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Séjour au Myanmar (ex. Birmanie)

Du 8 au 28 Janvier 2017

par Michel
https://abeille-cyclotourisme.fr/souvenirs/2017_myanmar.html

Vendredi 6 Janvier

J’ai pris mes précautions, arrivé à l’aéroport de Roissy CDG, à 9h00 du matin, alors que le rendez-vous est prévu à 10h30. J’ai le temps de prendre un café et de lire. A 11H00, le groupe est au complet, nous sommes 16, couples et célibataires avec leurs vélos précautionneusement emballés. A 14H25, c’est le décollage, direction DUBAI, puis YANGON.

Samedi 7 Janvier

Après mon séjour FFCT, au VIETNAM, deux ans plus tôt, me voici de retour en ASIE du Sud-Est. Pas de FFCT cette année, mais le S.E.N.A. Tours de Marcel et son fils Michel qui nous accueillent à l’aéroport de YANGON. Aye WIN, notre ange gardien BIRMAN, le chauffeur du bus et son second, complètent la réception. Chargement des vélos, puis direction l’hôtel de l’aéroport International, où nous allons nous rafraichir avant le déjeuner et nos premières visites. Le bus nous quitte, 600 km l’attendent, nous le retrouverons demain après un vol intérieur, pour rejoindre LOIKAW.

Photo Myanmar
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Avalée notre première assiette de riz, direction le Bouddha blanc. Signe de richesse et de puissance, les généraux en 2000 perpétuent la tradition en commandant ce bouddha géant. Taillé dans un seul bloc de marbre blanc, provenant d’une carrière près de MANDALAY. Il faudra 12 mois au maitre sculpteur pour tailler cette œuvre monumentale. Pesant 600 tonnes, elle descendra en bateau la rivière AYEYARWADY, sous les yeux d’une foule nombreuse venue saluer le Bouddha. Puis une voie ferrée déposera la statue au sommet de la MINDHAMMA Hill.

Arrêt au parc verdoyant de l’HINSU HPYU, servant de refuge à un trio d’éléphants blancs. La tradition veut que ces énormes pachydermes portent chance aux dirigeants d’un pays. Aussi le régime militaire a mis les moyens pour trouver ces trois spécimens.

Dimanche 8 Janvier, YANGON – LOIKAW. (Avion)

8h00, nous rejoignons à pied l’aéroport situé à moins d’un kilomètre de l’hôtel. A l’intérieur, la climatisation fonctionne plein pot, l’envol est prévu pour 10h00, mais un problème retarde le départ et, pendant ce temps, on se gèle. 11H30, le décollage, sous nos pieds, la campagne baignée par la rivière AYEYARWADY. Puis apparait la montagne, LOIKAW capital de l’état Kayah, à une altitude d’environ 800 m. C’est le pays des femmes girafes. A la descente de l’avion nous sommes contrôlés par la police militaire, nos passeports épluchés, tout rentre dans l’ordre, nous retrouvons notre trio Birman, direction l’hôtel.

Photo Myanmar
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L’après-midi est consacré au remontage des vélos. Nous nous étalons dans l’arrière cour de l’hôtel, ouverture des sacs, rien ne semble cassé ou tordu par le voyage. Ma roue arrière ne rentre pas, c’est la patte qui est légèrement écrasée. Marcel avec un pied de biche et beaucoup de précaution, remet tout en place.

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Direction la pagode de TAUNG KWE, site original, comprenant un certain nombre de monuments blancs et rouges, reposants aux sommets de rochers reliés les uns aux autres par une succession de ponts. D’un pont, des touristes nous font comprendre que l’ascension se fait pieds nus. Il nous faut redescendre. La déambulation d’un rocher à l’autre est agréable, très belles vues sur la plaine et les montagnes que nous allons affronter demain.

Lundi 9 Janvier, LOIKAW - PINLAUG. (vélo)

Levé 6h30, petit déjeuner au bord de la rivière, départ 8h00. Pas mal de motos au départ de cette première journée, puis la circulation devient plus fluide. En haut de la première côte nous nous apercevons de notre erreur, demi-tour, la route est coupée plus loin, accrochage entre l’armée et une ethnie plus ou moins hostile. La chaleur s’installe peu à peu, 22, 25, 30 degrés.

