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Le journal de PARIS - PÉKIN
(mois de mai)
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Important : Les informations sur le déroulement de Paris - Pékin à vélo 2008 sont strictement associatives, elles ne peuvent être rediffusées que dans le même esprit d'information. Il est strictement interdit d'utiliser ces données à des fins autres que celles définies par le cadre de la loi de 1901, dite "loi associative"

par Henri Dusseau
http://abeille-cyclotourisme.chez-alice.fr/2008_paris_pekin_5.html

Étape 66 : RISQULOV - TARAZ - Samedi 31 mai 2008.

Les statistiques de la semaine du dimanche 25 mai au samedi 31 mai 2008 :
Kms parcourus : 553 - Dénivelé : 2320 m
Depuis le départ de Paris : 7502 Km - Dénivelé : 30361 m.

102 km - Dénivelé : 450 m
Départ : 7h15 - Arrivée : 14h30

"Faîtes que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve". Antoine de Saint Exupéry

Fin du premier acte Kazakhstanais !

Cette dernière étape très vallonnée, était splendide le matin. Après le pique nique, en raison de la chaleur, nous avions tous hâte de regagner notre hôtel. Quelques coups de chaleur, ont permis à l'ambulance suiveuse toute neuve, de montrer sa réactivité et son efficacité. Une nuit réparatrice et fraîche devrait faire oublier ces petits malaises. Rien de bien grave, naturellement notre service médical est mobilisé.

Taraz est une grande et belle ville. La mairie fait tout le nécessaire pour nous montrer son meilleur visage. 4 autocars ont été mis à notre disposition pour visiter un splendide mausolée à une vingtaine de kilomètres de la ville, après une cérémonie officielle au cœur de la cité, devant des centaines de jeunes. Nous apprécions et nous garderons un excellent souvenir de notre premier passage au Kazakhstan.
Demain nous passons au Kirghizistan et nous reviendrons au pays Casaque le 12 Juin.

Nous avons commencé notre périple par l'ouest du pays, la partie la plus rude. La boue, la pluie, la chaleur, la piste, les hébergements sommaires. Toutes ces conditions, normales dans ce genre d'expédition, ont fait que nous avons trouvés au sud, des conditions bien meilleures et donc appréciés ce "confort" relatif.
Le Kazakhstan, où nous avons séjourné une vingtaine de jours et avons pédalé sur près de 2000 km. nous a beaucoup donné, nous sommes persuadé que ce très grand pays, qui assez rapidement prendra son envol économique à n'en pas douter, restera un excellent souvenir.

Le tourisme n'existe pas, ce qui présente beaucoup d'avantages et quelques inconvénients. Un exemple : En arrivant dans chaque hébergement la première phrase est : "Il faut me payer". Tout s'arrange bien sûr, par la suite, dès que le détail de la prestation après de très longues négociations est fixé et que Jean-François a fait le nécessaire, toujours en cash ! La carte visa a de l'avenir ici.

Étape 65 : SHIMKENT - RISQULOV - Vendredi 30 mai 2008.

82 Km - Dénivelé : 850 m
Départ : 7h00 - Arrivée : 12h30

"On court vers quelque chose, on trouve autre chose. On court vers quelqu'un, on trouve soi." Jacques Salomé

La douceur avant l'assaut.

Il fait beau, frais en début de matinée, la journée démarre bien. La campagne est verdoyante, les villages fréquents. Au loin à plus de 100 km nous apercevons de hautes montagnes, aux sommets couverts de neige. Ce sont les montagnes kazakhs et Kirghizes. Ce jour s'est égrené en douceur avec des variations de 400 à 850 mètres d'altitude, ce qui n'est pas du tout déplaisant.

L'étape étant courte, nous avons déjeuné directement dans notre hébergement qui était prévu pour la nuit. Nous sommes dans une maison de convalescence et de repos en activité, au milieu des arbres, entourée d'eau et... nous dormirons enfin dans de vrais lits ! Nous bénéficierons d'une douche et d'un W.C. pour 4 personnes, un "5 étoiles" kazakh, d'ailleurs certains préfèrent même ce type d'hébergement à l'hôtel classique.

Notre chaude après-midi sera consacrée au massage, au coiffeur et au repos. Encore un havre de paix. Tout le monde semble très satisfait.

Notre témoin du jour est : Odette Galvaing du club : Boucles de l'île de France de Meudon la Forêt dans les Hauts de Seine (92).

Vous faites partie de l'équipe logistique de cette expédition, pouvez vous nous préciser quel est votre rôle exact :

"Nous sommes une équipe de trois personnes, Brigitte, Jean-Claude et moi-même et nous devons assurer l'intendance des 116 participants.
Lors d'une journée ordinaire : dès le matin avant le départ nous fournissons aux cyclos la boisson nécessaire pour la matinée. Puis nous remplissons notre véhicule frigo des pique-niques, préparés, soit par nous la veille, soit par le restaurateur. Ces repas froids sont conservés dans le véhicule frigo jusqu'à l'heure du déjeuner et ensuite distribués aux participants.

A l'arrivée de l'étape, notre véhicule est à la disposition des cyclos assoiffés et chaque jour, durant les grandes chaleurs nous avons distribué en moyenne plus de 600 litres de boissons : eaux pétillantes et plates, coca et Pepsi, jus d'orange, bières, jus de fruits. Chaque participant peut consommer chaque jour une boisson gratuite, toutes les autres boissons sont payantes et il utilisera pour les payer une carte spécifique boissons équivalente à 30 consommations dont l'acquisition lui en coûtera 15 euros soit 0,50 centime la boisson. Il ne s'agit pas de faire du commerce mais d'apporter un service aux participants.

Nous devons également en cas de préparation des repas par nos soins, acheter les ingrédients et les préparer pour le dîner du soir, le petit déjeuner et le pique-nique : le pain notamment 2OOO tranches sont nécessaires, etc... il faut tout de même pour assurer 348 repas par jour.
Nous essayons de varier les menus et nous devons adapter ceux-ci selon les disponibilités des commerçants locaux, des pays traversés, en ville pas de problème, en campagne, il faut parfois acheter dans 10 boulangeries le pain nécessaire.

Notre volonté est que "nos" participants mangent le mieux possible, le plus possible, en variant nos préparations et en gardant le sourire. A ce jour et à notre connaissance personne n'est mort de faim."

Repos à : SHIMKENT - Jeudi 29 mai 2008.

"Ce qui fait l'intérêt d'un voyage ce sont les questions que l'on emporte, dont on est poursuivi, et qui vont se résoudre par le spectacle des lieux et des hommes." Frédéric Ozanam.

Les jours de repos dans une telle expédition, permettent vraiment de respirer, de traîner ou de se retrouver. Celle-ci ne fera pas exception. Ecole solidaire, visite de la ville, réception officielle, sieste, lessive, soins..... Tout est possible, rien n'est inéluctable pour les cyclos.

La preuve : Gérard Muller, notre non voyant, militant estimé pour ses actions en faveur des victimes de cet handicap, a rencontré, le secrétaire général et quelques membres de l'association locale des aveugles. Grâce à cette visite émouvante à l'extrême, les kazakhs ont découvert, la roulette. La roulette est une petite pièce fixée à l'extrémité de la canne blanche et qui permet de "sentir" avec la plus grande des délicatesses, le sol et ses obstacles. Selon les spécialistes, cet accessoire transforme la vie des handicapés. Désormais les non voyants kazakhs, vont adopter cette fameuse roulette.
Si Paris-Pékin, ne remplit que cette action humanitaire, il aura déjà fait œuvre utile et solidaire.

Dans trois jours nous quitterons le Kazakhstan, pour entrer au Kirghizistan. Nous frôlerons l'Ouzbékistan. Tous ces pays qui ont la même terminaison, aux noms bizarres : le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Azerbaïdjan un peu plus à l'ouest font désormais partis de notre mémoire géographique et nous pouvons maintenant les désigner sans honte d'ignorance sur une carte.
Dans notre leçon quotidienne de vie, notamment sur la géographie, l'histoire, la sociologie, l'architecture, la gastronomie, l'agriculture, le fil rouge reste notre vie communautaire.
Dans tous les cas, notre voyage aura appris à chacun de nous, beaucoup de choses, d'abord sur lui-même et peut être sur les autres. Rien que pour cette découverte, cette expédition était fort utile. Qui a dit que l'apprentissage était réservé qu'aux novices ?

A demain.

Étape 64 : TORTKOL - SHIMKENT - Mercredi 28 mai 2008.

92 Km - Dénivelé : 461 m
Départ : 7h00 - Arrivée : 14h30

Le retour des fleurs !

L'étape assez courte est une des plus agréables de la semaine car un léger dénivelé vient rompre la relative monotonie des étapes précédentes et colorée par des multitudes de fleurs.

Des fleurs oui, à tous les niveaux, dans le musée du plus grand champion de sport de force du pays, où son village natal a érigé un bâtiment spécialement à sa gloire, et présente ses multiples médailles, coupes et autres récompenses, glanées par lui dans le monde entier. Puis dans la nature, plus pimpantes que jamais. (voir l'article ci-dessous) et enfin celles qui nous ont été offertes, en arrivant sur le territoire de Shimkent (la 2ème ville du Kazakhstan).
Petite leçon de choses, les fleurs étant à l'origine de la conception du miel, nous avons croisés, de très nombreuses marchandes de cette merveilleuse production, toutes situées sur le côté droit de la route, en sortant de la ville. Pourquoi me direz-vous! Parce que ce produit ne s'achète qu'en partant, jamais en entrant !

Allez donc savoir !!!

Notre témoin du jour est : Marck Jean-Jacques de Lautenbach-zell dans le Haut-Rhin (68).

Vous roulez avec votre femme Pierrette quels sont les avantages de rouler en couple ?

"Nous sillonnons l'Europe à vélo depuis des décennies et des habitudes se sont forgées au fil des ans. Partager la même passion est un luxe rare que j'apprécie à sa juste mesure. Dans les moments un peu difficiles, nous pouvons nous remonter le moral et je ne me serai jamais engagé seul dans une telle aventure ! Pour de simples raisons de complicité. Il est agréable de pouvoir partager les moments de bonheur et de s'épauler lorsque les temps sont plus durs.

Depuis Paris, je m'amuse à photographier tout ce qui ressemble à une fleur afin raconter "Paris-Pékin" par les fleurs. J'ai particulièrement été comblé lors cette étape puisque quelques variétés de choix sont venues s'ajouter à ma petite collection : des centaurées, des liserons, la chicorée, le coquelicot et la merveilleuse rose trémière sous ses fastueux coloris.

Je souhaitais enfin, transmettre à tous, ce que je cherchais depuis longtemps : Pourquoi le croissant de lune est-il le symbole de l'Islam ?
J'ai eu la chance, hier, de rencontrer un professeur d'université spcialiste dans la littrature Turque. Il nous a éclairé sur ce sujet : Au douzième siècle, lors de la bataille particulièrement meutrière remportée par les Turcs, le sang de l'ennemi, les croisés ? (Notre interlocuteur sans doute par pudeur disait ne plus se souvenir) coulait tellement que même la lune et les étoiles se reflétaient dans cet océan. Les Turcs, décidèrent alors d'apposer le croissant et l'étoile sur leur drapeau, ce qui n'avait pas grand-chose à voir à priori avec l'Islam né cinq siècles auparavant. D'autres pays musulmans ont suivi cet exemple et petit à petit, le croissant de lune est devenu le symbole de l'Islam.

Notons par ailleurs que la petite viennoiserie, le fameux "croissant" serait né à Vienne inventé par un boulanger de génie au 18ème siècle où la Turquomanie était fortement à la mode : la marche turque chez Mozart, le grand Mamamouchi chez Molière."

New : Henri Dusseau a retrouvé avec satisfaction "son" Ivéco avec un embrayage neuf.

Étape 63 : TURKISTAN - TORTKOL - Mardi 27 mai 2008.

