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Flèche Paris Charleville-Mézières, suivie du relais de France Charleville-Mézières Lille

Par Daniel et Jean-Pierre face à un vent d'est furieux (510 km, du 3 au 8 octobre 2016)

par Daniel et Jean-Pierre
https://abeille-cyclotourisme.fr/souvenirs/2016_paris_charleville_lille.html

Lille
Lille: la grande place (du Général de Gaulle)

Carte du parcoursDu Pied de Cochon (Paris) à Jouarre (BPF 77), 77 km

Par Daniel, le lundi 3 octobre 2016

Départ du Pied de Cochon à 9h, accueil toujours sympathique. Le garçon au bar est le même qu'au départ du Paris-Marseille, il me reconnait et me donne 3 petits cochons roses en meringue. "Pour la route" dit-il.

Nous partagerons les 2 derniers avec Jean Pierre à Corbeny avec le café du pélerin.

À cette heure matinale, les rues de Paris sont encore agréables à parcourir à vélo.

Quelques flottements pour trouver le canal de l'Ourcq. Aprés avoir largement contourné la Philarmonie de Paris, silencieuse à cette heure, je rejoins enfin le canal.

Jouarre
Église de l'abbaye Notre Dame de Jouarre

Depuis notre dernier passage (départ du TU Paris-Copenhague en 2010) la piste cyclable est bien améliorée et c'est un plaisir de rouler loin des voitures. Petit vent frais dans le nez et soleil généreux.

Je quitte le canal à Gressy et pique plein nord en direction de St Soupplets (ville contrôle), qui fait faire un détour mais ne "mérite pas le détour", selon la formule du Michelin.

Pique nique au soleil à Messy dans un parc bien aménagé. Depuis mon banc, je peux observer les avions qui décollent de Roissy toutes les 2 mn en vrombissant. Quelle nuisance sonore pour les habitants de ce paisible village!!! Cela ne m'empèche quand même pas de faire la sieste. Traversée des riches plaines de l'Oise, à part le Maïs, les récoltes sont faites et le blé est engrangé.

Arrivée à La Ferté sous Jouarre vers 5h. Comme l'hotel est à Jouarre, l'étape n'est pas terminée. Il reste une belle grimpette de 3km. Aie! aie! crampe en pleine côte. Quelques étirements et je repars tout doucement...

Je suis récompensé de ce dernier effort par une belle surprise: En entrant dans l'église de l'Abbaye Notre Dame de Jouarre, les moniales chantent les vêpres de leur voix célestes. Superbe! Une belle façon d'élever nos âmes.

Retour sur terre, l'hotel "Le Plat d'étain" est juste en face de l'abbaye et offre une étape confortable.

Dîner au milieu d'hommes solitaires le nez dans leur assiette ou sur leur portable. Une grande table d'hôtes serait nettement plus conviviale. Quel contraste avec la chaleur du choeur des moniales!

De Jouarre à Cuiry les Chaudardes, 90 km

Par Daniel, le mardi 4 octobre 2016

Au petit déjeuner, on retrouve les mêmes solitaires, toujours en liaison fusionnelle avec leur portable.

L'avantage de la montée de la veille, c'est la belle descente sur la Ferté sous Jouarre. Cependant le froid piquant, le brouillard et la circulation rendent la descente délicate.

Après dissipation des brumes matinales, grand ciel bleu et vent de Nord-Est qui a forci, et qui essaiera toute la journée de m'empêcher d'avancer.

Le trajet longe la Marne qui fait de larges méandres, et ceci jusqu'à Château-Thierry. Nous sommes au coeur du vignoble champenois et tous les côteaux exposés au soleil sont couverts de vignes. Ici aussi, les vendanges sont faites et, en traversant les villages, ça sent parfois les raisins fraichement pressés.

Après Château-Thierry, changement de décor: on monte sur le plateau dénudé et le vent peut ainsi prendre tout son élan pour me faire reculer.

Après 56 km, pique nique et sieste à Fère en Tardenois au bord de l'Ourcq, dans un site aménagé pour les randonneurs de notre espèce.

Merci à la Municipalité d'avoir penser au réconfort du pélerin en errance, voila des impots locaux bien utilisés.

Cuiry
Cuiry les Chaudardes, vue matinale sur les vaches par la fenêtre de la table d'hôtes

Échange de messages avec Jean Pierre (qui est parti de Longpont ce midi et roule plein est en haut du Chemin des Dames), pour commenter la force du vent. Unaniment: "on se traîne à 12/13 km/h".