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Nous longeons un lac, réserve d’eau, qui se jette plus au nord dans le lac INLE. A PEKON, regroupement et pose café, c’est le moment de se refaire une santé, thé, café, triangle farci à la viande, sablé, bananes. Dans quelque instant nous allons grimper, environ 600 m. Et ca ne plaisante pas, des passages à 12%, 33°, c’est une première qui décoiffe, regroupement à mi- montée, il est 12h30, on a faim, il reste 40 km. Ouf, voici un restaurant, soupe, riz, pastèque. Les 15 derniers km sont casse pattes, bienvenue au vent de face qui rafraichit l’atmosphère. A 17H00, nous traversons PINLAUG, le soleil s’est caché derrière la montagne, la fraicheur tombe sur la ville. J’aperçois AYE WIN, qui nous fait de grands signes, voici l’hôtel, 101 km et plus de 1000 m de dénivelé, c’était la première sortie de l’année.

Mardi 10 Janvier, PINLAUG - NYAUGSHWE. (Vélo)

Marcel avait prévu 130km, Michel le frère de Christine a trouvé sur OPENRUNNER un parcours plus court évitant les derniers kilomètres de grande route. 8h30, nous quittons l’hôtel, le mal de jambe a disparu, heureusement car la route continue à monter. Passage au col de PINLANG-1600 m, puis le col de NOUANG.PI-1385 m. C’est ensuite la longue descente sur la plaine et la rivière alimentant le lac INLE.

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C’est un va et vient incessant de pirogues motorisées, transportant ballots de riz, matériaux et des touristes qui se sont payé une balade champêtre au fil de l’eau. La route est plate, nous croisons deux attelages tirés par des zébus, reconnaissables à leur bosse. Puis un groupe de paysans déjeunant au bord de la route. Ils nous offrent des galettes, que nous ne saurions refuser.

Nous nous dirigeons vers une cabane d’où sort une fumée épaisse. C’est une fabrique de pain de sucre, la cane coupée, puis broyée, est cuite dans un four en brique. Le sirop est récupéré dans des cuves. Au final, les plaques de sucres sont étalées sur des planches, le soleil fera le reste.

Après le repas, bouillon, pates, omelette, les 15 derniers km sont une formalité. Nous croisons des touristes sur des vélos de location, voici l’hôtel, 79 km et 600 m de dénivelé.

Mercredi 11 Janvier, repos, le lac INLE

Première journée de repos, mais pas de grasse matinée. Aujourd’hui, balade sur le lac INLE, nous embarquons sur une longue barque motorisée, accueillant 5 personnes. La remontée du canal reliant NYAUGSHWE au lac se fait à vive allure, attention aux éclaboussures. L’embarcation s’arrête devant les pêcheurs qui manient avec dextérité leurs longues nasses coniques, dans lesquelles ils piègent carpes, poissons-chats et anguilles, nichés dans les hautes herbes tapissant le fond du lac peu profond, à peine 6m. A l’approche du village d’INTHEIN, nous sommes abordés par des vendeurs de souvenirs, bijoux, maroquinerie, pierre de jade taillée. Nous traversons le marché, une passerelle nous conduit au NYAUNG OHAK, sanctuaire regroupant une centaine de stupas reblanchis à la chaux ou redorés, la majorité tombe en ruine.

Après le déjeuner, cap sur le temple PHAUNG DAW U, le plus sacré de l’état SHAN, qui accueille l’une des principales fêtes religieuses du pays. Le point d’orgue est une procession sur le lac en l’honneur des statues conservées dans le temple. Ces statues de bouddha, recouvertes d’or, ont perdu leurs contours. Nous quittons le site en barque, pour faire rapidement demi-tour, Christine à oublié ses chaussures à l’entrée du temple.

Au détour d’un canal étroit, bordé de roseaux et de champs, nous découvrons un village lacustre, des centaines de maisons bâties sur pilotis, la plupart sont habitées par l’ethnie INTHA. Ce sont des pêcheurs, des agriculteurs qui ont, au fil du temps, élevé des jardins flottants. Plantes aquatiques qu’ils mêlent au limon. Ces tapis végétaux d’un mètre d’épaisseur, permettent de cultiver, choux, tomates, concombres, haricots, aubergines…..

Jeudi 12 Janvier NYAUGSHWE - PINDAYA. (Vélo)

La journée commence par une belle grimpette, nous empruntons un axe routier important, camions, voitures et motos nous serrent de près. Stéphane, en redescendant le col, se récupère in extrémis, après la dérobade de sa roue avant. Des Vététistes nous doublent dans la montée, ce sont des Américains, qui se tirent la bourre… Nous y voici, col d’HEHO 1200 m. Pose café et gourmandises locales. Bon débarras à la circulation, nous retrouvons nos petites routes, le vent apporte un peu de fraicheur, sur ce plateau désertique, hérissé de petites collines.