72 Km - Dénivelé : 67 m
Départ : 7h10 - Arrivée : entre 11h30 et 12h30

L'eau c'est la vie.

Rarement une évidence, vieille comme le monde, n'a été aussi vécue sur le terrain. Nous partons à la fraîche de Türkistan (50000 habitants) en observant la vitalité de cette cité. Constructions neuves par centaines, immeubles et supermarchés fleurissent dans la banlieue. Cette ville qui vit au rythme d'un Islam modéré, possède son université où des étudiants de très nombreux pays musulmans viennent étudier.

L'hôtel, de bon confort, où nous avons passé la nuit, est d'ailleurs la propriété de cette institution. Du désert d'hier, nous nous dirigeons lentement en direction de l'Ouzbékistan, ses hautes montagnes et sa capitale Tachkent. Le fleuve Arys en arrose largement sa vallée qui s'étend sur des centaines de km. Sur ses berges, grâce à de nombreux canaux d'irrigation, il alimente les plantations de toutes sortes et ses populations, l'herbe tendre y pousse naturellement et nourrit de nombreux troupeaux. Par cette diversité agraire, les métiers ruraux sont légions : Vendeurs et réparateurs de machines agricoles, vendeurs d'engrais, de semences, vétérinaires, tondeurs de moutons, aiguiseurs, etc... Tout le monde peut travailler et vivre au pays, les enfants, à leur tour, engendreront d'autres activités.
Les maisons bien alignées, avec des portails de couleurs vives : Bleu : un Kazakh fier de son drapeau, vert : un musulman qui a réalisé son pèlerinage à la Mecque.
Grâce à son développement, la société de consommation commence à poindre son long nez.

Ce soir nous retrouvons notre gymnase habituel, mais cette fois ci rien que pour les hommes "célibataires", d'autres pièces sont réservées pour les couples, une spécifiquement pour nos amazones "seules" et enfin une dernière pour l'encadrement.
L'eau c'est la vie... si nous l'avions eue nous aurions été totalement aux anges.

Demain sera une autre histoire.

Notre témoin du jour : Danielle Haboury du Vélo-club d'Annecy en Haute Savoie (74).

Après deux mois de route, je suis toujours en super forme, je n'éprouve aucune fatigue et j'apprécie de jour en jour ce voyage, où depuis plusieurs étapes nous vivons très proches des Kazakhstanais.

Ce matin même, nous avons fait une halte dans une superbe et rarissime maison. Ancienne propriété d'un riche agriculteur transformée en restaurant. Sur la terrasse, nous avons pu savourer notre thé brûlant, assis sur des sofas en contemplant le plafond en bois sculpté et dont les murs étaient couverts de fresques peintes et en céramique. Une merveille insoupçonnable.

J'ai trouvé la population d'une extrême gentillesse, toujours accueillante. L'offrande est naturelle au Kazakhstan. Je pense que notre visite est vraiment ressentie comme un honneur pour ces populations qui, pour la plupart, n'ont jamais rencontré d'étrangers. Ils n'ont pas peur, bien au contraire, ils sont curieux de nous voir, en groupe sur nos machines un peu étranges !

Surprise aujourd'hui, pas d'eau courante dans notre gîte, mais douche dans un local alimentée toute l'année par de l'eau de source très chaude. Un vrai régal.

Je savais et j'espérais faire en compagnie de mon mari Jean-Marie un voyage inoubliable, je constate avec plaisir et simplicité que mon espérance devient réalité !

Étape 62 : JANGAQORGAN - TURKISTAN - lundi 26 mai 2008.

129 km - Dénivelé : 983 m
Départ : 7h00 - Arrivée : 16h00

Le désert.

Nous quittons notre oasis rafraîchissante à regret car nous savons que 11 Km de piste nous attendent. Nous devons en effet revenir par la piste empruntée hier soir !
Il fait chaud mais le soleil est voilé et c'est très supportable. Par contre la poussière pose problème. Un cyclo essaye le masque ! Chacun fait comme il peut.
Le vent encore présent rafraîchi, mais il est encore face à nous ! Il faut y aller.
Chacun avec ses moyens et sa forme pédale à son allure, chaque groupe est autonome. Nos éternels surveillants se sont adaptés à nos exigences : sécurité, convivialité, solidarité.

Aujourd'hui nous traversons une steppe désertique. Pas un point d'ombre, pas un arbre : Grandeur, beauté et souffrance du désert sont à notre menu et c'est " je t'aime, moi non plus ! " Un peu de vallonnement est apprécié, car il permet le changement de position sur le vélo.

Les étapes plus courtes, des hébergements bien préparés, une nourriture abondante, nous aident énormément à traverser le Kazakhstan, qui restera un des monuments de notre folle histoire.

La logistique, Jean-François en tête, Brigitte, Andreï et Jean, sans bruit mais avec efficacité ont réglé le problème Ivéco. Jeudi ou vendredi, la camionnette devrait être réparée ! Mais que d'efforts !

Ce soir nous sommes à Turkkystan, troisième lieu sacré de l'Islam. Le musée sera exceptionnellement ouvert jusqu'à 20 heures pour notre groupe.

Deux bons hôtels nous permettent de recharger les batteries.

Notre témoin du jour : Christian Robin du club de Saiguede (31) Haute Garonne.

"Après 7000 km dont près de 2 000 au Kazakhstan, je découvre sur le terrain le résultat de mon travail et de mes recherches réalisés sur ce pays. En effet c'est avec bonheur que je retrouve la steppe, sa grandeur et son immensité. Depuis notre arrivée dans le sud, la proximité du fleuve Syr Daria, apporte la fraîcheur nécessaire à l'éclosion d'une nature riche en verdure, celle-ci nous procure une sensation de bien être, fort appréciée, sous cette forte chaleur (42°).

La sympathie et l'enthousiasme des populations font plaisir à voir et les habitants se dévouent corps et âmes, pour nous procurer, un accueil et des spectacles folkloriques appréciés de tous. Les chants traditionnels, bien que diffusés, hélas, avec une sono beaucoup trop puissante, montrent, de mon point de vue, toute l'ambition et la volonté pour ce jeune pays, d'arriver le plus rapidement possible à un niveau de vie socio culturel semblable à l'Europe. Cette volonté populaire va dans le sens des slogans officiels : Kazakhstan 2030 !

En ce qui me concerne j'attends avec impatience notre entrée dans le prochain pays : La République Kirghise, car je souhaite découvrir la haute montagne, dans un environnement naturel, l'habitat traditionnel, les yourtes et le deuxième plus grand lac d'eau saumâtre, du monde en altitude (1650 m) le lac Issy Köl.

Venu sur ce périple pour y découvrir une aventure sportive et humaine, je suis comblé. De loin l'aventure humaine est la plus formidable et la plus enrichissante. Je découvre, chaque jour, de nouvelles facettes avec mes compagnons de route et quelques une me concernant aussi, je me découvre ! La vie "Spartiate" nous ramène à des bases de vie essentielles.

Ce voyage, modifiera, dans tous les cas, mon approche des autres et mon comportement futur, tant auprès de ma famille qu'auprès de mes collègues de E.A.D.S. (Du moins je l'espère.)

Étape 61 : SHIYELLI - JANGAQORGAN - Dimanche 25 mai 2008.

78 km - Dénivelé : 283 m
Départ : 7h20 - Arrivée : 13h00

L'oasis.

Nous n'imaginions pas que cette étape courte et plate serait assez difficile. Il faut toujours tenir compte, en Asie de deux éléments essentiels : Le vent et la qualité de la route. Ces deux variables ont fortement influencées les 15 derniers Km de notre étape quotidienne. En effet une piste poussiéreuse et rugueuse et un vent violent de face, ont rendu le final assez délicat pour les moins en forme.
Accessoirement, nous franchissons les 7 000 Kms !

Un sérieux coup de chaud, pour un participant a permis de vérifier la réactivité des médecins et de l'infirmière qui ont fait le nécessaire pour soigner en toute urgence le garçon concerné. Demain il repartira, sans difficulté.

Autre procédure appliquée aujourd'hui - la 17 A - pour panne sérieuse d'un véhicule. La camionnette d'Henri (bagages des groupes bleu et vert) a cassé son embrayage. Aucun garage dans notre village étape. Du coup le camion de Jean François a remorqué jusqu'à Shimkent (grande métropole) mais à 280 km. ! le véhicule en panne. Nous espérons trouver un garage compétent, qui devra se faire livrer la pièce Ivéco, - un disque d'embrayage - à Almaty (1000km), la récupérer et réparer.
Impossible de savoir si le véhicule sera disponible rapidement.

L'expédition continue bien entendu avec un véhicule en moins, ce qui pose évidemment des problèmes délicats, et les solutions trouvées doivent prendre en compte la sécurité, les possibilités techniques des autre véhicules, et la mise à disposition du matériel et des bagages indispensables à chaque étape. Nous gérons avec sérieux et dans la bonne humeur, comme il se doit.

Tous les cyclos, sont loin de ces vicissitudes et profitent largement d'un centre de vacances, au milieu d'une oasis. Après le pique nique pris à l'arrivée, c'est le repos total dans des villas, sans lit -nous avons les nôtres - mais ventilées parfaitement !
Un dîner spectacle achève la soirée.

Naturellement, en ce dimanche particulier, à plus de 7000 Km, de vous chacune et chacun des participants a eu une pensée émue pour sa maman voir sa belle maman !

Demain sera un autre jour.

Notre témoin du jour : Alain Roger du club cyclotouriste de Boigny sur Bionne (45) Loiret, demeurant à Chécy.

"Pour moi cette étape, avec vent favorable au départ et défavorable dans le final, sans compter une piste poussiéreuse et caillouteuse satisfait mon goût de l'aventure.

Pour le reste, je suis très content du déroulement de cette expédition. Il y a des jours difficiles, d'autres moins, des hébergements sommaires, d'autres plus luxueux, nous nous adaptons au jour le jour.
Dans mon groupe (vert) je me suis fait de nouveaux copains, l'entraide est de mise, la rigolade aussi, je suis à l'aise et en pleine forme physique et morale.

Je découvre pour la première fois les 12 pays traversés, tous très différents les uns et les autres. Le style de vie également et c'est ce qui rend ce voyage passionnant.
Nous devons nous adapter quotidiennement car les temps sont changeants, nous passons de l'hiver à l'été, de mars à fin mai. Habitué dans l'Orléanais à des terrains relativement plats, et pédalant, en grande partie sur des routes peu pentues, je suis vraiment à l'aise et ne fais pas trop d'effort avant la montagne du Kirghizstan, que nous allons aborder dans une semaine.

Je regrette de n'avoir pas à mes cotés ma femme Marie Jeanne mes amis du club de Bobigny avec qui j'ai parcouru la Birmanie et le Vietnam."

Étape 60 : KIZIL ORDA - SHIYELLI - Samedi 24 mai 2008.

Les statistiques de la semaine du dimanche 18 mai au samedi 24 mai :
Kilomètres parcourus : 404 Km - Dénivelé : 927 m
Depuis le départ : 6950 Km - Dénivelé : 28031 m

132 km - Dénivelé : 236 m
Départ : 7h00 - Arrivée 16h15

Une journée ordinaire ?

A 7 h pétantes (il est 3 h en Europe de l'ouest), le peloton prend la route, requinqué, reposé, propre et souriant. 90 Kms seront avalés avant midi, le groupe profitant de quelques arbres, consomme le pique nique et prend une heure trente de farniente.
Cette journée de repos, très appréciée, a permis à tous les organismes de s'adapter à la grosse chaleur.

La route est goudronnée et rugueuse, droite, l'environnement reste la steppe sablonneuse, avec çà et là, quelques points d'eau ou des troupeaux viennent profiter de la fraîcheur.