Fère en Tardenois mérite un détour pour ses halles et son château (il ne reste que des ruines). Camille Claudel naquit à Fère en 1864.

À la sortie de Fère, la forêt protège bien du vent. Arrivée à Fismes, où nous fîmes deux fois étape lors des TU vers le nord.

De là il ne reste plus que 15 km pour arriver à Cuiry les Chaudardes, lieu bien connu des archéologues depuis 1976.

Une exploration aérienne a permis de mettre en évidence l'existence d'une cité sédentaire sur la rive droite de l'Aisne, datant du néolithique (6000 ans av JC).

Arrivée à la Grange (tel 0323 25 8242), chambre d'hôtes tenue par 2 garçons, raffinement garanti, excellente cuisine (découverte du jambon persillé de Reims), belle vue et échanges internationnaux avec un couple d'anglais de Leeds et un couple canadien d'Ontario (on y parle français). Soirée trés agréable, qui change de la solitude du cyclo. Maison tout à fait recommandable.

De Cuiry à Signy l'Abbaye (BPF 08) via Corbeny

De Cuiry à Corbeny, pré-étape de 15 km entre 9 et 10 heures, par Daniel, le mercredi 5 octobre 2016

Au lever,coup d'oeil sur la campagne, il fait grand beau. Le soleil se lève à l'horizon et les vaches arrivent juste dans le pré pour un belle journée de pâture (voir photo plus haut).

Je suis seul pour un copieux petit déjeuner buffet. Les anglais et les canadiens dorment encore. Hier soir, il m'ont d'ailleurs demandé de ne pas faire de bruit, pour préserver leur grasse-matinée.

Sur les 15 km qui me séparent de Corbeny, ma direction est plein Nord, si bien que j'aurai le vent de côté. Ce sera autre chose quand nous obliquerons à l'est avec Jean Pierre après Corbeny. Décidément ce vent contraire devient une obsession!

Le village de Corbeny, éclairé par le soleil, apparait bientôt dans le lointain. Belle image bucolique!

L'hôtel du Chemin des Dames est facile à trouver, il est au coeur du village et Jean Pierre m'attend sur la terrasse au soleil. Il m'invite pour un café du pélerin que nous prendrons avec les petits cochons roses en meringue. Je suis très fier de les sortir intacts de ma sacoche. Rien n'est plus fragile qu'une meringue!

La suite depuis Corbeny par Jean-Pierre, encore 66 km le mercredi 5 octobre 2016

Corbeny. Hôtel du Chemin des dames, 4 Rue Pierre Curtil, 02820 Corbeny, France (tel 03 23 23 95 70). Daniel arrive face au vent dès potron-minet avec dans sa sacoche trois petits cochons en sucre, compliments du Pied de Cochon. Avec ces petits cochons, un petit café offert par l'hôtelière avant de prendre (reprendre pour Daniel) la route.

Signy l'Abbaye
Signy l'Abbaye

Ensuite, ce sont 66 km très durs, face au fort vent d'est (26 km/h pointes à plus que ça encore), dans la roue de Daniel qui en avait fait 16 de plus avant pour s'échauffer. Première partie vers le pointage de Neufchâtel sur Aisne. Pas un arbre pour nous protéger du vent. Ensuite, pour aller à Chateau Porcien, nous passons de l'autre côté de la rivière pour tenter de trouver des arbres charitables pour nous abriter. Peu efficace sauf sur la fin. À croire que les picards ont depuis longtemps abattu la forêt gauloise. Dans les champs balayés par le vent, les tracteurs sont impressionnants: des machines à tracteurer. Pique nique et micro sieste (10') à l'abri du vent près de la rivière et d'un rideau d'arbres, peu avant Chateau Porcien.

Vers 6 km de Signy l'abbaye (Lalobbe), nous nous heurtons aux contreforts des Ardennes: des pentes très raides, en complet désordre. Parfois de très belles maisons de pierre jaune d'or.

Enfin Signy l'Abbaye et sa Petite Abbbaye. Il est 18h30 et l'hôtesse (Brigitte) est ravie que nous soyons à l'heure. Je lui avais annoncé 18 à 19h. Elle nous raconte qu'il lui est arrivé d'attendre un anglais perdu dans le Nord jusqu'à 3h du matin. La chambre d'hôtes la Petite Abbaye, construite après la révolution avec les pierres de l'abbaye, est magnifique et très soignée. Le lendemain matin, le petit déjeuner sera royal. Brigitte se croit obligée d'être aux petits soins pour nous.