Fermant la marche, pour cause de photos, je retrouve le groupe à un carrefour, certains ont filé tout droit, alors que le nominal virait sur la gauche. Les voici de retour, après quelques km de rab… La matinée se termine par une longue descente, en face de nous une barrière rocheuse ou se blotti PINDAYA. Notre arrivée coïncide avec un long défilé de moines (bonzes) vêtu de leurs célèbres robes couleur safran. La population les attend au bord de la route, pour leur remettre offrandes et nourritures.

L’après-midi nous visitons SHWE OO MIN CAVE TEMPLE, il s’agit d’un réseau de grottes, recelant plus de 9000 statues de tailles et de style différents, en or, argent, marbre laque, teck et ivoire. Ces représentations de Bouddhas sont l’objet d’une profonde vénération d’une population dévote, s’inclinant devant, mains jointes.

Nous terminerons la journée dans une fabrique artisanale d’ombrelles, ou l’on eut droit à une démonstration, de la tête en passant par le manche et les baleines, sans oublier le traitement du papier que l’on fait tremper dans un bain, afin de le rendre translucide, et sur lequel seront peint divers motifs.

Vendredi 13 Janvier PINDAYA - YA.NGAN. (Vélo)

On ne perd pas les bonnes habitudes, la route s’élève doucement sur 8 km, regroupement au col de PINDAYA, 1375m, car on quitte le nominal, Michel à trouvé une coupe, petite route en réfection, les hommes cassent les pierres à la masse, les femmes les emboitent minutieusement sur la route. Y a plus qu’à attendre le passage du bulldozer.

Nous traversons plusieurs villages, dans l’un d’eux, femmes et enfants font leurs ablutions dans une eau franchement saumâtre. Nous retrouvons le nominal et perdons Dominique. Niché sur un éperon rocheux, visible à des kilomètres, nous quittons chaussures et chaussettes pour une escalade pédestre. Au sommet, nous déambulons entre les stupas et sculptures de bouddha.

Le point de vue est magnifique, relief tourmenté, des collines et au loin la montagne. Jacques est sollicité, suite à la chute du smartphone d’Anne, dans un endroit peu recommandable. L’appareil pourra être récupéré après fabrication d’un outil ingénieusement tortillé…..

Photo Myanmar
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Séance VTT, pour rejoindre un site particulier, un plan d’eau à la couleur indéfinissable, pollution, source résurgente, mystère. Après notre traditionnel, riz, poulet, banane, nous terminons cette journée par une succession de côtes, et les retrouvailles avec Dominique. 67 km et 1050 m de dénivelé.

Samedi 14 Janvier YA.NGAN – PYIN.OU. (Vélo+ Bus)

Ca continue de monter jusqu’au col de YA-NGAN, 1477 m.

Puis la descente tant attendue, 1000 m de dénivelé, on quitte la montagne et ses nuits fraiches. Il y a des billards, descente enchanteresse ou l’on enchaine de longues lignes droites suivies de larges lacets. Ici, cela va être tout le contraire, l’état a entrepris de moderniser les routes, et l’on peut dire que nous sommes tombés sur le chantier de l’année. Plus de route, ou très peu, des tractopelles, de la poussière qui vous aveugle lorsque un camion vous double. Marc qui a des fourmis dans les jambes, s’élance malgré tout, et patatras c’est la chute dans un virage. Malgré la douleur au poignet, il repart prudemment, et nous rejoint plus bas. La route est minée, cela devrait bientôt faire boum. Une demi-heure plus- tard, nous repartons doucement, les patins de freins gémissent. A MYOGYI, les vélos passent au karcher local, les cyclos attendront la soirée pour une bonne douche. Après le repas nous rejoignons la nationale, une deux fois deux voies, au trafic ininterrompu. Certains décident de monter dans le bus, les plus courageux ou les plus insouciants, continuent sur la voie rapide les 25 derniers kilomètres. On se retrouve tous dans le bus, direction PYIN-U, mais la journée a décidé d’être mouvementée. Le bus ralenti, crevaison, pas moyen de réparer sur place, on quitte le bus. Il faut passer le temps, cela risque d’être long, mais ici au MYANMAR, le spectacle est partout. Toute une famille travaille au bord de la route, à la confection de chaises et de fauteuils. Le bambou est taillé, découpé, la perceuse d’un autre âge vaut le détour, les trous permettant l’assemblage définitif.