Le peloton groupé sera à l'hébergement à 16h15. Nous utilisons ce soir un camp de jeunes. Il s'agit d'un internat permettant aux enfants de la ville voisine, de profiter d'un "centre aéré", dirait on en France. Des chambres avec 16 lits ! Et cela nous paraît un luxe - le lit - pas d'eau courante, les toilettes dans la cour. Un bain Russe fera l'affaire pour l'hygiène et le folklore. Le personnel du centre se met en huit, pour nous préparer le dîner, le petit déjeuner et le pique nique de demain. La quasi totalité du personnel, des femmes en majorité, n'a jamais vu "en vrai" des Français, ce qui provoque des fous rires, des regards en biais, et des attitudes surprenantes pour nous. Tout le monde exige de se faire photographier avec "un Français vrai" le tout avec une gentillesse extrême et une efficacité ordonnée.

Tout compte fait cette journée, que nous pensions ordinaire est comme chaque jour une ouverture au monde, un partage d'humanité. Aujourd'hui encore nous sommes au cœur de notre identité de cyclotouriste et cela est extraordinaire.

Notre témoin du jour est notre second Helvète: Netti Mauron, de Marly, canton de Fribourg (Suisse).

"Je suis parti du connu pour aller vers l'inconnu, et j'ai eu vraiment l'impression de commencer le voyage à partir de Volgograd (Russie). Jusqu'à cette ville, je me sentais en Europe et à partir de cette cité tout a changé, de mon point de vue. Les paysages, steppes immenses, inconnues en Europe de l'Ouest, visages et comportement vraiment différents de mes ballades antérieures. L'impression de me trouver au milieu de rien ! Habitué à prendre des films, tout me semble, à première vue, identique. Cette impression est vite oubliée quand je rentre dans le détail des choses, de la flore ou de la faune.
Ce qui m'intéresse beaucoup est la recherche des visages des enfants, des hommes et des femmes qui, si l'on y prête attention, sont des visages de la vraie vie.

J'ai beaucoup apprécié les manifestations folkloriques et voir danser, au milieu de la steppe, des groupes de jeunes filles en tenue d'apparat m'a semblé complètement hors du temps et superbement surprenant.

Mon livre de chevet pendant ce voyage est : "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier (édition Payot). Chaque soir, je me délecte de quelques phrases ou d'une moitié de chapitre. Je vous en cite une :
- Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait."

Repos à : KIZIL ORDA - Vendredi 23 mai 2008.

Disons le tout net, ce jour était attendu, espéré et bienvenu. Les cyclotouristes, les encadrants, tous les matériels roulants, sans compter les vêtements et les accessoires avaient besoin de faire le point.

Nous avons tous retrouvé avec délice un vrai hôtel avec même de l'eau chaude, de la climatisation, et de la propreté !
Chacun a donc vécu à sa façon. La majorité des cyclos à l'économie !

Seules les machines à laver de notre hébergeur ont tournées à plein régime, au point de retrouver le linge des 116 participants, certes propres mais... en vrac sur le plancher d'une pièce ! Le tri fera parti de nos instants inoubliables. Seule un chaussette et une casquette n'ont pas retrouvées leur propriétaire d'origine.

L'intendance a fait le plein de boissons pour les jours à venir et le mécanicien Claude a travaillé comme un fou, pour changer une soixantaine de chaîne sur les vélos. Tous ont été lavés, graissés, entretenus, par leur utilisateurs.
Les 7 véhicules ont retrouvés leur pimpant du départ et les dégâts d'une route chaotique ont été réparés.

L'opération école solidaire, une fois encore, sous la responsabilité de Yves-Marie, a joué son rôle de lien entre les jeunes. Moments forts et émouvants.

La visite de la ville en autocar, proposée par la mairie n'a pas eu lieu, faute de client. Il faut dire que cette grande ville, n'est pas un haut lieu d'un tourisme qui n'existe pas. Par contre une quinzaine d'amateurs ont goûtés aux délices d'une piscine Casaque.
Le cyber café, a été envahi, et des milliers de messages sont partis pour l'Europe.

A 18h, la chaleur ayant diminué, beaucoup sont allés au spectacle musical et folklorique. Danseuses, chanteurs, chanteuses et instrumentistes en costume de parade donnent un récital émouvant et sans fantaisie. Le spectacle fait manifestement partie de la vie. En supplément de programme, notre interprète Andreï Ivanov, sur un piano, nous fascine par quelques airs de musique classique.

Tout le monde dort, il est 22 h.

Le témoin du jour est : Pierre Orset du cyclos Club de Saulieu (21) Côte d'or.

Pour moi aussi j'ai attendu cette journée avec impatience. Nous avons franchi près de 7 000 kms en 60 étapes. Notre organisme avait aussi besoin de récupération, car notre adaptation à la grande chaleur nécessite un comportement particulier, notamment en buvant énormément. Nous donnons du temps au temps, et la sieste est vraiment réconfortante.

J'ai également beaucoup écrit, à la famille et aux amis, car je vais bien, de mieux en mieux même. Quelques courses, feront l'objet d'une balade en ville, sans oublier le concert habituel. La journée de repos, fait aussi partie de notre expédition.

Mon rêve se poursuit. L'aventure humaine aussi, et une grande dose d'humilité et de sagesse sont indispensables pour éviter les simples problèmes de la vie communautaire. Peu habitué à vivre avec 115 collègues 24h/24, je découvre avec philosophie le comportement des hommes ! C'est une surprise !

Étape 59 : JALAGHASH - KIZIL ORDA - Jeudi 22 Mai 2008.

80 Km - Dénivelé : 126 m
Départ : 7h00 - Arrivée : 14h00

Toujours la chaleur.

" Il est de la nature de l'homme de dépasser sa nature Maurice Zundel. "

Il nous faudra encore deux ou trois jours pour assimiler les effets de la chaleur brutale. Nous essayons donc de rouler le matin à la fraîche ! Et nous avons sorti les "camelback" (réservoirs d'eau de 3 litres portés sur le dos) fournis par TIPI. Il faut beaucoup boire, 5 litres minimum sur 8O kms. Un oubli est vite sanctionné et la vigilance est de mise.

Nous traversons aujourd'hui une région relativement verdoyante, les arbustes ont remplacés la steppe désertique et ce décor est beaucoup plus agréable. Des fleuves traversent le sud, et manifestement la région est nettement plus riche qu'à l'ouest. Les villages, sans être coquets sont organisés et structurés. Encore des rizières, et d'énormes silos dans la campagne.
Nous arrivons aussi sur des terres où la Turquie depuis des siècles est présente : coutumes, nourriture, vêtements. Imperceptiblement les Mongols purs et durs se sont mêlés aux Turques et ont adoptés une partie de leurs habitudes.

Nous arrivons tôt a l'hôtel, car après huit jours de "baroud" dans la steppe, les mots : douches, lit, W.C., propreté, coiffeur, cyber-café, deviennent voluptueux à nos oreilles !
Nous allons tous en profiter et demain dans notre ville de 250 000 habitants les "Paris Pékin", vont croiser bras et jambes !

Notre témoin du jour est : Joël Gaborit, du C.T. Rambouillet (78) Yvelines.

Capitaine du groupe jaune, quelles sont vos impressions après 60 étapes ?

Après deux mois de route et de vie commune, une certaine tension est présente : la fatigue, la chaleur, la vie en commun, la promiscuité dans des hébergements sommaires, tout cela permet de mesurer la réelle valeur des participants. La théorie de convivialité permanente, de solidarité totale vécue au quotidien n'est plus livresque mais pratique !

Sur le plan sportif, cette expédition est relativement facile en tous les cas pour moi. Mon groupe tourne bien. L'organisation générale est vraiment faîte pour satisfaire au mieux les besoins généraux. Moi qui adore l'imprévu et les situations difficiles, je suis servi et à la limite la fin du voyage arrivera déjà trop vite !
Sans jour de repos, dans de bonnes conditions matérielles notre expédition serait probablement invivable. Cette respiration quasi hebdomadaire est devenue indispensable pour l'équilibre de tous et de chacun.

Depuis l'Ukraine, le paysage est assez monotone, plat et répétitif. L'itinéraire choisi a voulu éviter les difficultés, la montagne à venir nous apportera des paysages grandioses.

J'observe avec attention depuis des semaines la vie des gens : Je me demande si les personnes rencontrées, toujours souriantes, propres, attentives, sont conscients de vivre une vie qui nous semble très difficile, en tous les cas pour nos standards habituels. Je suis surpris aussi par les contrastes de vie : pas d'eau courante, et de DVD dans les maisons ! pas de chemin goudronné et pas une antenne parabolique ! Beaucoup de marche à pied, avec le téléphone portable vissée à l'oreille ! Que de sujets de réflexions !

Le rôle de Capitaine n'est pas évident tous les jours et je dois m'adapter avec chacun. J'ai quelques problèmes avec les individuels forcenés. J'essaye de faire au mieux, conscient de ne pas toujours pouvoir faire tout et son contraire !

Étape 58 : JOSALI - JALAGHASH - Mercredi 21 mai 2008.

94 km - Dénivelé : 454 m
Départ : 7h10 - Arrivée : 15h00

Les rizières du sud.

Cette journée, relativement courte en km, s'est révélée cependant assez pénible. La chaleur, bien sûr, mais aussi des petits problèmes pour quelques cyclos, touchés par un virus qui les embarrasse coté digestion. Le plan papier est opérationnel !

Dans ce sud que nous découvrons, notre étonnement vient des cultures. Un fleuve qui désormais recommence à se jeter dans la mer d'Aral, permet, grâce à une réseau d'irrigation complexe, d'ensemencer des centaines d'hectares de rizières. L'impression, steppe désertique côtoyant rizières inondées est vraiment surprenante.

Ce soir, encore nous sommes hébergés dans une école, avec gymnase. Grand luxe, nous avons des douches, 6 pommes d'eau.

Notre témoin du jour : Michel Cabart du club de l'amicale des anciens du tour cyclotouriste et demeurant à Peisey Nancroix (73) Savoie.

"Aujourd'hui je roule en solo, car mon compagnon de tandem Gérard Muller a été victime d'une petite fatigue. Demain il reprend la route. Je prend conscience que pédaler sur ce type d'engin est plus difficile, plus d'effort pour moins de rendement. Seul sur mon vélo, pour la première fois depuis le départ de Paris cette étape de 94 km. m'a paru très facile.
Par ailleurs rouler en solo change la position dans le groupe : Je passe un peu partout, je fais de nouvelles rencontre, je me sens très libre et très léger. Aujourdhui, j'ai même pu rouler près de ma femme Odile, ce qui est plus difficile avec un tandem. En tandem nous évitons de subir l'effet de peloton pour que Gérard puisse échapper au stress du aux voisins proches. Derrière je garde une bonne visibilité, pour éviter les pièges de la route. L'objectif du tandem étant d'arriver à Pékin en pleine forme et sans accident.

Après deux mois de vie en groupe, je persiste dans ma chance de réaliser cette extraordinaire randonnée. Même dans les difficultés présentes ou passées, je trouve des raisons d'être heureux et je peste violemment contre les quelques "jamais contents", qui peuvent perturber, de temps à autre la vie d'un groupe, majoritairement exceptionnel.
Les notions de solidarité et de convivialité, fondements de la FFCT, se retrouvent, tous les jours, dans les gestes anonymes, les attentions à l'autre et cela à l'abri des regards et des photos.

Si c'était à refaire, je le referais sans réfléchir."

Étape 57 : TORETAM - JOSALI - Mardi 20 mai 2008.

85 km - Dénivelé : 259 m
Départ : 8h30 - Arrivée : 16h30

La Chaleur.

Nous n'avons pas impunément fait en train un voyage équivalent à un Paris-Avignon, sans noter immédiatement des différences notoires. La première qui nous interpelle au premier coup de pédale du premier kilomètre est la chaleur !
Quand nous parlons chaleur cela signifie 38°, aujourd'hui au soleil ! A l'ombre c'est pareil car même ce mot n'existe pas en langue kazakhe. Il faut désormais compter avec cette nouvelle donne. Nous savons que cet état climatique, sera notre compagnon encore longtemps. Heureusement aujourd'hui encore acceptable, car accompagnée d'un vent fort, malheureusement de face.

