sur un torrent et le bruit de l’eau m’a donné l’impression durant la nuit qu’il pleuvait. Il n’en fut rien. Ce matin le temps est brumeux et, après un copieux petit-déjeuner, nous démarrons en direction du col d’Azet. Nous abordons les premières pentes juste à la sortie de Vielle Aure. Au pied de la côte, un groupe de cycliste se prépare à prendre la même route que nous. Ils nous doubleront rapidement dans la côte et, parmi eux, il y a un triathlète de Nanterre qui connait l’Abeille. Au fur et à mesure que nous grimpons, la brume s’épaissit. Dans le village d’Azet, la route zigue zague et la pente s’accentue très sensiblement, elle mérite bien les deux chevrons indiqués sur la carte. Au sommet, nous nous faisons prendre en photo sous la pancarte par deux cyclistes qui ont fait lundi l’étape du tour à partir de Foix (200 km, 4000 m de dénivelé, 8500 participants). Ils sont satisfaits de leur performance et s’amusent à franchir les cols de la région pour garder la forme. Ils s’intéressent à notre voyage en vélo avec bagages et nous demandent si, à l’allure où nous avançons, nous ne nous ennuyons pas ! La descente dans la vallée de Louron est rapide et fraiche. La brume se colle aux poils des bras et de jambes comme du givre

Nous trouvons une auberge à Coudervielle sur la pente du col de Peyrsourde, qui accepte de nous servir à manger à 11h45. L’hôtesse est accueillante. Son auberge est installée dans l’ancienne école communale qui a fermé en 1973. L’intérieur est décoré avec goût. Le menu est correct. Pendant que nous sommes à table, un vieux curé vient s’installer à la table voisine, c’est le curé du village depuis 1949, il a 92 ans et office encore le dimanche avec l’assistance d’un collègue. Le village compte en tout une soixantaine d’habitants dont de nombreuses familles avec enfants, qui vont à l’école en bus.

Nous reprenons la route en grimpant un raidillon d’une centaine de mètre très casse patte. Ensuite, c’est une montée régulière de 5 ou 6 km jusqu’au col de Peyrsourde (1569 m). L’auberge au sommet propose des crêpes, Jean-Pierre ne résiste pas à la tentation même si elles ne sont pas au miel. Nous faisons la connaissance d’un cyclo-randonneur écossais qui transporte son matériel de camping. Il fait un circuit de deux semaines dans la région à partir de Lourdes. Son vélo et ses bagages pèsent plus de 35 kg.

Descente du col de Peyresourde
Les caravanes s'installent dans le col de Peyresourde plusieurs jours avant le passage du Tour

La descente vers Luchon sur une belle chaussée est rapide et, vers 15h, nous atteignons Bagnères de Luchon. L’hôtel de St Mamet, souvenir de Jean-Pierre de la flèche de Luchon, ne peut pas nous recevoir. A l’office du tourisme, nous trouvons facilement 2 autres adresses dans nos prix et nous faisons affaire avec le premier que nous visitons dans le centre ville. Nous y déposons nos affaires avant de partir à Super Bagnères pour pointer ce BPF à 1800 m. La montée est rude sans excès mais, après les montées précédentes, les jambes sont un peu fatiguées.  La brume est de plus en plus épaisse au fur et à mesure que nous nous élevons. Près du sommet, je croise Jean-Pierre qui descend précipitamment car il vient de s’apercevoir qu’il a oublié son appareil de photos et son téléphone sur un petit muret à l’hôtel. Heureusement un automobiliste honnête les remettra à l’hôtelier le soir.

Sur le plateau, la brume limite la vue à une dizaine de mètres. Je pointe le BPF chez le marchand de journaux qui vend également des boissons fraiches en cannettes. Il me fournit également des vieux journaux pour me protéger du froid dans la descente. Ce brouillard nécessite une grande prudence, surtout dans la partie où des troupeaux sont en liberté. Je descends à 30 km/h maximum et ce n’est que plus bas lorsque la vue se dégagera que je pourrai profiter de cette belle descente jusqu’à Bagnères de Luchon où j’arrive un peu avant 19h. Il m’a fallu 2 heures pour monter à Super Bagnères et une demi heure pour en descendre malgré le brouillard.