La journée se termine au restaurant, il est 20h00, Marc qui souffre, sera ensuite conduit à l’hôpital.

Dimanche 15 Janvier, PYIN.U (repos)

Au petit déjeuner, tout le monde s’informe sur la santé de Marc. Pas de fracture, c’est l’os, le radius, qui s’est déboité suite à l’élongation des ligaments, à l’hôpital on lui a remis en place, et posé un épais bandage. Aujourd’hui, visite de la curiosité de PYIN-U, le jardin botanique.

La ville a profité de son exposition climatique, la température reste clémente été comme hiver, pour se développer. Les Britanniques échappent ainsi à la poussière et à la chaleur suffocante qui règne sur MANDALAY. Le National KANDAWGI Garden, est un havre de fraicheur et de verdure.

Le contraste est saisissant entre ce que nous côtoyons depuis une semaine, poussière, détritus, déchets en tout genre, et ce jardin verdoyant, digne des pelouses anglaises. Refuge de nombreuses variétés de fleurs et de fruits. Une étonnante exposition de papillons et d’insectes tropicaux, la volière et ses toucans, perruches, paons, cygnes noirs. La belle collection d’orchidées.

Quartier libre l’après-midi, certains retournent en calèche, Stéphane à pris les rênes de l’attelage, Michel inépuisable, fera la course avec le pauvre cheval efflanqué, chargé de nous ramener dans le beau parc de notre hôtel, à l’architecture SO-BRITISH.

Lundi 16 Janvier, PYIN.U – MANDALAY (vélo - bus)

Ce matin est prévu l’aller-retour, PYIN-U < grottes > PYIN-U. Situées à 25 km, nous visitons PEIK CHIN MYAUNG. Ne pas oublier de retirer, chaussures et chaussettes, outre le respect des lieux, il nous faut franchir un gué, modeste cours d’eau alimentant un bassin qui accueille les baigneurs locaux. La grotte est un long boyau, composé de différentes cavités, on y entre parfois en se baissant. Nombreuses peintures et sculptures de Bouddhas, retraçant la vie du maître, et un stupa recouvert de feuilles d’or. L’ensemble est assez kitsch, ce qui n’empêche pas le flot de dévots, venus prier et déposer des offrandes.

De retour à PYIN-U, soupe, riz, légumes et fruits. L’après-midi, nous allons descendre le col monté 24h00 plus tôt en bus. Descente relax, la route n’incite pas à la vitesse, des trous, des chiens errants, et les camions pas plus fiers que nous, descendent très doucement, les garnitures de freins souffrent, ça sent le FERODO, en chaleur. Au loin nous distinguons la plaine, baignant dans la poussière et la brume de chaleur.

Tout en bas, nous longeons une cimenterie, qui dégage un brouillard épais, la circulation s’intensifie, nous ne sommes plus très loin de MANDALAY, seconde ville du pays, ancienne capitale royale, plus d’un million d’habitants. Par sécurité les 10 derniers kilomètres se feront en bus.

Mardi 17 Janvier, MANDALAY (repos)

Visite du temple MAHAMUNI. La tradition antique, se réfère seulement à 5 portraits du Bouddha réalisés au cours de sa vie. Deux en Inde, deux au Paradis et le cinquième est l’image de Bouddha MAHAMUNI, d’où la vénération que lui porte le peuple BIRMAN.

Puis direction le monastère MAHAGANDAYON, ou nous assistons au repas des moines. La nourriture est offerte par des donateurs, le surplus est ensuite distribué aux indigents, qui n’ont rien à manger dans la rue. Le monastère est également un centre éducatif, où les classes en plein air, accueillent les enfants.

Autre endroit a ne pas manquer, le fameux pont U-BEIN, en teck le plus long du monde, 1200 m. Il franchit le lac TAUNGTHAMAN, il est surtout utilisé par les moines et les touristes lors de la saison sèche. Durant la mousson, les eaux du lac peuvent s’élever de 6 m. Les boutiques et restaurants fleurissent le long des berges. L’après-midi nous visiterons la fabrique des sculpteurs sur marbre, la fabrication des feuilles d’or, ces fameuses feuilles, que seuls les hommes peuvent coller sur les statues de Bouddha.

Pour terminer cette journée, Marcel nous intrigue en nous évoquant le plus grand livre du monde. Et quelle n’est pas notre surprise lorsque nous découvrons la KUTHODAW PAGODA. Le stupa central date de 1857, et il est entouré de 729 pagodes blanchies à la chaux. Chacune abrite une tablette de marbre, sur laquelle figure un extrait du TRIPITAKA, en PALI. Transcription intégrale du canon Bouddhique.