Dîner à l'auberge, en face. Ce soir c'était menu unique, avec du chevreuil en sauce au vin rouge. Une excellente étape. La Petite Abbaye, 1 place Aristide Briand, 08460 Signy l'abbaye, tel 06 75 88 16 45.

De Signy l'Abbaye à Revin via Charleville Mezières (fin de la flèche vers Charleville-Mezières et début du relais vers Lille)

Par Daniel, le jeudi 6 octobre 2016, 72 km

Le gibier de la veille est bien passé et la nuit a été bonne.

Depuis ma fenêtre, au petit matin, j'observe la petite place encore dans la nuit. Il me semble que le toit du tracteur qui passe sous ma fenêtre est gelé!!!

Nous prenons un petit déjeuner pantagruélique et raffiné (varieté de fromage, de charcuterie, de pains, il y même du thé Mariage) auprès d'un bon feu. Nous n'avons pas été à la hauteur de notre réputation et nous avons laissé beaucoup, beaucoup de bonnes choses. Tout ceci ne nous donne guère envie d'aller affronter le vent et la froidure.

Nous quittons à regret cette belle maison, construite avec les pierres et le parquet de l'ancienne Abbaye et sa propriétaire aux petits soins pour nous. Elle nous a même donné 2 chambres pour le prix d'une. Encore un marchand de cailloux qui, à la Révolution, a détruit une Abbaye pour en vendre les pierres. De l'ancienne Abbaye, il ne reste plus rien!

Place ducale
Charleville: Place ducale

Pour sortir de Signy, il faut remonter sur le plateau. Les 5 km de côtes nous permettent de nous réchauffer. Le soleil est toujours là, mais il ne chauffe plus.

La route est belle entre forêt et campagne. Après 30 km, Nous arrivons sur le coup d'onze heures à Mézières.

Nous avons un peu de mal à retrouver la place ducale, qui est à Charleville.

Avec la satisfaction du devoir accompli, nous dégustons un p'tit café au soleil en admirant l'architecture de cette place, le joyau de Charleville, créée en 1606 par Clément Métezeau, frère du créateur de la place des Vosges. L'espace central est laissé libre. Il s'en dégage une impression minérale et l'on peut mieux découvrir la polychromie de l'ensemble. Dernier coup de tampon et le carton est dûment rempli. Une flèche de plus dans le carquois!!!

Dés le départ ce matin, nous avions pris une décision vitale: Nous ne monterons pas à Hautes Rivières et longerons tout simplement La Meuse, par une piste cyclable avec un très bon revêtement. Le Relais de France Charleville-Lille ne sera donc pas homologué.

La Meuse et un coin de peche
La Meuse et un coin de pêche

Nous quittons Charleville, montée très forte pour éviter un méandre et redescente immédiate sur la Meuse.

À Devant-Nouzon, nous trouvons un petit coin au soleil et à l'abri du vent pour le pique nique et la sieste.

Pas une péniche, pas un bâteau de plaisance ne passera devant nous. La Meuse est désespéremment vide, malgré des écluses automatiques. Patrice ce pourrait être un prochain voyage pour toi. Les gens du Nord sont vraiment chaleureux. Ce n'est pas une légende.

Gràce aux méandres, qui repartent parfois au sud, nous avons sur une courte distance le vent dans le dos. Alors ça file à toute allure!

Le paysage est sauvage, sombre et beau avec des rochers abrupts qui tombent dans la rivière.

Arrivée à Revin en longeant un Tunnel canal bien noir.

Encore une accueil chaleureux à la chambre d'hôtes. Nous y dégusterons une soupe à l'ail d'ours et une généreuse omelette faite avec les oeufs du poulailler du patron.

De Revin à Avesnes sur Helpe

Par Jean-Pierre, le vendredi 7 octobre 2016, 86 km

Clocher de Signy le petit
Clocher de Signy le petit

Excellent petit déjeuner. Il y a des yaourts maison. Je pars avant Daniel, vers 8 h 00, pour monter doucement la côte jusqu'à Rocroi (400 m). Le barrage à mi-montée est un barrage pompant, suivant la technique Shadok. C'est la conception récente de l'EDF. La retenue d'eau en amont est classique. Ce qui est novateur c'est la retenue en aval, de grande surface. Quand les centrales nucléaires marchent plein pot et que la consommation est au plus bas, quand tout ce qui peut être arrêté l'est (hydraulique, charbon, gaz), EDF utilise sa puissance en rab (essentiellement du nucléaire) pour remonter de l'eau en la pompant de la retenue du bas vers celle du haut. Daniel me rattrape dans la montée et nous arrivons ainsi ensemble pour un café et un pointage à Rocroi, notre point culminant. On s'y arrête pour faire les courses à la boulangerie et pour le Café. Ensuite, on part ventre à terre, vent dans le dos.