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Au 3ème rang à gauche, c'est Claude

En début d'après midi nous nous arrêtons, pour le pique nique au km 63. A cet endroit, sortie de la steppe désertique, des grands bâtiments construits en terrasse offrent un curieux décor. Il s'agit d'un imposant musée érigé en faveur de KORKYUT. Peut être ignorez vous qui est ce personnage ? Il s'agit de l'homme, qui selon la légende kazakhe, a inventé la musique. Il était médecin et soignait ses malades avec elle. Il était dit on, mais cette information n'a pu être vérifiée, contemporain de Jésus Christ.

Avant notre arrivée, nous rencontrons notre première mini tornade, qui venue du diable vauvert, traverse brusquement la route et bouscule un cyclos qui chute sans gravité. Elle continue son chemin, en sautillant de façon désordonnée et se perd rapidement à l'horizon. Charme nouveau du désert.

La nuit se passe dans notre gymnase habituel.

Nous prenons maintenant l'habitude du bain russe, quasi quotidien, à défaut de douches inexistantes - Le bain Russe de campagne est un local fermé de deux pièces, une surchauffée pour transpirer abondamment, une autre pour se doucher ou se rincer avec de l'eau froide. C'est souvent rudimentaire mais toujours bienfaisant.

Notre témoin du jour est : Gérard Genest, du club cyclotouriste de la ville de Sceaux (92) Les Hauts de Seine.

" Cette étape est la première passée sous la chaleur. Je l'ai franchie assez difficilement car j'ai eu quelques problèmes gastriques.
Ce qui est difficile à supporter pendant ces heures sont les arrêts multiples, les crevaisons, qui oblige l'ensemble du groupe à stopper. Pas le moindre arbre pour être à l'ombre, cette situation est vraiment pénible.

Les accueils des villages sont souvent surprenants, et ce qui m'étonne aussi est l'acceptation par les automobilistes du blocage de la route, souvent pour une heure, à l'occasion du passage de notre caravane. Je suis aussi admiratif du comportement des personnels de service dans les cantines qui ne savent pas comment faire, pour nous donner le meilleur de leur talent.

Après plus de six mille kms, je suis en pleine forme. Sauf accident, je pense bien arriver à Pékin. "

QUANDIAGHASH - TORRETAM - Dimanche 18 et lundi 19 mai 2008.

680 km en train couchette
Départ : 18h15 - Arrivée : 9h15

Le Voyage en train.

Nous l'attendions tous ce transfert ferroviaire et pour des raisons diverses et variées, nous avions tous, ou la plupart d'entre nous une petite appréhension. Déjà au niveau de la réservation des places, prises depuis Paris et l'utilisation d'un fourgon pour les vélos, il a fallu négocier avec deux compagnies différentes.
Assez rapidement, en deux heures environ, nous arrivions à savoir que nous avons en attribution trois wagons couchettes de 9 compartiments de 4 places, les N° 2, 4 et 6. Par contre impossible de savoir si le fourgon destiné au vélo est vide au départ de Quandiaghash ! Le départ du train est prévu à 18h15. Nous devons être à la gare à 16 heures.

A 18h, le train tiré par deux locomotrices Diesel, suivi de 17 wagons couchettes entre en gare. L'opération chargement vélo est lancée. Elle doit être impérativement réalisée en 15 minutes. Les volontaires (toujours les mêmes !) sont vraiment à l'ouvrage, car le fourgon bagage est hors du quai et la hauteur du plancher se trouve à 1 mètre 50. Il nous faudra 22 minutes pour grimper les 96 vélos et les deux tandems.
Les hommes épuisés, rejoignent leur wagon respectif. Sauf que le wagon N° 6, n'existe pas ! Un peu d'affolement mais la police toute puissante et efficace, nous attribue le 5. Nous découvrons des wagons certes anciens mais confortables, propres, avec matelas et draps neufs sur les couchettes.

Durant 650 Kms ce sera la steppe, parsemée d'une dizaine d'arrêt en gare. Pas de wagon restaurant, interdit de changer de wagon. La police veille. Cette dernière nous compte et nous recompte en nous expliquant que nous occupons deux places de trop ! Vers minuit il nous est demandé de céder deux couchettes pour que deux policiers puissent dormir ! Un niet assez sec, et cette demande n'aura plus de suite.

Nous avançons nos montres d'une heure et désormais avons quatre heures de décalage avec l'Europe. A 9h15, à la minute prévue, nous arrivons à Torrétam, terme de notre voyage.
L'opération déchargement du fourgon est réalisée en 8 minutes. Nous sommes attendus en gare, et dirigés en vélo, sur une école à 12 Km du centre. Notre gymnase habituel nous tend les bras !
Nous apprenons que dans l'après midi, nous pourrons aller dans l'enclave Russe de Baïkonour et visiter le musée des cosmonautes !

Pendant ce temps là, les 7 véhicules, en deux convois distincts ont pris la route et la piste. 4 véhicules dont les deux 20 tonnes quittent Quandiagash samedi à 20 heures, ils arriveront à Torretam le lundi à 14 heures.
Une autre épopée, avec trois embourbements, réquisition par la police (qui précède le convoi) de 500 litres de gas-oil, pour faire nos pleins, le far West est encore présent à l'est. Le reste des véhicules partis dimanche à 18 h.30, les 2 portes bagages et le véhicule de l'E.S.O., ne sont toujours pas arrivés lundi à 20 heures !

La belle aventure continue.

Notre témoin du jour : Emile Hubert, notre seul Luxembourgeois, de Niedercorn, membre du club, les Cyclotouristes de Longwy (54) Meurthe et Moselle.

Après l'émerveillement de l'accueil Kasaque de Quandiaghash, nous découvrons la grande gare de la Ville. Le chargement des vélos s'est bien passé et nous montons dans un train comparable au notre. J'ai très bien dormi, sur ma couchette, avec matelas et drap neuf.
J'ai vécu un coucher de soleil merveilleux et étant peintre à mes heures, j'ai admiré la variation des couleurs. La nuit pour moi a été calme et sans problème.

J'apprécie beaucoup ce voyage. Le contact avec les différentes populations n'est pas toujours évident, mais quand il est possible vraiment intéressant. J'apprécie beaucoup les spectacles qui nous sont proposés et j'ai même eu le plaisir de pouvoir chanter sur scène une chanson de Luis Mariano.

Sur les routes difficiles, je suis très attentif, car une chute grave, serait pour moi une catastrophe. Je fais également très attention de ne pas faire tomber un autre cyclo, car je souhaite vraiment arriver à Pékin en bonne santé, voir en pleine forme, accompagné par tous.

Ce voyage est pour moi la cerise sur mon gâteau de cyclotouriste.

Étape 56 : SHUBARQUDIG - QUANDIAGHASH - Samedi 17 mai 2008.

Les statistiques de la semaine du dimanche 11 mai au samedi 17 mai inclus :
Distance parcourue : 691 Km - Dénivelé : 1992 m
Depuis le départ : 6545 km - Dénivelé 27194 m

85 km - Dénivelé : 454 m
Départ : 9h1 5 - Arrivée : 15h00

Une journée ordinaire, passionnante !

Petite étape, très légèrement vallonnée, à travers la steppe qui désormais nous est plus familière. Nous avons la chance de ne pas pédaler avec de très grosses chaleurs, ce qui rend vraiment la randonnée fort agréable. L'état des routes, pour un cycliste ne pose pas de problème particulier. Une attention plus grande pour éviter les trous et les passages boueux suffit. Ce n'est pas le cas pour nos véhicules d'accompagnement qui ne sont pas à la fête.

En parlant de fête, il faut convenir que les autorités locales se mettent en quatre pour nous recevoir. A l'entrée dans une région, au passage d'un village, une importante délégation est présente, les enfants agitent des fanions et les cyclos signent des autographes par dizaine.

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Claude fait des entrechats

Notre arrivée à Quandiaghash est typique de ces manifestations bien préparées. Dans toute la ville, un policier tous les 100 mètres et 500 mètres avant l'entrée dans le collège qui nous héberge une double haie d'enfants, en tenue d'écolier, nous applaudissent. Sur le perron du collège, la police, une cinquantaine d'hommes en tenue et de nombreux en civil, la directrice, l'ensemble des professeurs, les multiples fonctionnaires de la ville et de la région, sont présents. Sans compter le groupe de danseurs et celui des musiciens. Toujours une surprise, toujours des moments impressionnants et émouvants.
Dans son discours d'accueil le chef de la police nous indique que nous ne pouvons absolument pas sortir de l'enceinte gardée des bâtiments ! La consigne sera appliquée à la lettre. Par contre les trois repas pris dans la cantine scolaires sont parfaits et très copieux et nous dégustons les plats traditionnels. Viande de cheval en saucisson, viande de mouton, sur un lit d'espèce de lasagne.
Dans le même établissement, mais dans une salle privée une délégation de 4 des nôtres est l'hôte du Maire, du chef de la police, du chef des députés, et de quelques hommes importants. Le plus difficile n'étant pas forcément de conclure chaque allocution par un verre de cognac ou de vodka, mais de déguster les yeux de la tête du mouton, qui nous a été proposée comme hôte important !

Deux concerts viendront agrémenter nos 24 heures de casernement.

Notre témoin du jour : Chistian ROCHE du club de l'amicale de randonneurs de la communauté de commune de Saint Pourçain sur Sioule.

Etape rapide, je dois m'accrocher pour rester dans le peloton car je suis quand même un peu fatigué.

Moments surprenants, à l'entrée de la région plus de cent personnes, Préfet en tête, nous attendent :Tapis, buffet et discours et là, un moment d'anthologie, le discours du préfet qui cite en Kasaque, bien entendu les célébrités de la France : Robespierre, Zidane, Chirac, Victor Hugo, et Dominique Lamouller (sic).

Autre étonnement, ce matin je suis entré dans une ferme au bord de la route. La fermière malaxait sa pâte, dans la main et la faisait sécher sur un grillage. J'ai demandé à goûter ce fromage et il m'a rappelé le Cantal de mon enfance.

Dans ces steppes immenses où le décor est en cinémascope, le ciel est d'une telle beauté que la pensée n'a plus de limite.

Je suis à la recherche de mes dix kilos perdus, j'ai réalisé que l'Aubrac, qui m'est cher, n'étais qu'un confetti.

Étape 55 : BAYGANIN - SHUBARQUDIG - Vendredi 16 mai 2008.

72 km - Dénivelé : 134 m
Départ : 9h15 - Arrivée : 15h00

Deux mois, la moitié du chemin.

16 mars - 16 mai. Partis de Paris, il y a deux mois, nous avons franchi aujourd'hui le km 6500. La France, l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, la Serbie, la Roumanie, la Moldavie, l'Ukraine, la Russie, et actuellement une partie du Kazakhstan, sont derrière nous !

Les 116 participants, chacun à sa manière, commencent tranquillement à gamberger. "Et si mon improbable, incroyable et inoubliable histoire, allait devenir réalité et faire partie de ma vie à jamais ?"
Nous n'en sommes pas là, mais un léger parfum de plaisir et d'optimisme, activé par un vent d'ouest, frémit dans les esprits.

Notre départ est à 9h15, car nous avons une petite étape, un beau soleil et un vent favorable. La route, piste, est asséchée et les km s'enchaînent à bonne vitesse, en toute tranquillité, la police n'exigeant toujours pas que nous roulions en groupe compact, c'est donc encore une étape plaisir dans des espaces immenses et impressionnants.

La circulation est nulle ou presque. A l'entrée de la ville, les autorités au grand complet, un groupe folklorique et un orchestre, reçoivent les cyclos, avec faste et simplicité. Attention nouvelle et particulière, chaque femme reçoit un œillet.