La soirée se termina par un spectacle traditionnel de marionnettes. Rien à voir avec Guignol.

Mercredi 18 Janvier, MANDALAY-MONYWA (bus-vélo)

Par sécurité, nous quittons Mandalay en bus et visitons une pagode construite récemment, par les dons d’un riche donateur, alors qu’Aye WIN et ses collaborateurs, déchargent nos vélos. Aujourd’hui 120 kilomètres au programme. Du pont qui enjambe l’AYEYARWADY, on devine dans la brume matinale les stupas, flèches et tours aux reflets roses et dorés. Cet arrêt photos permet à Christine et Patrick de rejoindre le groupe, après s’être égarés suite à un problème mécanique. Rien à signaler de cette journée monotone.

La circulation est soutenue, et nous devrons supporter les klaxons incessants. A 15 km de MONYWA, regroupement, afin de visiter la THANBODDHAY PAGODA, construite en 1939. A l’entrée du site deux énormes éléphants blancs, accueillent les visiteurs. Nous ne visiterons pas le temple, notre tenue cycliste indisposant les gardiens du lieu. Nous nous promenons parmi les stupas et sculptures en stuc qui couvrent les murs. En tout 845 stupas et 582 357 icones fleurissent dans ce sanctuaire.

Jeudi 19 Janvier, MONYWA-MONYWA (vélo)

Direction PHO WIN TAUNG, aujourd’hui nous avons pris nos précautions, pantalons et tee-shirt ont été déposés dans le bus, ainsi nous ne serons pas pris au dépourvu. Nous sommes accueillis par une armée de singes chapardeurs, qui ne demandent qu’à vous faire les poches… Edifié entre le XIVème et XVIIIème siècle, par des moines recherchant la solitude, ce site creusé dans trois pitons de grès, abritent 492 petites salles de prières, décorées de bouddhas et de peintures plus ou moins bien conservés. Certaines grottes s’ornent de figures géométriques, peintes dans des tons rouges, brun et bleu. D’autres débouchent sur des passages à colonnade, refuges à des bouddhas couchés ou en pleine méditation.

Sous les ‘BOUDDHA-VILLIERS, essence endémique au

MYANMAR’. Dixit Jacques.

L’après-midi, on emprunte le bac sur la rivière CHINDWIN.

Vendredi 20 Janvier, MONYWA-BAGAN (vélo-bus)

On a pris goût à la barge, et ce matin ça se bouscule sur la rivière CHINDWIN.

La matinée sera super cool, de nombreuses photos, palmeraies, habitations sur pilotis en bambous, dans un champ loin de tout, un alignement de moines en plâtre, des stupas neufs, ou anciens dévorés par la végétation. Peu de circulation, excepté la police motorisée qui nous suivra une bonne partie de la matinée, pour notre sécurité ?

L’après-midi notre attention est attirée par une sono crachant des psalmodies, c’est la fête, religieuse, une de plus, femmes, jeunes et âgées, défilent bouquets de fleurs à la main.

La parade terminée, nous retrouvons le groupe, chargement des vélos dans le bus pour les 20 derniers kilomètres qui nous séparent de BAGAN. J’en profiterai pour piquer du nez, et raterai la traversée de l’AYEYARWADY sur le pont ultra moderne, évitant les heures d’attente au bac. En fin d’après-midi, certains se paieront une séance de massage méritée.

Samedi 21 Janvier, BAGAN (repos)

Les ruines de la cité médiévale de BAGAN, s’éparpillent sur environ 50 km². La cité accueillait alors entre 50 000 et 200 000 habitants, au temps de la splendeur de l’empire BAMAR.

Une journée pour visiter un tel site, nécessite des choix. Nous commençons par le marché, beaucoup de touristes, des Français en majorité, ce qui ne facilite pas la circulation à travers le bazar.

La SHWEZIGON PAGODA, figure parmi les temples les plus vénérés du pays. Inauguré en 1089, elle se dresse sur le site désigné par un éléphant blanc, et abriterait des reliques sacrées du Bouddha.

L’après-midi, visite de l’ANANDA Temple. Celui-ci comporte 4 grands portails ouvrants sur 4 vestibules, convergents vers un pilier central, percé de 4 niches abritant 4 Bouddhas géants. A noter que le malheureux architecte, sera exécuté par le commanditaire, afin que le rayonnement de l’œuvre demeure sans pareil. Qui a dit, que le Bouddhisme respectait son prochain…..