Eglise d'Avesnes
  Collégiale d'Avesnes sur Helpe

Passage à Signy le petit. Peu après, on s'arrête déjeuner à St Michel, 4 km avant le virage à droite de Hirson. Les autochtones occupent leur ennui a fumer comme des pompiers, porte du bistrot ouverte pour aérer un peu. On voulait se mettre au chaud, ce n'est pas idéal. En plus, la télé réalité ("Là où tout a basculé") n'est pas commencée. On ne peut donc pas valider notre hypothèse que 100% des bistrots de la Thierache y sont connectés. En tout cas on se les gèle et ça sent le tabac. On est encore dans l'Aisne (alors que Fourmies, pas bien loin, est déjà du Nord mais toujours en Thiérache). On est au coeur de la Thierache, qui va jusqu'à Chimay. 4 km après, Daniel trouve une Euroveloroute 3, qui nous semble aller dans notre direction. En tout cas elle peut nous mener à Anor, a mi-parcours de Trelon (BPF et pointage relais). On part droit dans la pente, vers le haut. On se dit que le trajet est celui de l'ancienne voie ferrée. Patatras, la voie ferrée, qu'on croise dans la montée, fonctionne toujours, ou presque. Le routes forestières sont juste cela, des routes forestières servant à desservir des maisons, elles aussi forestières. Ces routes sont taillées au cordeau, sans aucune prise en compte des courbes de niveau. On monte, raide, puis on descend, raide. On quitte cette voie à Anor pour rejoindre la route, mieux tracée: moins tortillonnante, moins montagnes russes. 3 km avant Trelon, on prend une coupe qui file tout droit. C'est, de nouveau, notre voie verte pas très verte.

À Trelon, pointage (BPF et relais). Au Café, comme hier, la télé est sur Chérie canal 50 (?). C'est toujours la célèbre émission, tragique, "Là où tout a basculé". Hier c'était "Mon fils est amoureux d'une couguar" (nous avons marqué la fin, quand la dame couguaresque était tombée enceinte (youpi !!!) et que la maman l'engueulait pour le compte de son éphèbe de fils). Ce soir c'est "Ma mère se fait raquetter dans sa maison de retraite". Nous n'avons pas vu la fin non plus. C'est dur dur, cette angoisse qu'on doit supporter à vélo.

Derniers 16 km rapidement. On finit sur une piste à droite d'une route très fréquentée. Il est peu avant 17 h et on va visiter la collégiale d'Avesnes sur Helpe.

Dîner, excellant, à 100 m de l'hôtel. Hotel Les Paturelles, 40 Route Etroeungt, 59440 Avesnelles, France (tel 03 27 61 22 22).

D'Avesnes sur Helpe à Lille (fin du relais)

St Vaast peu après Bavay
Église de Saint Vaast, peu après Bavay

Par Jean-Pierre, le samedi 8 octobre 2016, 98 km

On ne sait ni comment ni où, mais Daniel a pris froid hier. C'est ballot, Daniel était de loin le plus costaud de nous deux. Alors il rate son premier train en gare d'Avesnes, de 5', et va me rattraper sur la route et rouler alors 12 km jusqu'à la première gare de regroupement (Aulnoye-Aymeries) pour y prendre le premier train vers Chatou, son feu de bois et son Fervex. Je me retrouve seul sur le vélo. Le vent, du NNE, ne semble pas devoir gêner. Direction Bavay, son BPF, sa supérette et son pointage Relais. J'y achète à manger sans conviction. Il sera facile à un resto, sur la route, de me faire craquer.