Un bain Russe, termine l'après midi et est particulièrement apprécié.

Le témoin du jour : Après deux mois de route, nous avons souhaité interrogé le médecin de l'expédition : François Le Van de l'amicale cyclotouriste de la Roquebrussanne (83) Var.

Pouvez vous nous dire en quelques mots, votre ressenti sur la santé du groupe dont vous avez la responsabilité ?

"Naturellement et avec plaisir car faire réaliser un périple de plus de 12.0000 kms à des cyclotouristes et à des accompagnants, dont la moyenne d'âge frise les 60 ans n'était pas évident et certains aimables confrères m'ont conseillé fortement de ne pas prendre une telle responsabilité. C'est pourquoi avant le départ j'ai fait, au nom de la commission médicale fédérale, une sélection rigoureuse, dans le domaine cardio-vasculaire, métabolique et éliminé les candidats présentant des maladies chroniques pouvant être préjudiciables à la réalisation de cette aventure.
Le facteur âge, après consultation d'autres confrères, ne s'est pas avéré un facteur limitant. Les faits, à ce jour semblent aller dans ce sens car nos 7 gaillards de plus de 70 ans, tiennent parfaitement leur place et sont toujours là, vaillants.

Dès le début de la randonnée j'ai pu rapidement constater une grande disparité des capacités liées au potentiel physique de chacun. Il se trouve que désormais les plus "faibles" sont entrés dans le moule et sauf accident, arriveront probablement à Pékin.

Après l'épidémie de virose respiratoire en Allemagne, étalée sur plusieurs semaines qui a touché presque tout le monde nous n'avons eu quasiment aucun gros soucis médical : des problèmes de tendinite chez quelques-uns ou des douleurs liées en partie à des mauvaises positions sur le vélo, qui, il faut le signaler n'est pas le vélo habituel des cyclos. Nous n'avons eu à vrai dire que trois vraies malades, qui après quelques jours de repos et des soins appropriés ont repris le vélo et continuent comme si de rien n'était.
Ma crainte future reste les grosses chaleurs qui nécessairement vont arriver, mais vu le bon état général du groupe, si l'alimentation et l'hydratation sont bien gérées, cette crainte pourrait être infondée.
Par ailleurs la solidarité et l'entraide du groupe ont un effet bénéfique certain.

Mon seul but est d'arriver à Pékin avec des gens en bonne santé, reposés et heureux. Sauf accident toujours possible, sur la route et le pire peut toujours arriver, je pense que nous avons de bonnes chances de réussir ce fou projet, où le hasard n'existe pas."

Étape 54 : MUMKIR - BAYGANIN - Jeudi 15 mai 2008.

130 km - Dénivelé : 127 m
Départ : 8h15 - Arrivée : 16h00 et 19h00

Le vélo grandeur Nature !

Comme hier, cette étape est à marquer d'une pierre blanche. Les difficultés sont bien réelles, occasionnées par des routes quasiment impraticables aux véhicules, exceptés les vélos.
Ces engins seuls sur la route, s'en donnent à cœur joie, méprisant les trous et les bosses et se faufilant en souriant à travers les chausse-trappes permanentes.

Non sans mal, nos 7 véhicules sont arrivés à l'hébergement. 100 km de piste sur les 130, " nos utilitaires " souffrent énormément car ils sont mal adaptés à ces chemins, sans double pont et munis de châssis trop bas. Pour le moment pas de casse, mais c'est la hantise de chaque chauffeur.

L'accueil exceptionnel du Maire, avec dîner totalement Kazakhe, spectacle musical et danses locales nous réconforte et nous régale.

Le témoin du jour est : Gérard Duru du club de l'A.S. Boncourt (28)

" Cette étape, typique de la piste Kazakhe, entrecoupée de routes en assez bon état, a été placée sous le signe du vent favorable et très puissant. Pour un cyclo, c'est le rêve ! La police étant discrète, chacun a pu rouler a son allure.

A 30 km de l'arrivée, nous sommes attendus sur le bord de la route par le chef du village et un professeur enseignant le Français accompagné de ses élèves. Offrande traditionnelle : lait de chamelle, fromage et beignets. Les chants des enfants ont terminé ce très simple et savoureux accueil.

Sur les pistes, le matériel souffre énormément, la chaîne et les dérailleurs sont les plus exposés. A l'arrivée, nous pouvons, alors que l'eau est précieuse ici, bénéficier d'un traitement de faveur. Nous lavons nos vélos dont l'entretien est primordial pour continuer notre périple.

Ce soir, nous avons droit au spectacle folklorique, ce qui confirme l'excellent accueil des villages du Kazakhstan "

Étape 53 : MAKAT - MUMKIR - Mercredi 14 mai 2008.

130 km - Dénivelé : 228 m
Départ : 7h1 5 - Arrivée : 17h45

La revanche de la petite reine !

Dans notre expédition, sans aucun doute, cette étape restera mémorable. La pluie étant au rendez-vous depuis plus de 24 heures, les pistes sablonneuses faisant office de route, sont devenues boueuses et glissantes. Toute la journée, les cyclos étalés sur plusieurs km, ont découvert, avec plaisir pour la majorité, les joies et les problèmes, du randonneur au long cours.
La police, dans l'impossibilité de cerner un peloton groupé, a laissé faire, et chacun a pu, selon son humeur ou son envie, " se faire plaisir ". Résultat : les vélos sont arrivés avant les véhicules.
En effet pour ces derniers, la piste défoncée et boueuse est vite devenue un cauchemar. Six des sept véhicules, ont du être sortis des ornières par " les Kamaz " ces énormes camions russes, porteurs pour les pétroliers. Seul la camionnette " des Ostéos " est passée sans difficulté.
La moyenne horaire des camions a frôlé le 15km/h. Pour une fois les vélos vont plus vite que les autos!

Nous sommes arrivés, non sans mal, à supprimer le bivouac du soir prévu au cœur de la steppe humide. En toute hâte, nous avons obtenu d'un village la mise à disposition d'un gymnase pour la nuit. Monter les tentes sous la pluie et dans le vent serait devenu une réelle épreuve, pas nécessairement utile.

Tout serait donc parfait si nous trouvions de l'eau et des sanitaires. Nous savions que le problème de l'eau existait, mais le vivre n'est pas évident. Nous, qui avions l'habitude de la douche quotidienne, nous en sommes réduit au robinet d'eau froide pour 30 personnes en moyenne! les réactions sont diverses et il faut bien s'adapter à la réalité du terrain.

Notre témoin du jour est : Christine Bouillerot du Club Olympique Périgueux.

" Une grande journée de liberté dans les steppes du Kazakhstan, des paysages grandioses, des éclairages magnifiques sans compter un ciel avec de superbes nuages. Curieusement, dans cette steppe, immense, il y a beaucoup de présence : des animaux, des chevaux et des chameaux, des moutons et des caprins, sans compter des oiseaux, type échassier et même des aigles.

Régulièrement, sur la voie ferrée que nous longeons, des trains immenses, nous saluant au passage, viennent troubler le silence.

Adieu, les capitaines de route! place au vélo grandeur nature en totale liberté et aux nombreux vététistes. Pipi libre, photo idem, repas itou. Nous voulons simplement dire que la route étant sans voiture, le peloton s'échelonnant sur plusieurs kilomètres, nous n'avons aucune contrainte imposée par le danger de la route et la sécurité.

La route glissante et les trous (cratères !) ont occasionné quelques chutes sans conséquence. Soignés que nous sommes par François Le Van, notre médecin et pansés par notre infirmière Hermina Baque Vidal, toujours disponibles. "

Étape 52 : Attiraw - Makat - Mardi 13 Mai 2008.

132 Km - Dénivelé : 223 m
Départ : 8h45 - Arrivée : 16h30

Plus de 6 000 km !

Notre entrée en Asie, s'est faite par le passage d'un pont au dessus du fleuve Oural, elle coïncide exactement avec le franchissement symbolique de la barre des 6 000 km au compteur!! Ce n'est pas encore la moitié du chemin car nous devrions pédaler au moins 13 000 km pour atteindre notre but.

Dès le départ il fait beau, il commence même à faire chaud. Soudain, le ciel s'assombrit et une pluie fine nous accompagnera jusqu'à l'arrivée.
Cette fois nous sommes vraiment dans l'aventure et cette étape entrera dans les souvenirs. Pierre blanche ou pierre noire, chacun en décidera. En effet à 17 km de l'arrivée, nous quittons la route nationale parfaitement revêtue, pour prendre une route qui a connu le goudron il y a plusieurs années. Les trous pleins d'eau, le sable transformé en boue, ont rendu le final assez folklorique. Les cyclos sont arrivés maculés de boue et mouillés mais finalement heureux.

Nous sommes hébergés dans le seul local du village pouvant recevoir 116 personnes. Le jour il fera restaurant, et la nuit, il se transformera en dortoir.

La route initialement prévue pour les vélos est, bien entendu, utilisée par les 7 véhicules de la caravane, résultat : Le camion de 20 t de Claude coincé dans une ornière sera dégagé par l'autre gros bahut conduit par Jean-François et le véhicule fédéral piloté par Julien le cinéaste s'est embourbé, mais c'était sans compter sur la solidarité kazakhstanaise qui s'est mise en place, un chameau est venu à la rescousse, et le Renault fédéral a repris sa glorieuse route, pour une arrivée largement après 20 heures.

Notre temoin du jour est : Christian Piriou du stade auto-Lyonnais, demeurant à Lyon dans le Rhône (69).

Alors cette étape ?

Partis sous le soleil, avec un excellent bitume, la pluie est vite arrivé et nous a accompagnés pendant une centaine de km, dans une nature de plus en plus désertique, bien que les inondations récentes ont permis à la nature de profiter d'un peu d'humidité.
Mon étonnement vient de l'absence totale d'animaux y compris les oiseaux. La distraction du jour a été le dépassement des cyclos par des voitures locales, qui quittent la route, et prennent délibérément la piste, soit à gauche soit à droite.

L'arrêt pique-nique, initialement prévu pour 45 minutes a été vite limité au minimum, car la pluie nous a obligés à repartir rapidement. Il faut dire qu'en pleine steppe, les abris ne sont pas légion.

La fin de l'étape, 17 km, sur une route pleine de trous, rendue glissante à cause de la boue s'est avérée un exercice difficile. Plusieurs chutes bénignes ont obligés chacun de nous à la plus grande prudence et chaque cyclo choisissant sa trajectoire, le peloton, étiré sur 3 km et roulant sur toute la largeur de la chaussée, (chut ne le racontez pas au responsable sécurité de la FFCT) a vite ressemblé à une compagnie en déroute.

A l'arrivée, les enfants couraient pour accompagner les cyclos, les parents applaudissaient et sur la place de la mairie des jeunes filles en costume traditionnel offraient le gâteau local et un bol de lait de chamelle. Les enfants des écoles agitaient des fanions multicolores, c'était la fête ; Merci à tous.

Pour moi l'expédition a commencé vraiment au Kazakhstan et j'apprécie ces variations incroyables du niveau de vie, qui nous fait passer d'un confort 4 étoiles, au local sans eau, sans sanitaire, et où tout le monde couche soit sur son matelas soit sur son lit de camp, à 60 par chambrée.

Que l'aventure continue !

Étape 51 : Aqqistaw - Attiraw - Lundi 12 Mai 2008.

90 Km - Dénivelé : 125 m
Départ : 8h30 - Arrivée : 15h00

Du moyen âge à l'an 2020.

Nous quittons Aqquistaw, sans regret. La petite ville est vraiment triste et noire, aucun chemin goudronné, des ordures jonchant le sol et des flaques d'eau croupissantes. Une très pénible impression. La pauvreté, digne et vivante est là et pourtant dans la ville circulent des trains immenses, composés uniquement de wagons citernes. Le pétrole est là, mais pas encore le produit de son aisance.