En fin d’après-midi, nous nous rendons sur la plaine centrale, qui réunit un ensemble impressionnant de temples plus en moins en ruine. Pour profiter de la meilleure vue d’ensemble, nous escaladons la SHWESANDAW PAGODA. Au sommet de la pagode, nous découvrons la plaine parsemée d’arbustes d’où émergent des dômes, tours, temples, stupas et pagodes, que le coucher du soleil pare de reflets rougeoyants. La journée se terminera à la BUPAYA PAGODA, stupa en forme de bulbe doré, se mirant au bord la rivière AYEYARWADY.

Dimanche 22 Janvier, BAGAN - POPA (vélo)

En route vers POPA, l’un des lieux touristique les plus prisé du MYANMAR. Après la boucle, nous permettant de contempler une dernière fois les trésors de BAGAN, nous empruntons le long faux plat qui doit nous mener au pied du mont POPA, 1518 m. Le piton rocheux supportant le monastère, que nous visiterons, est moins élevé environ 737 m. A mi parcours, l’arrêt pose café, est un endroit touristique, ou nous découvrons la fabrication de l’alcool de palme, alambic 100% BIRMAN, la collecte du sucre de palme, ou comment grimper au faîte d’un palmier, et la ronde monotone du pauvre zébu.

Photo Myanmar
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L’après midi, le bus nous amène au pied du piton, cheminée d’un volcan éteint, à la forme étrange. L’ascension, pieds nus, prend 20 mn, de part et d’autre de l’escalier des boutiques de souvenirs, les singes quémandeurs, tout comme les préposés au balayage. A mi-parcours le sanctuaire des NATS, esprits héroïques, liés intimement au Bouddhisme BIRMAN, nous conte en quelques scénettes, la légende du Mont POPA. Durant 7 siècles, les rois du centre de la BIRMANIE, devaient y effectuer un pèlerinage afin de consulter les puissants NAT. La terrasse offre un très beau panorama sur la plaine, et le volcan éteint MOUNT POPA. Plusieurs sanctuaires voués aux NAT et à BOUDDHA, attirent de nombreux fidèles venus prier pour apaiser les divinités peuplant le rocher.

Lundi 23 Janvier, POPA – MAGWAY (vélo)

Photo MyanmarLa journée commence par une longue descente, et cerise sur le gâteau, nous bénéficions d’un faux plat descendant avec vent dans le dos, moyenne 30 km/h, mais ne nous grisons pas, il y a encore de belles photos à réaliser. Le ciel est toujours bleu, le soleil tape fort, mais les énormes et majestueux banians, maintiennent une température raisonnable.

Michel, et son balai, notre serre-file, veillera durant tout le séjour à n’oublier personne sur le bord de la route.

Changement de décors l’après-midi, ce n’est plus du tout le même relief, une succession de collines, pas de verdure, la rare végétation est desséchée et saupoudrée de poussières. A notre grand regret les banians ont disparus, on souffre de la chaleur et la température dépasse les 30°. A l’hôtel, le jus de fruit offert par la maison, nous désaltère. Séance mécanique pour Patrick, qui voit son dérailleur automatique SCHIMANO, lui rejouer de vilains tours, pas de chance pour notre ami qui aura connu bien des déboires avec son vélo.

Mardi 24 Janvier, MAGWAY - NAYPYTAW (vélo-bus)

Etape la plus longue de notre séjour, Marcel a prévu 155 km pour rallier NAYPYTAW, après relecture des cartes, il semble qu’il en manquerait une bonne vingtaine.

8h00, départ avancé, la journée devrait être bien longue. Sur le profil OPENRUNNER, on devine bien une courbe annonçant une grimpette, cumulant à 350m, pas de quoi en faire une montagne. Depuis le début de notre randonnée, on en a vu d’autres.

Rapidement on ressent la chaleur, et pas un coin d’ombre, comme hier après-midi, c’est la sécheresse, les dernières pluies sont tombées en Novembre, et depuis les cours d’eau se sont transformés en rus ou ont totalement disparus.

Déjeuner au km 68, on n’a pas fait la moitié du parcours et les difficultés que l’on aperçoit, sont devant nous. Pas très rassurant. Début des festivités, km 80, la température grimpe, la route aussi.