La route a été moche jusqu'à Bavay. Après ça sera mieux. De Bavay, la route va à Valenciennes mais je prends à Saint Vaast la 1° à droite vers la Flamengrie, un passage furtif en Belgique et Sebourg de retour en France. Je veux passer en Belgique vers la Flamengrie et faire un pèlerinage à l'hôtel le Jardin Fleuri de la mère Lucier à Sebourg, pour me remémorer 1982 quand je prenais un job à Valenciennes chez Delattre Levivier, usine située route de Petite Forêt (Valanzin). C'est dommage: le parcours, pour passer par Bavay, évite complètement la forêt de Mormal et son bistrot qui vend des flammiches chaudes au maroille dès le petit matin (souvenir ému du trait d'union de Bruxelles avec les Audax).

Les panneaux frontière ont disparu. Difficile de détecter le passage furtif en Belgique, en ligne parfaitement droite, juste après la Flamengrie et peu avant d'arriver à Sebourg.

passage en Belgique
Je passe en Belgique
Km 32,4
au km 32,4
Je repasse en France
... et, tout droit, je repasse en France
au km 34,5
au km 34,5

Tour abbatiale de Saint Amand
Tour abbatiale de Saint Amand les eaux

Arrivé à Sebourg, je cherche la mère Lucier. L'hôtel est fermé, le restaurant est vendu. Il reste juste l'enseigne du restaurant, fermé. Sic transit gloria mundi.

Alors je roule vers Valenciennes. J'y trouve, juste à côté de l'université, sur le tracé du nouveau tramway, un MacDo. Mes provisons attendront bien demain. Je m'arrête pour un menu Best of Big Mac, frites et jus d'orange. Comme dirait (certainement !) Olivier, les MacDo, c'est parfait pour les voyages à vélo, et on n'y perd pas de temps. J'ai demandé de la mayonnaise pour les frites, comme en Belgique. Ils me donnent une "sauce frites", pas au niveau d'une mayonnaise Belge. Dommage !

Je repars, pressé par le chrono, vers Saint Amand. Le trajet évite le centre ville de Valenciennes et passe au Nord de la route de Petite Forêt. Je ne verrai donc pas l'usine Delattre Levivier vendue à Someral (Som Delattre, ou Somdel) et son bistrot à l'entrée.

Petite traversée de la forêt de Saint Amand, sans passer par les célèbres sources. Pas le temps. Je m'arrête en face de la tour abbatiale. Elle a été nettoyée et ses pierres blanches éblouissent. Dedans il y a un musée. L'exposition permanente est consacré aux faïences de Saint Amand, essentiellement du XVIIIème. On y trouve l'histoire usuelle des deux frères, dont l'un a appris la chimie et la porcelaine à Sèvres, et l'autre fait commercial, qui succèdent à leur père fondateur de la fabrique. Le chef d'atelier démissionne et part avec de nombreux compagnons créer une fabrique concurrente en face. Tous se retrouvent égaux, après leurs dépôts de bilan respectifs. J'étais seul dans le musée, gratuit. La jeune étudiante qui tient l'accueil ne connaît pas l'histoire locale...

Après, la route est chiante jusqu'à l'agglomération de Lille, 10 km environ du centre. Ensuite, l'agglomération de Lille est un assemblage de voies rapides et autoroutes à l'américaine. À vélo, on y prend peur. J'entre par Villeneuve d'Ascq, la cité scientifique et le stade Pierre Mauroy. Heureusement, paradoxalement, ce foutoir est aménagé "vélo", comme si cet aménagement était un gigantesque cache-sexe rajouté après coup. Le Garmin déploie là tout son talent de Garmin pour me guider efficacement dans ce bordel. Sous aucun faux-pas et sans traverser les zones dangereuses qu'on craint en ces lieux, j'arrive magiquement à l'hôtel Saint Maurice, a 18 h 30. La chambre, au 6° étage au dessus des toits de Lille me rappelle les aristochats ou Mary Poppins. Hôtel Saint Maurice, 8 parvis Saint Maurice, 59800 Lille, France (tel 03 20 06 27 40).

Le dîner sera viande, bière Grimbergen et un verre d'un bon Médoc dans un Resto branché (le Gladines, quoique très cher, de Lille) recommande par Yelp.

Demain, le train sera à 13 heures, après une bonne nuit bien méritée. Le RER vers Poissy étant fermé pour travaux, ce sera (1) découverte sur le quai du RER qu'aucun train ne va vers Poissy, (2) sortie frauduleuse du RER, avec le vélo, à St Germain en Laye avec un billet (plus cher) pour Poissy acheté juste avant à la station Halles et (3) arrivée éclairage allumé aux Alluets peu après le coucher du soleil. Ensuite, une bonne nuit.


"Le Cyclotourisme, un art de vivre"