Sur l'itinéraire assez roulant, pas beaucoup de trafic. Quelques puits de pétroles et de gaz sont visibles mais l'activité semble modeste. Erreur, cette région de l'ouest Casaque commence à générer de la richesse. Nous la trouverons 90 Km plus loin en arrivant à la grande ville de Attiraw, ou là l'or noir porte bien son nom. Bâtiments neufs dont l'architecture est audacieuse, un urbanisme futuriste, des jets d'eau, des terrains engazonnés, des églises et des mosquées neuves, cette ville, qui symbolise la séparation officielle entre l'Europe, que nous quittons, et l'Asie, où nous entrons, porte tous les signes extérieurs d'une grande opulence et d'une grande activité.
Même les hôtels où nous logeons sont de premier ordre, les prix aussi !!! C'est le revers de la médaille, nous sommes très loin des tarifs pratiqués dans la campagne.

Mauvaise surprise également lors de notre arrivée à l'étape : L'hôtel, réservé pour 115 personnes, nous annonce qu'il ne dispose que de 40 lits ! Il a donc fallu réaliser des prouesses pour trouver les 75 lits manquants. Chose faite, les cyclotouristes ne se sont aperçus de rien ! Tant mieux.

Les hôtels sont très confortables et les bienvenus avant une semaine difficile. Nous savons tous que cet oasis de modernisme, sera le dernier dans notre périple Kazakhstanais dont les étapes vont devenir de plus en plus rudes en matière de confort.

Notre témoin du Jour est : Jean-Marie Estoup du club de A Gan Olympique dans les Pyrénées-Atlantiques (64).

L'esprit de mon voyage : Partir de Pau, en vélo naturellement, pour rejoindre Epernon dans l'Eure-et-Loir, ma ville natale et où j'ai vécu, pour rendre hommage à mon grand père paternel, et continuer sur l'Ukraine, pour rendre hommage, cette fois ci, à mon grand père maternel. Cette première approche de mon périple sentimental et familial était pour moi importante.

Mon but n'est pas forcément d'aller à Pékin... ! Mais surtout de réaliser un voyage. Rencontrer des gens, échanger sur tout et sur rien est essentiel dans l'orientation de ma vie. Par exemple à Astrakan, ma journée, en compagnie de jeunes, m'a beaucoup appris sur cette ville et ce fut pour eux l'occasion, rare, de s'exprimer en Français.

Adepte des écoles solidaires, j'ai pu, en partant de la revue Cyclotourisme apprendre à une dizaine de jeunes Russes, de 10 et 15 ans la géographie de la France. Ces enfants se sont engagés à parler de cette journée au reste des élèves de leur classe. J'étais très honoré d'être un ambassadeur.

M'intéressant à l'habitat, j'observe avec attention, les façades des maisons et villages. Cela me permet de constater de grandes différences entre les pays et me donne une approche, un peu particulière, du mode de vie des propriétaires.

Enfin ce matin, j'ai reçu une leçon de vie. Ayant passé la nuit dans un gymnase, nous sommes tous entrés dans ce local, avec nos chaussures crottées et sales ! Ce matin, les enfants Casaques, sont arrivés, ont changé de chaussures, mis leur pantoufles pour ne pas abîmer le plancher vétuste mais tellement précieux et sacré à leurs yeux !

Étape 50 : GANYUSHKINO - AQQISTAW - Dimanche 11 mai 2008.

159 km - Dénivelé : 148 m
Départ : 9h15 - Arrivée : 20h10

Pas de Transition.

Cette fois nous y sommes. Nous nous étonnons ce matin de rouler dans un pays dont déjà le nom : Kazakhstan, nous fait rêver depuis longtemps !

La steppe est en place. Par chance durant les 35 premiers kilomètres, des étendues d'eau, suite aux inondations, rendent l'herbe encore très verte. Petit à petit, l'eau s'éloigne, et émerveillement, nous croisons déjà les troupeaux de chevaux, de l'imagerie traditionnelle. Plus loin ce sont les troupeaux de dromadaires, gardés par des bergers à cheval, qui stoppent l'ensemble des cyclos pour des photos innombrables.

La route goudronnée, assez roulante est rectiligne et sur 170 km, nous ne traversons aucun village ! Il ne fait pas chaud du tout, et un crachin continu tout le matin, nous oblige à rouler très habillé. La vitesse de progression est lente, car cette semaine est difficile, la récupération pas évidente.
Nous sommes totalement dans notre Paris-Pékin et la réalité n'est pas forcément facile à vivre pour une petite minorité !

Ici encore, comme prévu, la police routière veille. L'arrivée à l'étape assez tard, dans ce petit village nous fait vraiment prendre conscience de l'état des lieux. Pas de goudron, de la boue ou de la poussière, des maisons très modestes et des habitants, très typés, avec de beaux visages d'origine Mongole. Nous avons vraiment changé de continent, en tous les cas, dans les modes de vie.

Un hôtel et des chambres chez l'habitant étaient prévus avec un hébergeur privé. Ce dernier étant dans l'impossibilité de tenir son contrat, (13 lits possibles au lieu de 116 !!!), nous avons dû en toute hâte, modifier notre programme et grâce au maire de la ville, un gymnase a été mis à notre disposition.

Demain est un autre jour.

Notre témoin du jour est : En raison de notre arrivée tardive, le témoin du jour n'est pas disponible.

Étape 49 : ASTRAKAN - GANYUSHKINO - Samedi 10 mai 2008.

Les statistiques de la semaine du dimanche 4 au samedi 10 mai 2008 :
Km parcourus : 773 - Dénivelé : 1398 m
Depuis Paris : 5754 Km

135 km - Dénivelé : 428 m
Départ : 8h45 - Arrivée : 00h15

Belle étape, et horribles frontières !

Le gouverneur de la région, revenu spécialement de Moscou, nous ayant demandé de retarder le départ, c'est peu avant 9 heures, que sur l'esplanade de la Volga, cet homme important, après les mots habituels et la remise d'un souvenir, un tableau, à chaque participant, donne le départ avec un coup de pistolet !

La campagne Russe est toujours plaisante, car nous sommes en plein delta, et les zones humides, succèdent aux zones inondées. Un pont flottant, de un km, nous permet de franchir un des multiples bras de la Volga et, comme prévu nous atteignons la frontière Russe à 9h30 pour les véhicules et vers 11 heures pour les cyclos groupés.

Huit heures après, nous entrons au Kazakhstan ! Tamponnés et libres de continuer. La sortie de la Russie, est aussi compliquée que l'entrée, chacun de nous, doit présenter plusieurs fois son passeport, se faire enregistrer dans un premier bureau, se faire inscrire manuellement sur un registre dans un autre, puis tamponner dans un troisième et confirmer dans un quatrième, où il ne faut surtout pas oublier de rendre la petite feuille signée dans le bureau 1 !

Sourire aux lèvres nous quittons la Russie pour nous retrouver 12 Kms plus loin, dans un bâtiment flambant neuf et fonctionnel à la frontière du Kazakhstan. Certes, tout est neuf, mais les habitudes bureaucratiques, sont toujours là ! Mieux, à 18 heures, alors que nous avançons nos montres d'une heure, tous les guichets se ferment les policiers, dînent ! Il faudra attendre encore une heure !
A 5 minutes, par personne nous arrivons vite à 500 minutes soit près de 8 heures d'attente! La nuit tombe et nous n'aurons pas le plaisir pour notre premier contact avec un pays inconnu de tous, de traînasser !

C'est une fois encore de nuit et fort tard, que nous arrivons dans notre gymnase bienvenu. Trop tard pour dîner, nous mangerons des sandwiches à volonté, avant de plonger dans un sommeil réparateur.

En raison de notre arrivée tardive, le témoin du jour n'est pas disponible.

Jour de repos à ASTRAKAN - Vendredi 9 mai 2008.

Plusieurs possibilités sont offertes aux cyclos en ce jour de repos et de liberté totale. Farniente, sortie entre copains, visite organisée du Kremlin d'Astrakan ou présence, comme spectateur, aux cérémonies du 9 mai. Un car est mis à notre disposition pour se rendre sur place.

Nous avions choisi de partir en car. Pour la première fois dans l'histoire de la ville d'Astrakan, avait lieu une parade militaire. Nous avons donc été les spectateurs très attentifs de cet exercice. Il n'est pas fondamentalement différent, de ce qui se fait en France. Les trois armes : Air, terre et mer, défilent devant les généraux et les anciens combattants couverts de médailles. La musique militaire donne la cadence et les soldats à pied, la plupart sans arme, oriflammes en tête, alignés impeccablement, au pas de parade, saluent d'un "tête droite" vigoureux et sonore leurs chefs. Une section de femmes, en jupe assez courte, avec un officier mâle en tête, clôture le défilé à pied. Quelques véhicules blindés ferment la marche, d'un défilé bon enfant.

Après cette parade, visite du musée de la ville, très intéressant, avec différentes salles expliquant et montrant l'histoire ancienne de la ville. Un professeur de Français a essayé de nous faire partager sa fierté d'être Astakannais.

Les cyclos ayant choisi de visiter le Kremlin de la ville, ont découvert derrière des murailles, la cité originelle, centre du pouvoir politique, économique et religieux. Ces diverses constructions étant en totale réhabilitation, la visite n'a pas été très commode.

Ce soir nous nous séparons de notre interprète Valérie qui va reprendre son travail. Nous souhaitons le remercier publiquement pour son inestimable participation à notre séjour en Russie. Sa présence, ses réseaux inimaginables, ses traductions, ses interventions multiples et à tous niveaux, ont permis de régler des dizaines de situations très compliquées. Sans lui, nous aurions eu vraiment beaucoup de problèmes, car le système de fonctionnement local ne facilite pas toujours l'efficacité et la réactivité, indispensables pour nos mutations quotidiennes. Merci Valérie, tu seras toujours le bienvenu en France.

Au revoir Valérie, bonjour Andreï, notre nouvel interprète kazaksthanais, arrivé ce matin de Almaty.

Étape 48 : KHARABALI - ASTRAKAN - Jeudi 8 mai 2008.

192 km - Dénivelé : 283 m
Départ : 7h10 - Arrivée : 19h30

La plus longue étape.

" Nous porterons l'avenir en nous universalisant, en nous faisant une âme sans frontière. " Maurice Zundel.

Si ce n'était les 42 kilomètres supplémentaires, non prévus sur nos documents et qui ont fait grincer quelques dents, la journée aurait été parfaite. Pourquoi ces km. Supplémentaires ?
Notre escorte n'a pas voulu prendre le risque (?) de faire entrer le peloton en ville. Il faut dire que la ville est engorgée par des travaux de voiries. Nos véhicules ont mis près de deux heures pour rejoindre l'hébergement. De ce fait, il nous a fallu faire le tour de cette cité, par des routes extérieures, avec changements constants de direction.
Heureusement un excellent hôtel, apaisera rapidement l'énervement.

Départ matinal, dans la steppe Russe, moins aride qu'en Asie, car les fleuves ne sont pas loin. Longues lignes droites et excellent revêtement.

Pour midi, une nouveauté. Le groupe s'est arrêté, dans une clairière, au bord du delta des fleuves se jetant dans la mer Caspienne. Les cyclos d'Astrakan, se sont mis en quatre, pour nous préparer, sur des feux de bois un déjeuner champêtre : Soupe de poissons et plat typiquement asiatique composé de riz et de viande et agrémenté de tomates et de concombre.
Pendant cet arrêt de deux heures, Jean-François et Henri ont évoqués le 8 mai, jour anniversaire de la victoire de 1945 et la présence de 8 membres de notre groupe ayant 70 ans accomplis, donc enfants pendant cette guerre, a été signalée. Une Marseillaise a clos cette discrète cérémonie.

Nous avons terminé cette étape dans un décor de verdure, car nous traversons, sur une route en digue et par de nombreux ponts, notamment l'immense delta de la Volga.
Demain repos.