Une bosse, deux bosses, on dit que cela va s’arrêter, que l’on va trouver un profil plus clément, une route de crête, mais nenni, les montagnes russes, avec des passages a plus de 10% se succèdent. En haut de la bosse, on s’élance, en espérant ne pas rencontrer d’obstacle, on avale une bonne partie de la côte suivante, et l’on termine comme on peut, en danseuse, à pied. L’autobus s’arrête souvent, distribution d’eau fraiche. Des collines couvertes de forêt, quelques masures bien tristounettes, des gens vivent ici, des enfants déshérités, perdus en pleine nature. Chèvres et vaches sur le bord de la route, l’une d’elle apeurée, me passe sous le nez, heureusement je roulais doucement.

Enfin un peut de plat, la route se transforme en chemin poussiéreux. Des femmes accroupies déposent de la caillasse, deux homme portent sur leur épaule un rondin, sur lequel est fixé un chaudron contenant du goudron liquide, qu’ils jettent sur les cailloux, ca fume, ca brule, le liquide noirâtre est étalé sur la chaussée.

Km 128, ca fait bientôt 50 bornes que l’on joue à saute collines, 16h30, la fraicheur s’installe et ça fait du bien. On entame enfin la descente, une dernière bosse, je rejoins Jeanine, puis le groupe de tête, installé dans un café. Marcel décide que l’on grimpera dans le bus ici, il reste environ 35 km. Patrick arrive peu à près sur le vélo plus léger de Régis, il améliore son record, 136 km, 1350 m de dénivelé. J’avale une bonne gorgée de bière, le meilleur moment de la journée.

L’arrivée sur NAYPYTAW, (demeure des Rois), est irréelle, notre bus roule seul sur une autoroute à 2 fois 4 voies. L’autoroute, traverse une ville déserte, empruntée par quelques motos et camions. La peur d’un putsch, d’un Tsunami au large de YANGON, la junte mégalomane a transféré l’administration et le quartier général de l’armée, dans ce coin perdu de la jungle.

L’hôtel est confortable, et ne parlons pas du restaurant, une grande salle aux tables couvertes de nappes rouges. Six serveurs à notre disposition, nous sommes les seuls consommateurs dans ce grand bâtiment, mais la journée a tellement été riche que les conversations s’enflamment réanimant une atmosphère quelque peu tristounette.

NAYPYIDAW, est bien la capitale la moins visitée au monde, ou la démesure et l’inesthétique se côtoient.

Mercredi 25 Janvier, NAYPYTAW - KYAIKTO (bus - vélo)

Frustration à NAYPYIDAW, ou nous ne pourrons pas profiter de la seule piscine accessible durant le séjour. Ce matin, on peut continuer notre nuit dans le bus, 300 km plein sud, sur une autoroute rien que pour nous, peu de voiture, les camions y sont interdits.

Nous traversons une plaine, ou le gouvernement a investi dans l’irrigation, premier exportateur de riz au monde à la fin du XIXème siècle, le MYANMAR à vu sa production plonger dans les années 60, suite à une mauvaise gestion de la junte.

A midi, le bus nous dépose, petite séance de décrassage, 20 km, avant le déjeuner. Nous voici dans l’état Môn, en conflit pendant des décennies, il semble que les hostilités aient cessé, permettant aux touristes comme nous d’en découvrir les charmes.

A KYAIKTO, nous quittons la route du littoral, ses forêts d’hévéas, ses rizières, et sa circulation dense. Nous remontons plus au nord, à KINPUN, point de départ du pèlerinage conduisant au GOLDEN ROCK PAGODA.

Jeudi 26 Janvier, KYAIKTO – LE ROCHER D’OR - BILLIN (vélo)

Le bus nous dépose à la gare routière, point de départ de notre excursion. Les bouddhistes les plus pieux, choisissent le sentier de 11 km, compté 4h de marches harassantes, pour atteindre le rocher d’or. Les touristes, se hissent et s’entassent, une trentaine de personnes par camion.

Accrochez-vous, c’est parti. La route est étroite, et sur certaines portions, les véhicules ne peuvent pas se croiser. Le dernier camion passé, on redémarre, la mécanique souffre, craque, couine, les reprises dans les pentes à plus de 10% sont poussives. Ca secoue dans tous les sens, 45 minutes plus tard, on est bien content de quitter cette bétaillère.

Il nous reste un kilomètre à gravir, nus pieds, au milieu des étals de nourritures et de souvenirs. La solennité des lieux en prend un coup, malgré la présence des moines, en méditation, ignorants la foule bigarrée. Il faut reconnaitre que le site est incroyable. Voir ce rocher sacré, couvert d’or, en équilibre précaire, seul un cheveu de Bouddha pouvait accomplir un tel miracle…

Nous avons tous revêtu le maillot de Marcel, le S.E.N.A. MYANMAR TOURS, rouge, jaune et vert, les couleurs du MYANMAR. Il n’y a plus qu’à prendre la pose.