Après le dîner nous allons à la gare pour nous renseigner sur les possibilités de train pour le retour. Je trouve un train qui partira de Tarbes demain un peu avant 22 h et qui m’amènera à St Etienne vendredi matin.

En rentrant à l’hôtel, nous entendons des chants dans une église, c’est un concert gratuit d’une chorale d’une vingtaine de chanteurs. Il a débuté environ depuis une demi heure, nous nous installons au fond de l’église pour assister à la fin de leur prestation de bonne qualité (Yves Duteil, Mozart, Wagner..) 

Jeudi 19 juillet

Il a plu au cours de la nuit et, ce matin, le ciel est couvert et la température très raisonnable. Après un petit-déjeuner très classique au milieu des curistes, nous démarrons en direction du nord pour descendre la vallée de la Pique. Les km défilent rapidement à plus de 20 km/h de moyenne.

Les petits villages sont plus nombreux qu’en montagne. Jean-Pierre n’a pas bien dormi et un arrêt pâtisserie est nécessaire après une petite heure de route. Nous passons au pied de St Bertrand de Comminges et, sans nous être consultés auparavant, nous ne pouvons résister à l’envie d’y monter une nouvelle fois. Il y a peu de touristes, nous pouvons prendre un café en terrasse, juste en face de la basilique. C’est là que j’ai le plaisir de recevoir un coup de fil d’Hélène qui a bien reçu mon message sur son portable.

Saint Bertrand de Comminges
Saint Bertrand de Comminges, on ne s'en lasse pas

Nous passons une bonne demi-heure à visiter et à prendre des photos dans la basilique avant de redescendre pour poursuivre notre route vers Mauvezin, notre dernier BPF des Hautes-Pyrénées. Nous nous arrêtons un peu avant pour faire les courses dans une superette. En approchant de Mauvezin, nous retrouvons quelques vallonnements. Nous montons au château de Mauvezin perché sur une colline qui domine le village. Nous trouvons avec quelques difficultés un endroit tranquille et à l’écart des touristes pour pique-niquer. Après un copieux repas, la sieste s’impose et, après avoir pointé notre BPF au château, nous descendons pour trouver un coin tranquille à l’ombre dans un pré récemment fauché. Un petit ruisseau coule à proximité et nous berce pendant près de ¾ d’heure. Le redémarrage est progressif, nous avons choisi des petites routes ne présentant pas de difficulté majeure et cela nous suffit largement car la fatigue accumulée ces derniers jours se ressent.

Une petite pause café près d’un lac d’irrigation dans un environnement très bucolique et nous arrivons à Tarbes au milieu de l’après-midi. Après une visite à l’office du tourisme pour trouver un hôtel pour Jean-Pierre, nous prenons un pot de fin de randonnée près de la gare et faisons les comptes. Il reste suffisamment de temps pour que j’aille prendre une douche dans la salle de bain de la chambre de Jean-Pierre. Nous dînons ensemble dans un restaurant marocain à proximité de la gare.

Demain matin Jean-Pierre reprendra la route vers Dax pour faire son century de juillet, pointer quelques BPF sur la route de Dax en évitant le confort du gave de Pau (Morlanne, Sauveterre et re-Sordes l'Abbaye) et surtout retourner chez René et Colette Flipo pour y passer la nuit et y retrouver sa voiture. De mon côté, je reprends le train de nuit un peu avant 22 h pour St Etienne.

Ces 10 jours de randonnées dans les Pyrénées, nous ont permis de découvrir quelques grands cols mythiques que tous les cyclistes rêvent d’escalader au moins une fois dans leur vie. Les paysages grandiôses et parfois sauvages et arides plus typiques dans ces régions que dans les Alpes nous laisseront des souvenirs de montées particulièrement difficiles qui nous ont fait toucher nos limites de cyclistes amateurs. Nous l’avons fait, c’est toute notre fierté.   

Henri Courmont

"Le Cyclotourisme, un art de vivre"