Nos témoins du Jour : En tandem, Mireille et Henri Bourel du cyclo club Béarnais cyclotourisme de Pau (64) Pyrénées Atlantiques demeurant à Ombres (40) Landes.

Comment s'est passée cette journée ?

" La première journée vraiment décontractée, ou tout le monde a bien roulé sagement et efficacement. Première journée de chaleur également où la recherche de l'ombre a été un souci au moment du pique nique. Repas largement à la hauteur de notre attente où la convivialité et la camaraderie ont été très appréciées.
Les habitants de Akcapancknm, spontanément, sont venus nous offrir des médailles, mémorisant les 25 ans de leur ville, haut lieu de la société Gazprom, N° 1 Russe pour la valorisation du gaz, en Europe.
Le décor verdoyant, l'accueil très aimable des populations, nous fait regretter la difficulté de s'arrêter et nouer des liens plus directs. La nécessité de rouler tout groupe confondu, a malheureusement, de notre point de vue, désamorcé la solidarité de notre groupe, les noirs, qui s'étaient installée. Par contre nous partageons mieux avec tous les autres et cela nous permet de découvrir la richesse de chacun, d'où l'intérêt de ce voyage.
A défaut de dialoguer avec les populations, ces rencontres internes sont très enrichissantes : Nous avons tous la même passion, le voyage à vélo, mais 102 façons de le pratiquer !"

Comment vivez-vous le fait de vous retrouver deux tandems dans l'expédition ?

" Le tandem amène la curiosité des gens rencontrés, la possibilité de contact est décuplée. Le vécu en binôme est un plus car la " vision " de Gérard, le non voyant de l'autre tandem, est très différente. Gérard et son pilote Michel Cabart parlent beaucoup plus que nous par exemple. Par contre la nécessité de rouler en groupe, ne permet pas de profiter des avantages de la machine : Vitesse plus grande sur le plat et dans les descentes. Avoir un tandem dans un groupe demande aux autres cyclistes une plus grande solidarité.
En définitive, nous trouvons dans notre groupe noir et dans l'ensemble du peloton, ce que nous étions venus chercher dans cette expédition et notre rêve, petit à petit, prend forme et réalité. "

Étape 47 : AKHTOUSBINSK - KHARABALI - Mercredi 7 mai 2008.

158 km - Dénivelé : 269 m
Départ : 7h10 - Arrivée : 17h15

Nous quittons la ville des aviateurs (le premier centre d'études aéronautiques de la Russie nous a t'on dit), pour plus de 150 km.

Départ matinal. Cela devrait nous permettre d'arriver plus tôt. La première partie de l'étape est assez monotone car la steppe gagne du terrain, encore quelques arbustes, mais le décor Kazakhstanais se met en place, lentement et sûrement. Les populations aussi changent et l'influence des peuplades venues de Mongolie, commence à se voir.
La deuxième partie de l'étape sera beaucoup plus souriante, car nous longeons le fleuve Aktouba, qui est parallèle à la Volga. Ces deux fleuves vont se jeter dans la mer Caspienne, par des deltas immenses, après Astrakan. Ces fleuves sont tellement puissants qu'ils font remonter le niveau de la mer, ce qui provoque chaque année des inondations encore visibles en mai. Manifestement un système d'irrigation est en place, car nous voyons des centaines d'hectares de serres basses, travaillées par des agriculteurs, hommes et femmes très nombreux.
En prime nous prendrons notre pique nique au pied d'une église magnifique en bois ; elle a résisté aux incendies, aux invasions, aux séismes politiques et fait la fierté des habitants d'un petit village.

Ce soir nous logeons dans deux hôtels. Le confort est désormais le minimum ! Une douche froide et un W.C. Pour 15. Les lits, neufs il y a une trentaine d'années, retrouvent une nouvelle jeunesse avec une planche ! Nous entrons réellement dans la vraie vie des populations locales !
Demain sera un autre jour !

Le témoin du jour est : Rémy Fleurent de l'U.S.Métro, habitant au Perreux sur Marne (94) Val de Marne.

" Je suis soumis à un enrichissement quotidien, par l'observation des populations dans leur vie quotidienne, qui ne nécessite pas une fraternisation démagogique ! Mon étonnement vient des qualités humaines des populations des pays traversés, par rapport à l'extrême délabrement de leur environnement. J'ai perçu cette différence, notamment en Roumanie.
Mes plus grandes émotions de touriste ont été ressenties tout d'abord quand j'ai vu, au petit matin, à Bucarest le confluent de la Sava et du Danube et plus récemment ma visite nocturne du mémorial et de la statue de la Mère Patrie à Stalingrad. Pour information, votre serviteur est natif de Verdun, et j'ai été le premier à réaliser la maquette du mémorial de Fleury devant Douaumont, en 1963.

Cependant, Paris Pékin pour moi est un exercice contre nature car je suis sinon marginal du moins décalé par rapport à n'importe quel groupe. Paradoxalement c'est ce qui me permet de m'y sentir à l'aise, ne faisant jamais chorus avec les mouvements de mauvaise humeur collective. Je me contente de la mienne dont j'évite dans la mesure du possible de faire profiter la collectivité".

Étape 46 : VOLVOGRAD - AKHTOUSBINSK - Mardi 6 mai 2008.

158 km - Dénivelé : 269 m
Départ : 7h45 - Arrivée : 18h00

De plus en plus à l'est !

La chaleur arrivant, les plus longues distances aussi, nous partons ce matin plus tôt, et nous allons essayer désormais de partir plus tôt, chaque matin. La prise du petit déjeuner à une heure plus matinale, n'est pas cependant garantie, par nos prestataires.

Dès le départ, encadré, nous avons la possibilité de mesurer l'ampleur de la Volga. Une vingtaine de Km, après notre mise en route, nous la franchissons en effet sur un barrage gigantesque. Le fleuve mesure au moins deux kilomètres de large ! Deux écluses monumentales, apparemment sans trafic, achèvent cet ouvrage monumental et impressionnant.

La route continue et le paysage se modifie lentement, l'herbe devient moins verte, la poussière plus dense, dans quelques jours nous serons dans la steppe. Des troupeaux de moutons, porteurs de laine d'Astrakan, annoncent cette dernière ville du sud est de la Russie, que nous atteindrons dans deux jours.

A l'arrivée, les officiels, une fanfare un groupe folklorique et des enfants nous offrent le pain et le sel. Chaque jour, des cyclos différents sont ainsi honorés. Cérémonie simple et bon enfant, mais qui se veut officielle et bien réglée. Désormais nous avons l'habitude.
Demain sera un autre jour !

Notre témoin du jour : Roland Diot de l'U.S. Ivry sur Seine (94) Val de Marne.

" Pour l'instant je réalise ce Paris-Pékin, comme je l'imaginais, tout n'est pas parfait, mais me préparant sérieusement depuis un an, je me sens très bien. Je discute très librement avec tous et j'ai l'impression de faire tous les jours une sortie de club.

Surprise aujourd'hui : nous avons vu le premier.chameau. Le pays qui me laisse le plus fort souvenir reste la Roumanie. Le contraste entre la ville et la campagne est saisissant, et cette pauvreté rurale m'a bouleversé. Que de choses à faire !

Autre étonnement, les millions d'hectares de terres agricoles depuis notre départ. J'ai eu l'impression de traverser le grenier de l'Europe. La saison des moissons doit être spectaculaire ! Hélas, je ne serais pas là.

Tous les jours je m'interroge pour savoir ce que pensent de nous les gens qui nous regardent. qu'imaginent-ils ? Savent ils où nous allons ? La barrière de la langue, la timidité, m'empêche, pour le moment de connaître la réponse. Aujourd'hui, quand j'ai signé des autographes à des dizaines de jeunes filles et garçons, je n'arrivais pas à croire que c'était moi la "vedette". Seul bémol à mon bonheur, l'absence de ma famille et de mes amis avec qui j'aimerais tant partager ces moment incroyables, variées, divers et inracontables. Nos soirées de cet hiver sont déjà réservées. "

Jour de repos à VOLVOGRAD (ex Stalingrad) - Lundi 5 mai 2008.

" En cas de rêverie mélancolique, prends le temps d'aller plus loin, pour apprécier au-delà de ce que tu crois " L.T.

Arriver à Stalingrad, ne peut laisser indifférent. C'est une ville immense, posée sur la rive gauche de la Volga, resurgit de ses cendres, avec en stigmates des traces indélébiles de ces folies meurtrières qui ont anéanties des millions d'hommes et de femmes, civils et militaires, en majorité Soviétiques et Allemands !

C'est pourquoi, cette journée de repos, se décompose en deux parties : Une invitation des autorités locales pour une visite de la ville, avec cérémonie au musée et un après midi libre, pour souffler.

A dix heures deux cars nous conduisent au mémorial de la guerre qui honore en particulier, les combats vécus à Stalingrad. Il s'agit d'un bâtiment énorme de forme cylindrique. A l'intérieur un musée, rappelant l'histoire de la ville, des salles de conférences où nous sera projeté un film sur les combats, avec attention délicate, le souvenir marqué, de la présence en U.R.S.S. de l'escadrille Normandie-Niemen et ses valeureux pilotes.
A l'extérieur des matériels de guerre : Avions, chars de combat, orgues de Staline, ayant participé à la lutte contre le nazisme et le squelette unique d'un bâtiment en ruine de huit étages, conservé en mémoire.
Le Maire de la ville et des responsables locaux, dans des discours, traduits en Français, ont valorisé l'amitié entre les peuples et notamment entre la France et la Russie. Une Marseillaise et l'hymne Russe ayant ponctué ces interventions. Jean-François, à son tour a exprimé au nom de la Fédération et au nom de tous les cyclos participant à Paris Pékin, combien nous étions honorés d'être reçus ici et fiers de participer à la compréhension entre des peuples amis.

L'après midi, beaucoup sont allés visiter le mémorial de la patrie. Sur le sommet d'une colline d'une centaine de mètres, accessible par un millier d'escaliers de 50 mètres de large. Une immense esplanade reçoit l'édifice. Oeuvre architecturale particulièrement réussie, moderne, sobre, émouvante et en même temps, porteuse d'espoir. Une flamme géante éternelle brûle au milieu. Elle est gardée par deux soldats en uniforme de parade, dont la relève chaque heure, se déroule au pas de l'oie. Une musique "la rêverie" de l'allemand Robert Schumann, procure une ambiance idéale de gravité, de tristesse et d'espoir. Plus haut encore, la statue de la mère Patrie de plus de 90 mètres de hauteur, en béton (plus de 2000 t) représentant une femme brandissant un glaive levé à la main ! Cette statue est devenue l'emblème de la ville, et une reproduction, sera en septembre dans les locaux fédéraux.

Après une nuit de repos, la route et notre histoire continuent.

Étape 45 : SOUROVIKINO - VOLVOGRAD - Dimanche 4 mai 2008.

145 km - Dénivelé : 641 m
Départ : 8h30 - Arrivée : 19h30

De fleuve en fleuve.

Dans notre imaginaire d'adolescent, ils nous faisaient rêver à des contrées lointaines et fantastiques, impossibles à atteindre, et porteurs d'exotisme, de légende et d'histoire ! Dans notre réalité de voyageur, nous les avons accompagné du doigt sur notre atlas, puis croisés d'un regard bienveillant, suivi comme leur ombre et admirés comme des icônes: Ils sont tous là ces fleuves mythiques : La Seine, le Danube, le Don et la Volga désormais à nos pieds. Ils font dorénavant et pour toujours parties de nos histoires.

La conquête du dernier n'est pas la plus facile car ce dimanche ensoleillé, a été également très venteux ! Et ces longs kilomètres, dans une campagne plus rude, et moins riante ne sont pas seulement une partie de plaisir. Il faut préciser que nous avons franchi la barre symbolique des 5 000 km de selle et que certains cyclos ont besoin de repos.

Nous avons rencontré les Cosaques, nous cherchons maintenant les bateliers !