Après le déjeuner, petite étape de 40 km, ca sent la fin du voyage.

Vendredi 27 Janvier, BILLIN – PHA AN (vélo)

Hélas, notre dernière journée de vélo sera marquée par un accident, qui aurait pu être très grave. Ca commence mal pour Jacques, qui n’aperçoit pas la barrière du péage fermée, premier choc, qui malheureusement, se reproduit quelques kilomètres plus loin. Un chien kamikaze en voulant éviter les roues du camion, percute violemment sa roue avant. Patrick appelle le bus, Jacques est évacué vers l’hôpital le plus proche. THATOON, pose café sur la place du marché, grouillante de monde.

Photo Myanmar
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Nous quittons enfin cette maudite route, direction PHA-AN, capitale de l’état KAREN, en conflit permanent avec le gouvernement. Un accord de paix semble perdurer, autorisant le tourisme à découvrir cette région longtemps verrouillée. Nous ne regretterons pas cette incursion, c’est une succession de reliefs karstiques, champs de canne à sucre, et rizières. A l’heure du déjeuner, Anne et Jacques nous rejoignent. Le bras en écharpe, fracture de la clavicule. Arrivé en France, le diagnostic malheureusement s’étoffera.

Direction l’hôtel, et démontage des vélos, cette fois c’est bien fini.

L’un des derniers apéros, au bord de la rivière THANLWIN. Ces réunions le soir, après les journées mouvementées sur nos vélos, étaient bien agréables. C’est l’heure de la décompression et de l’échange. Nos impressions sur ce pays envoutant, le rôle de la religion, un exutoire face à la pauvreté et la main mise de la junte sur les richesses du pays. Le Bouddhisme, un frein au modernisme, à une meilleure vie … Les BIRMANS y sont-ils prêt ?

Samedi 28 Janvier, PHA AN - YANGOON (bus)

Nous ne manquons pas de visiter la KYAUK KALAP PAGODA, petite pagode juchée sur un étrange rocher, qui se dresse au-dessus d’un lac. Au sommet du piton, accessible par un escalier, très belle vue sur la plaine, dominée par les nombreuses formations karstiques.

La dernière grotte, du séjour, la KAWGUN CAVE. Fréquentée depuis le VIIème siècle, la grotte célèbre BOUDDHA, avec ses centaines de statues et ses milliers de statuettes minuscules en terre cuite.

Dimanche 29 Janvier, YANGOON (visite)

Trois semaines se sont passées, la boucle est bouclée. S’annonce une longue journée, l’envol est prévu pour 1h du matin. Les sacs et valises déposés dans la chambre de Marcel, cap sur la KYAUK HTAT GYI PAGODA, site spectaculaire qui renferme un immense BOUDDHA couché long de 70 m. 600 moines vivent ici, et passent leurs journées à étudier les textes anciens en PALI.

Photo Myanmar
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En fin d’après-midi, nous visitons la dernière pagode du séjour, et quelle pagode, la SHWEDAGON PAGODA, la star du MYANMAR. Son histoire remonterait à 2500 ans. A cette époque la colline est sacrée, renfermant les reliques de trois BOUDDHAS. Selon la croyance, un nouveau BOUDDHA doit voir le jour tous les 5000 ans. Ce laps de temps s’étant pratiquement écoulé, les croyants attendent une nouvelle incarnation. A 17h00 le site est pris d’assaut par la foule, impatiente de profiter du coucher du soleil sur le gigantesque stupa couvert d’or.

Photo Myanmar
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Un grand merci à Sylvine et Régis, les instigateurs de cette randonnée, qui m’ont permis de me joindre au groupe, et de profiter de ce très beau séjour. Je vous souhaite à toutes et à tous de belles randonnés sur vos vélos, et pourquoi pas un nouveau voyage avec Marcel du côté du MEKONG.

Photo Myanmar
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Un grand merci à Marcel et son fils Michel, pour leurs efficacités.

Je n’oublie pas nos amis BIRMANS, Aye WIN et ses deux assistants, notre chauffeur et son aide, toujours attentifs, aux petits soins à l’ensemble du groupe, et le sourire en permanence, mais cela, doit être inscrit dans les gènes de la population BIRMANE. Un clin d’œil amical à mon coéquipier Patrick.

Amicalement
Michel


"Le Cyclotourisme, un art de vivre"