Notre arrivée à Volvograd, ne pouvait se faire sans un accueil particulier. Sur la place de la victoire, où ont lieu les parades militaires, un comité d'accueil, nous attend. Cyclistes, Président de l'office des sports, Président de l'Union Cycliste internationale (UCI), presse et télévision.
Offrande classique du pain et du sel et instants émouvants : six des notres, Jean François, le chef de l'expédition, une Anglaise : Angela, un Canadien : Michel, un Français : Jean-Pierre et un Suisse : Ernest, déposent un bouquet de fleurs sur la dalle sacrée, où brûle la flamme éternelle. Hommage symbolique international de la Fédération française de cyclotourisme, aux millions de morts de cette ville martyre.

Étape 44 : MOROZOYSKAIA - SOUROVIKINO - Samedi 3 mai 2008.

Les statistiques de la semaine au samedi 3 Mai inclus :
Km parcourus cette semaine : 605 - Dénivelé : 3040 m
Depuis Paris : 4980 Km - Dénivelé : 23264 m

92 km - Dénivelé : 330 m
Départ : 8h30 - Arrivée : 17h00

De surprise en surprise !

La première vient du temps car c'est sous la pluie que nous reprenons la route. Elle durera jusqu'à midi.

Le paysage est moins attrayant et nous pensions, engranger les kilomètres sagement et sans histoire. Mais en arrivant à quelques kilomètres du but, du monde, beaucoup de monde, nous attend ! La cérémonie immuable du pain et du sel se renouvelle, cette fois, en présence d'un groupe folklorique Cosaque, naturellement. Ce sont deux de nos cousins Canadiens qui ont l'honneur de recevoir, en premier ces présents, accompagnés d'un verre de vodka. Photos, vodka, sourires, poignées de mains, nous repartons joyeux, quand nous apprenons, que par suite de pluies importantes, il nous est impossible de rejoindre notre base de loisirs par le chemin normal.

photo

Deux de nos camions se sont déjà embourbés et ont été tirés de ce mauvais pas par la police. Nous devons donc, modifier l'itinéraire et arriver à pied sans vélo, en portant nos bagages, les véhicules étant en partie bloqués ! avec en prime l'obligation de franchir par un pont de singe, une rivière en crue ! Certains ont frémis, d'autres ont fermés les yeux les photographes se sont régalés et tout le monde est arrivé sur l'autre rive !

Dernière et belle surprise, une troupe de danseurs cosaques, femmes et hommes, dans leur simplicité et leurs habits du dimanche, sont venus nous apporter la danse et la musique cosaque. Nous sommes désormais bien loin du journal télévisé de 20 heures et nous vivons en direct et en relief l'histoire passée et actuelle.

Demain, nous serons à Volgograd, qui ne vous dit peut être rien, sauf si je prononce Stalingrad.

Le témoin du jour : Jean-Pierre Rouxel, du club l'avenir cyclotourisme d'Ormes (45) Loiret.

Je souhaite vous parler de la Russie car dans mon projet de voyage, je voulais absolument redécouvrir ce pays et son aspect slave que je connaissais, notamment par les livres.

Ces derniers jours j'ai été marqué par les cérémonies d'accueil à la ville étape .Tout me renvoie, en effet, quarante ans en arrière, dans la façon d'organiser ces cérémonies officielles. En 1966, j'ai fait un voyage d'études à Moscou, pour apprendre le Russe et je retrouve la même convivialité, la même tonicité. Les contenus des discours restent identiques, le ton est le même, toujours cet aspect grandiose, vigoureux et à la fois rassurant. Je retrouve les mêmes réactions aux problèmes posés, tout est possible, des solutions irréalisables et inattendues sont proposées, même si elles sont inappropriées, tout cela présenté avec gentillesse et sans se prendre au sérieux. Je retrouve vraiment ce charme slave, indéfinissable, un peu vague et presque irréel qui m'avait tant marqué.

Je suis dans l'ensemble satisfait du voyage, les difficultés rencontrées étaient attendues et c'est dans la façon de les surmonter que nous vivons vraiment cette expédition, car les solutions, là aussi, peuvent être inattendues et surprenantes. Je veux saluer nos collègues Canadiens et Suisses, les présents qui apportent beaucoup de bonne humeur au sein du peloton et parfois, lors d'un jour sans, nous en avons bien besoin et tout ceux qui aurait souhaité participer à cette incroyable histoire !

En résumé la forme, le moral, la santé sont au beau fixe pourvu que cela dure... !

Étape 43 : BELAIA KALITVA - MOROZOYSKAIA - Vendredi 2 mai 2008.

95 km - Dénivelé : 439 m
Départ : 8h30 Arrivée 16h00

Superbe plaine Russe.

Aujourd'hui encore, comme demain et après demain tout est fermé ici. Les Russes, aussi, profitent des viaducs festifs. Notre équipe d'approvisionnement se débrouille et assure !

La route étant semblable à celle de la veille et probablement identique à celle de demain. Les cyclotouristes, habitués, avalent leur cent kilomètres quotidiens, avec aisance et bonne humeur.

Voici un sujet essentiel où tout doit être clair pour tous. Ce sera, sauf imprévu, la seule fois où ce point sera évoqué. Lors de la préparation de cette incroyable expédition, le comité d'organisation a souligné à multiples reprises que la sécurité du groupe serait la consigne n°l pour chacun des cyclos et pour l'encadrement. Pendant plus de deux ans, Dominique Lamouller, notre président fédéral et Jean-Michel Richefort, notre directeur technique national, lors de multiples contacts tant auprès des Ambassades des 11 pays traversés implantées en France, ont toujours formulé la même demande : " pouvez-vous garantir notre sécurité sur votre territoire ? ". Chaque état a reçu cette exigence, au plus haut niveau, l'a entendu et l'a faite appliquer selon ses propres critères.
Du coup, jours et nuits, les services de police veillent sur nous. Dans les pays où le respect de l'autorité est un dogme, la méthode peut parfois surprendre, mais il faut reconnaître que le travail est fait de la manière la plus souple possible, compte tenu de la réalité du terrain et de la circulation.
Nous convenons bien volontiers que cette exigence peut surprendre le cyclotouriste dominical, qui tranquillement pédale en famille dans le bois de Meudon ou le couple d'amoureux, qui traverse le massif de Chartreuse, en musardant sur les sentiers. Mais notre expédition est tellement différente du cyclotourisme traditionnel, et ces mesures, bien utiles parfois, continueront à être appliquées probablement jusqu'à Pékin.
Que ne reprocherait-on pas à la FFCT, si les 101 cyclos, ne parlant pas la langue et incapables de lire une pancarte directionnelle, étaient laissés seuls dans ces pays inconnus ?
Arriver tous à Pékin constitue notre objectif majeur, avec, en contrepartie, cette exigence sécuritaire. Il faut l'accepter et sa voir en payer le prix.

Le témoin du jour : Jean-Marie Rion, Membre individuel de Luxembourg.

Pouvez vous nous dire comment vous vivez cette randonnée Paris-Pékin, vous individuel, qui partagez votre quotidien avec 114 personnes ?

"Globalement, je suis plein d'admiration pour l'exécution de cette expédition. Je me suis inscrit par défi, car j'ai organisé pour moi-même des randonnées en France et j'ai souhaité approcher une autre dimension, internationale et incroyablement longue. De plus, je souhaitai être débarrassé de l'intendance. Je mesure tous les jours la gageure du projet. Nous allons franchir les 5 000 km, c'est une première étape. Je mesure les difficultés de la suite et notamment l'ascension des cols à 3 600 mètres au Kirghizistan. Je suis persuadé qu'avec la solidarité du groupe nous y arriverons.

Cette expérience de vie communautaire me permet de rencontrer d'autres gens et en particulier ma rencontre avec les écoles solidaires de Vienne (Autriche) m'a beaucoup marqué. Elèves et professeurs avaient particulièrement bien préparé cette journée. Un peu septique, sur ce rôle d'ambassadeur, j'ai mesuré combien cette idée était riche et positive pour les enfants et pour moi.

L'accueil d'hier et d'aujourd'hui, préparé par les Cosaques, et l'offrande du sel et du pain, par une jeune fille en costume traditionnel est un moment particulièrement agréable, apprécié et inoubliable.

Je me réjouis d'être le témoin actif de cette incroyable randonnée et je forme l'espoirde pouvoir rejoindre Pékin le 3 août prochain".

Étape 42 : CHAKTY - BELAIA KALITVA - Jeudi 1er mai 2008

116 km - Dénivelé : ? m
Départ : 8h30 - Arrivée : 16h30

Enfin le pays des cosaques !

Etre présent le 1er mai en Russie est en soi particulier, mais se trouver dans le pays cosaque est vraiment surprenant. Ici, c'est la Russie, bien entendu mais nous sommes surtout chez les cosaques. Cela se voit, se sent, se proclame. En arrivant devant le symbole du pays cosaque retrouvé : La croix orthodoxe et la statue du cheval triste (son cavalier est mort). Nous avons droit a l'offrande du pain et du sel sous les yeux des télévisions. Puis nous reprenons notre route.

A l'étape une délégation de 25 cyclos se rend en bus, à la mairie de Belaia. En arrivant sur le parvis de l'hôtel de ville, c'est le choc : une délégation de 25 cosaques, en grande tenue de parade, médailles pendantes, nous attend au garde a vous ! Avec leur casquette, ils nous semblent des géants ! Après quelques mots de bienvenue, nous sommes entraînés dans la grande salle de réception et là, une cosaque avec une voix tonitruante, vibrante et chaleureuse, nous vante les mérites du peuple cosaque et de cette ville et nous conte les exploits de ses compatriotes, sportifs, travailleurs, militaires, savants, hommes d'état ! Nous sommes cloués sur nos sièges ! La réponse de notre délégation, rend hommage à ces cosaques qui faisaient partie de notre imaginaire et que désormais nous connaissons un peu mieux. Il faut savoir que désormais l'identité cosaque est reconnue et que cette région se veut exemplaire pour le reste du pays.
Que de souvenirs à vous raconter !

Ce soir l'hébergement se fait dans un camp de jeunesse. Le confort est simple (10 par chambres) mais le calme de la campagne convient à tous.

Notre témoin du jour est : Evelyne Bernard de l'Association sportive cyclo de Cordemais (44) Loire Atlantique.

" Aujourd'hui une journée ordinaire avec la police qui nous protège et en même temps nous oblige à rouler tous ensemble. Je n'ai pas de problèmes particuliers.

Depuis que je suis partie je me sens de mieux en mieux physiquement et moralement. Je me sens très bien dans mon groupe (bleu), je monte les bosses facilement, je suis à l'aise. Je mange bien, je dors bien et je compte vraiment aller jusqu'à Pékin. J'ai conscience que grâce à la Fédé, nous, je suis avec mon mari, l'homme de ma vie depuis 36 ans, réalisons LE voyage de notre vie. J'ai été sidérée hier à Chakhty de l'accueil officiel et lorsque la Marseillaise a été entendue, j'ai eu la chair de poule et les larmes aux yeux.

Dans cette expédition j'ai roulé sur des chemins inoubliables, et impensables que je n'aurais certainement pas été capable de faire seule. Je suis également frappé par une certaine pauvreté des pays traversés et je pensais que les villages Russes seraient plus coquets.

Le fait de rouler à deux est très bénéfique, nous sommes unis comme les doigts de la main et chacun protège l'autre. Il aurait été impossible pour nous d'être séparé. Partager ces paysages, ces émotions, ces découvertes à deux est le sommet du bonheur. Ce voyage est déjà le sommet de notre vie de cyclotouriste. Nous n'aurions jamais imaginé il y a 36 ans, qu'un jour nous réaliserions Paris Pékin à vélo. " Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité " est désormais notre but. Nous sommes sur le bon chemin et c'est notre bonheur. "


"Le Cyclotourisme, un art de vivre"